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Standard & Poor’s évalue la finance verte

Standard & Poor’s évalue la finance verte

L’agence va lancer une notation verte évaluant les impacts positifs sur l’environnement des projets financés par des instruments « verts ».

Standard & Poor’s voit vert. Acteur incontournable de l’évaluation de la qualité de crédit des emprunteurs, l’agence de notation vient de lancer un nouveau service consacré aux instruments financiers à vocation environnementale, au premier rang desquels le green bonds, mais également les portefeuilles de prêts bancaires ou des titrisations de financement de projet favorable au climat. L’objectif : aider les investisseurs à déterminer le degré de verdeur des titres ou des produits qu’ils achètent, et de ce fait permettre un plus grand développement de ce marché. « Pour tenir les engagements de l’accord de Paris en matière de lutte contre le réchauffement climatique, il faut en moyenne 800 milliards de dollars d’investissements par an, explique Mike Wilkins chez S&P Global Ratings. Or le marché des obligations vertes n’affiche, pour l’instant que 100 milliards de volumes par an. »

Du côté des investisseurs, la demande pour les instruments verts progresse, notamment en France où les investisseurs institutionnels doivent désormais communiquer sur le verdissement de leur portefeuille. Toute initiative qui va vers plus de transparence, pour éviter les émetteurs qui pratiquent le « green washing » – un simple affichage écologique – devrait donc être bien accueillie. S&P arrive cependant dans un environnement où exercent déjà plusieurs acteurs, dont Vigeo Eiris, par exemple. Comme eux, l’agence de notation va procéder à une analyse de la gouvernance et de la transparence sur l’utilisation des fonds levés. Elle appliquera notamment les « green bonds principles », des standards édictés sous l’égide de l’association internationale des marchés de capitaux (ICMA).

Mais l’évaluation va plus loin puisque S&P affirme être en mesure de déterminer l’impact réel des projets financés sur le climat. Toutefois, celui-ci ne peut se mesurer qu’après plusieurs années. L’agence de notation va donc se fonder sur des outils développés par Trucost, une société spécialisée dans les données environnementales et l’analyse des risques qu’elle a acquis l’an dernier. Cette dernière serait ainsi en mesure de modéliser les effets bénéfiques sur le climat, ou la capacité de résistance aux catastrophes naturelles d’un bien.

Comme pour l’évaluation de crédit, la notation verte devra être demandée, et financée, par l’émetteur de l’instrument vert. L’agence exclue pour le moment toute notation non sollicitée, comme elle le fait pour juger de la solvabilité des Etats, par exemple.

Guillaume Benoit
lesechos

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