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stratégiques ont planché sur les enjeux de l’évolution de la filière cotonnière africaine

stratégiques ont planché sur les enjeux de l’évolution de la filière cotonnière africaine

Geocoton, filiale du Groupe Advens, a convié à Paris du 26 au 30 septembre 2016, ses partenaires traditionnels ( chefs d’entreprises agricoles, représentants d’institutions de financement et développement, professionnels de la filière cotonnière, traders, experts, chercheurs ) à un séminaire d’échanges et de travail de haut niveau dans le cadre des activités interactives de la société. Confidentiel Afrique qui a pris part aux travaux restitue en primeur la synthèse des recommandations du séminaire. Lecture

RESTITUTION DU SEMINAIRE GEOCOTON 2016 – 8ème SESSION

DU 26 SEPTEMBRE AU 30 SEPTEMBRE 2016 A PARIS

Les Défis de l’évolution de la filière cotonnière africaine

Reportage Photos: Jean Noel ( Correspondant à Paris )

Mot d’ouverture David DENOIS

Dans son allocution d’accueil, le Directeur Général Délégué, Monsieur David DENOIS, a ouvert la séance en remerciant les participants d’avoir fait le déplacement pour assister au séminaire, toujours aussi nombreux à répondre présent, ainsi que les partenaires.

Il a souligné que le thème de ce séminaire est « les défis de l’évolution de la filière cotonnière africaine », et que dans un climat un peu plus euphorique, il est permis d’envisager des développements et des innovations qui, sans oublier nos fondamentaux, vont permettre de voir l’avenir de meilleure manière encore.

Puis il a laissé la parole à Jean Charles SIGRIST, Directeur du Département Agro-Industriel qui a présenté les différents thèmes abordés lors de ce séminaire. Il a par ailleurs rappelé que ce séminaire est un lieu d’échanges entre chaque participant autour des thèmes abordés par les différents intervenants.

Analyse du marché international du coton, zoom sur l’Afrique de l’Ouest (Antoine ROUGIER, COPACO)

L’intervenant a commencé sa présentation en faisant le point sur la situation du marché lors de la campagne en cours (2015-2016). Il a ensuite fait un zoom sur l’Afrique et sur les subventions accordées au secteur cotonnier dans le monde :

La production de coton est en baisse de 19%. Les 6 plus gros producteurs mondiaux représentent 77% de la production mondiale mais il faut noter une baisse de la production chez les 2 plus importants producteurs (Inde 14% et Chine 35%).
La consommation est quasiment stable par rapport à la campagne 2014/2015. Les 3 plus gros consommateurs représentent 61,88% du marché. La consommation en Chine est en baisse de 2% alors qu’elle est en hausse au Bangladesh (12%).
Les stocks mondiaux sont en baisse de 11%, car la consommation est supérieure à la production. Plus de 50% des stocks de fibre sont détenus par la Chine. Durant cette campagne, la Chine a réduit ses stocks de façon presque proportionnelle à la baisse des stocks mondiaux (12,46%).
En Afrique, l’ensemencement tardif dû à l’absence de pluies a engendré une contraction de 2% des surfaces et les conditions climatiques ont provoqué une baisse des rendements moyens de 12%. Par contre, les exportations sont reparties en hausse de 9%.
71% de la production mondiale est subventionnée. Les plus grosses subventions se situent en Chine. Le changement de mode de subvention, passant de l’achat de coton à une aide directe, a été un des facteurs de la baisse de la production de coton.

Ensuite, l’intervenant a fait une projection du marché pour la campagne en cours (2016-2017) :

La dynamique de cette campagne est la même que celle de 2014-2015, avec une consommation qui sera supérieure à la production. Cela entraînera une baisse des stocks qui se retrouveront au plus bas depuis 2012-2013.
L’Inde et la Chine continueront de produire moins de coton. La production des 4 autres plus gros pays stagnera.
La consommation de la Chine connaîtra une nouvelle baisse alors que les 4 autres plus importants consommateurs augmenteront la leur.

