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Standard & Poor’s relègue le Brésil au rang d’emprunteur spéculatif

Standard & Poor’s relègue le Brésil au rang d’emprunteur spéculatif

L’agence de notation a annoncé mercredi, après la fermeture des marchés, avoir relégué le Brésil dans la catégorie des emprunteurs considérés comme « spéculatifs ». La note du pays a été abaissée de BBB- à BB+, et assortie d’une perspective négative.

Mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Brésil qui peine à mettre en place des mesures d’économies budgétaires. Mercredi soir en effet, après la fermeture des marchés, l’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé avoir abaissé de BBB- à BB+ la note de la dette souveraine du pays . La septième économie mondiale se retrouve ainsi reléguée dans la catégorie des emprunteurs considérés comme « spéculatifs » Et, comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, cette note est assortie d’une perspective négative, ce qui laisse entendre que l’agence de notation envisage comme probable une nouvelle dégradation dans un horizon de six mois à un an.

« Les défis politiques du Brésil continuent d’augmenter, pesant sur la capacité et la volonté du gouvernement de présenter au Parlement un budget pour 2016 qui soit cohérent avec la correction politique significative signalée pendant la première partie du second mandat de la présidente Dilma Rousseff », explique S&P pour justifier sa décision. De fait, le gouvernement du Brésil a surpris fin août en transmettant au Parlement un budget pour 2016 prévoyant, pour la première fois de l’histoire du pays, un déficit primaire. Qui devrait s’élever à 0,5% du PIB, soit 30,5 milliards de réais (8,4 milliards de dollars).

Une dégradation anticipée

La décision de Standard & Poor’s n’est pas une totale surprise et était attendue par de nombreux observateurs du fait des mauvaises performances de l’économie brésilienne, mais la plupart d’entre eux ne pensaient pas qu’elle serait aussi rapide. Y compris au sein du gouvernement.

« Nous n’avions pas anticipé que ce déclassement interviendrait aujourd’hui », a dit à Reuters une personne du ministère des Finances sous couvert d’anonymat. De son côté, le ministre de la Planification, Nelson Barbosa, a déclaré que le gouvernement allait continuer à honorer ses engagements financiers après la dégradation de S&P tout en poursuivant ses efforts visant à obtenir la coopération du Congrès pour mettre en oeuvre des mesures de réforme.

Récession et crise politique

Il est vrai que la situation est tendue. Le Brésil est entré en récession au deuxième trimestre , à un moment où d’autres grands pays émergents comme la Russie et la Chine connaissent un ralentissement de leur croissance, voire une contraction de leur PIB. Et l’avenir n’est pas réjouissant car les analystes prévoient que la récession durera au moins deux ans, jusqu’à fin 2016. Si cela se confirme, ce sera la deuxième fois que l’économie se contracte deux années de suite en 85 ans (1930-1931). Le pays fait aussi face à une inflation de 9,56% sur 12 mois, à un chômage en hausse à 7,5% et à la chute de popularité de Mme Rousseff.

A cela s’ajoute une crise politique entre l’exécutif et le Parlement, où des dizaines de parlementaires font l’objet d’une enquête pour corruption dans le scandale Petrobras.

Claude Fouquet / Journaliste
lesechos.fr

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