L’intervenant a, par la suite, fait une analyse de l’évolution des prix du coton depuis 2014. Il faut retenir que :

Le marché a stagné de juillet 2014 à juillet 2016, contenu dans une fourchette de 57 à 68 cts/lb ;
Au mois d’août, il y a eu une explosion des cours puis un repli à 67 cts/lb dû à des fondamentaux en faveur d’une reprise (consommation supérieure à la production, reprise des cours du pétrole) ; et aux positions des spéculateurs qui sont passés d’une situation vendeuse à acheteuse.
Les prix du coton sont stables à moyen terme dans la direction de 72 cts/lb et ne devraient pas descendre sous les 66 cts/lb. A long terme, si la production reste légèrement en dessous de la consommation, il pourrait y avoir une légère hausse du cours de la fibre.

Enfin, la présentation s’est terminée avec les défis qui attendent la filière cotonnière africaine pour valoriser sa fibre.

Nous pouvons observer que le coton africain est vendu un peu moins cher sur le marché international que des cotons aux caractéristiques proches. En actionnant certains leviers (classement homogène, lutte contre la contamination, stockage…) il est possible d’améliorer le prix payé.

Il est conseillé aux producteurs d’Afrique de l’Ouest de continuer leurs efforts dirigés vers un maintien de la qualité, une bonne longueur de fibre malgré la future mécanisation, et une attitude commerciale convaincante et en adéquation avec les normes internationales.

Les débats ont été principalement axés sur :

La mécanisation de la récolte en Afrique, du fait de la contrainte de main d’œuvre et les problèmes de longueur de fibre que cela pourrait engendrer,
Les mécanismes de subvention, sujet sur lequel les participants ont demandé des précisions pour mieux négocier avec le monde politique, l’OMC et ainsi mieux défendre le coton africain.

Créer de la valeur, la vendre pour rémunérer équitablement tous les acteurs de la filières (Jean Luc RICCI- Jean François Guillon CRD/HEC EXED)

Après avoir rappelé que l’école de commerce HEC (Hautes Etudes Commerciales) est présente dans plusieurs pays africains, les intervenants sont revenus sur la genèse de l’Université du Coton, construite en 2008 en collaboration avec la fondation FARM. Cette Université est destinée aux présidents et élus des associations de producteurs de coton (représentée par l’APROCA). Elle a été arrêtée à cause d’un manque de financement.

Les objectifs des formations proposées par cette Université ont été de :

Renforcer les liens entre les responsables africains, et les amener à mettre en place un pilotage de la filière, définir des stratégies, tout en développant un esprit de management africain professionnel,
Orienter les participants vers des cycles d’étude de type Licence, Master et Doctorat.

Par la suite, ils ont présenté la pédagogie novatrice qui avait été mise en œuvre lors des 2 séminaires qui se sont déroulés en 2008 et 2009 basés sur :

Une co-animation permanente mélangeant la stratégie et le leadership, en s’appuyant sur une pédagogie par induction,
Un ratio apports théoriques/applications locales d’un pour deux,
Une forte implication des participants qui ont beaucoup travaillé et échangé en groupes sur la problématique de la filière coton en Afrique.

Après une rencontre avec Geocoton en 2016, l’équipe des intervenants a fait part de leur envie de relancer le projet.

Les différents participants du séminaire ont réaffirmé leurs appréciations de cette formation et du bénéfice que cela a apporté à plusieurs leaders de la filière. Ils souhaitent que l’Université du Coton soit relancée car beaucoup de ces leaders ne sont plus en fonction. Il serait souhaitable d’intégrer d’autres acteurs de la filière (négociateurs, agronomes, producteurs, professeurs) pour que la formation puisse se poursuivre dans les pays cotonniers africains.

Il a été retenu qu’une rencontre entre l’équipe de HEC, Geocoton et l’APROCA se tienne dans les semaines à venir pour voir la faisabilité et les modalités de relance de ce programme.

L’approche de durabilité dans le système CMIA et sa mise en œuvre à travers les sociétés cotonnières en Afriques (Maria-Verena SPOHLER-KOUOH)

Le Cotton Made In Africa (CmiA) est une initiative de la fondation Aid by Trade (AbTF) qui cherche à améliorer les conditions de vies des petits producteurs de coton en Afrique à travers les forces de marché en opérant comme une entreprise sociale.

CmiA travaille dans 11 pays en Afrique avec 22 sociétés cotonnières partenaires et 753 000 producteurs certifiés, sur une surface de 1,1 million d’hectares.

Le standard CmiA est le seul à être sur deux niveaux (champs de coton et usine d’égrenage) afin d’avoir des balles 100% CmiA. Il s’appuie sur des critères minimums, ainsi que des critères d’amélioration basés sur quatre piliers de durabilité : les aspects sociaux, environnementaux, économiques et de gestion qui sont audités régulièrement par une tierce partie indépendante pour établir une marque crédible.

L’intervenante est revenue sur :

Les différents impacts obtenus par les outils tels que les boîtes à images, les formations,
La question de l’environnement par le contrôle des ravageurs, la gestion de la fertilité des sols,
La question du genre et le droit des enfants par l’élimination du travail des enfants ou l’encouragement des femmes productrices,
La question économique avec la mise en place d’un programme de coopération avec les communautés.

L’intervention s’est conclue par la présentation de la Cotton Expert House (CEH) qui doit être la continuation du programme COMPACI qui prend fin en décembre 2016. La CEH servira à accompagner les sociétés cotonnières dans la mise en œuvre des standards. Cette nouvelle entité se voudra être le transmetteur entre AbTF et les sociétés cotonnières, durable dans le temps tout en reprenant la gamme de service qui était proposée par COMPACI (conseil en stratégie verte, formation technique, digitalisation, conseil en gestion, gestion de l’apprentissage et des savoirs, financement et lobbying).

Les débats étaient centrés sur :

Le travail des enfants en Afrique, principalement à la récolte. Le CmiA n’interdit pas le travail des enfants, mais il ne faut pas qu’il empêche l’enfant d’aller à l’école ou risque de nuire à sa santé (travaux qui correspondent à son âge). Cela doit rester un apprentissage.
La COPACO a rappelé qu’il y a plus de 10 labels actuellement sur le coton avec pour beaucoup un marché et une certification spécifique. Ils sont actuellement affiliés à Max Haavelar sur le coton équitable, mais pas encore à la Cmia.
La plus-value du label qui permet d’apporter :
Des formations auprès des agriculteurs dans le but d’augmenter leurs récoltes et leurs revenus,
Une meilleure qualité de la fibre pour les sociétés cotonnières,
Une meilleure conscience pour le consommateur en achetant des produits qui respectent l’environnement.
La nécessité d’une réflexion sur le modèle de financement de CmiA par les sociétés cotonnières pour éviter le double paiement qui est en place (paiement par nombre de balles certifiées et paiement pour adhérer au label CmiA).

Solutions biotechnologiques et leurs contraintes : état des lieux au Cameroun (M. Nadama : SODECOTON)

L’intervenant a d’abord fait un état des lieux des cultures OGM dans le monde. Les OGM sont cultivés dans 28 pays et sur 29 plantes. Le coton OGM est produit dans 14 pays. Il existe actuellement 10 transgènes autorisés et commercialisés sur le coton sur 2 thématiques : la tolérance aux herbicides et la résistance aux lépidoptères.

Le présentateur a fait le point sur les problématiques du coton en Afrique :

Techniques de production qui ont peu évolué,
Plafonnement des rendements agricoles,
Contraintes en temps de travaux accentuées par un manque de main d’œuvre dû à un rejet progressif des jeunes générations des modes actuels de production,
Apparition de résistance du parasitisme.

Face à ces enjeux, des solutions conventionnelles ont été mise en place, comme la réduction des temps de travaux par la mécanisation ou l’emploi d’herbicide, ou encore l’amélioration de la productivité par la création variétale ou par l’ajustement de la fertilité. Pour le moment, ces solutions restent insuffisantes.

Afin de trouver d’autres solutions à ces problématiques, le Cameroun a décidé de mettre en œuvre un projet d’essai de coton OGM. Dans un premier temps, ils ont identifié les contraintes les plus importantes qui sont :

La maîtrise de l’enherbement qui entraine chaque année 10% d’abandon des surfaces,
Le contrôle des ravageurs avec un développement de résistances, un renchérissement du programme de protection et des nuisances sur la santé et l’environnement,
La pluviométrie mensuelle qui impacte négativement sur les temps des travaux manuels et sur l’efficacité du programme de protection phytosanitaire.

Dans un deuxième temps, à partir de ces contraintes, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé et le choix de la technologie testé a été porté sur la GLT (Glytol, Libertylink, Twilink) de Bayer.

L’ébauche du projet a commencé en 2004 par un séminaire de réflexion du CGM au Cameroun pour être véritablement lancé en 2012 par l’autorisation d’importation de semence et le début des essais en milieu confiné.

De la campagne 2012-2013 à celle de 2014-2015 des essais ont été réalisés en milieu confiné. Différents protocoles ont été mis en place pour évaluer l’efficacité des toxines, la sélectivité et la bio efficacité des herbicides et évaluer des lignées camerounaises IRMA portant la technologie GLT. De la campagne 2015-2016 à 2016-2017, des essais de crop management ont été réalisés en milieux ouverts sur plusieurs sites et des sélections de lignées issues de 5 rétrocroisements (BC5).

Les résultats de ces travaux ont confirmé l’efficacité des toxines contre les chenilles de la capsule et la tolérance du CGM au glyphosate et au glufosinate. De plus, 22 lignées prometteuses sur 2 variétés IRMA ont été retenues pour continuer le programme d’amélioration variétale.

Pour finir, l’intervenant a fait le point sur les principales contraintes qu’il a rencontrées lors de ces 5 années d’essais :

Appropriation insuffisante de la problématique par l’ensemble des acteurs, cadre règlementaire incomplet, ce qui a pour conséquence des incertitudes sur le calendrier de développement,
Conduite des travaux expérimentaux retardée à cause de la mise en œuvre des règles de conformités,
Développement de la technologie dû à des itinéraires de production à revoir, évaluation socio-économique complexe, sélection variétale longue et manque de visibilité pour le processus de dérégulation.

MARDI 27 SEPTEMBRE 2016

Genèse et perspective du semis direct sous couvert végétal

(Sarah SINGLA ; Ingénieur agronome/agricultrice)

Après avoir rappelé les défis de l’agriculture pour les prochaines années (augmentation de la population à nourrir, baisse des surfaces agricoles utiles, stagnation des rendements malgré une amélioration génétique, accroissement des coûts des intrants et de la mécanisation), l’intervenante a présenté le SCV qui est une autre approche de l’agriculture.

Cette technique implique une gestion plus complexe des systèmes de culture. Elle s’insère dans une réflexion et une stratégie globale entraînant une conservation des sols, une amélioration du rendement agronomique, économique et des bénéfices environnementaux de la culture. Les moyens à mettre en œuvre pour réussir sont internes et liés à l’organisation et à l’optimisation du système, et non plus externes (prix des produits agricoles, des intrants, subventions…).

Ensuite, elle est revenue sur l’importance du facteur sol qui est le premier outil de travail des agriculteurs. Ils ont le devoir d’y faire attention pour le transmettre aux générations futures, en prenant garde aux principaux problèmes liés au travail du sol que l’on rencontre actuellement : érosion hydrique et éolienne qui entraine une perte importante des terres arables, compactage du sol entrainant une perte de la porosité… Et en insistant sur l’action bénéfique des organismes vivant dans le sol.

Elle a présenté l’intérêt du SCV basé sur 3 principes : le semis direct, l’utilisation de rotations culturales et la couverture permanente du sol, en prenant comme modèle ce qu’elle pratique sur son exploitation. Le but est de reproduire le fonctionnement des écosystèmes naturels en utilisant au mieux les éléments nutritifs et l’eau.

Les avantages se situent autant au niveau de l’économie des coûts (main d’œuvre, carburant…) que de l’optimisation des intrants avec l’amélioration de la matière organique, et les bénéfices tirés de la réduction de l’érosion (suppression de la battance, développement de la qualité structurale et activité biologique permanente). Cela a pour conséquence une conservation et une amélioration du revenu du producteur, une amélioration de l’efficacité énergétique, une réponse à des besoins de production croissants et un renouveau du métier d’agriculteur.

Dans un système en SCV, il ne faut pas chercher à convaincre ses interlocuteurs, mais à les faire réfléchir à travers des champs ouverts pour expliquer la technique d’agriculteur à agriculteur. Actuellement en France, le SCV est pratiqué par 1 à 2 % des agriculteurs, mais il y a déjà 10 à 15 % des agriculteurs qui ne font plus de labour.

Une grande partie des questions posées par les participants ont concerné l’itinéraire de culture, la fertilisation et le contrôle du couvert par des herbicides, ainsi que sur l’utilisation de la mécanisation dans ce système qui est limité car le travail du sol se fait par des plantes et non par un outil mécanisé ou tracté.

Diversités des systèmes en Agriculture de Conservation dans les systèmes cotonniers : Clefs pour leur conception et évaluation en Afrique de l’Ouest et du Centre (Oumarou BALARABE ; CIRAD)

Après avoir revu les grands principes de l’agriculture de conservation (AC), l’intervenant est revenu sur les échelles de conception pour mettre en place un tel système de manière fonctionnelle. Il se base sur 3 échelons où, à chaque étape, la sélection du type d’AC à mettre en place doit être fait selon certaines contraintes :

L’échelle parcelle : c’est l’échelle technique. L’objectif est d’identifier les contraintes que l’on veut résoudre, les cultures pratiquées et les plantes de couverture ainsi que les solutions complémentaires qu’il faudra prévoir. C’est à ce niveau que l’on fait les tests et que l’on valide les systèmes en fonction des performances.
L’échelle de l’exploitation agricole : c’est l’échelle liée à la décision. L’objectif est de faire une typologie pertinente des exploitations, de vérifier l’accès aux intrants et les performances des agriculteurs, ainsi que de mettre en place un réseau d’exploitations pilotes et de les accompagner. A ce niveau, il est important de faire un suivi des résultats obtenus par les exploitations agricoles.
L’échelle du terroir villageois : il est important de vérifier si l’innovation est compatible avec les règles collectives d’accès aux ressources naturelles et de trouver des solutions alternatives, d’identifier les nouvelles règles collectives pour assurer l’adoption de l’AC, d’identifier les types d’acteurs a priori réfractaires et comment les accompagner.

En Afrique, au niveau de la culture du coton, on arrive à peu près à ne pas perturber le sol par le semis direct et on utilise déjà les rotations. Il faut concevoir le couvert végétal principalement. Il existe une gamme très large de SCV pour le coton dans un même pays ou une même zone. On fait le choix en fonction des contraintes que l’on rencontre sur les trois échelles. Mais il est important de poser le problème à l’échelle qui lui correspond pour le régler et pas à une autre, par exemple tout ce qui est lié à la vaine pâture fait partie de l’échelle terroir pas celui de la parcelle. En Afrique, les problèmes se situent au niveau du terroir, en Europe c’est au niveau de l’exploitation.

Ensuite, l’intervenant a présenté les principes de l’évaluation de l’agriculture de conservation. Il se fait à 2 niveaux : exploitation agricole et terroir.

L’évaluation de la parcelle se fait au niveau de l’exploitation. Le but est de prendre en compte l’impact individuel. On étudiera la rentabilité de l’exploitation, l’efficience des opérations et de la pénibilité du travail, l’impact sur le capital sol par la valorisation de la biomasse et la perception de la fertilité.
Au niveau territoire, on évalue les avantages et contraintes collectives du système en mesurant les impacts sur l’agriculture par l’émergence de nouvelles filières, le coût d’installation des haies vives, l’impact sur l’élevage par l’augmentation de la biomasse totale, l’accroissement de la productivité de l’élevage ainsi que sur l’impact global sur le village par l’aménagement des bassins contre l’érosion ou l’émergence de nouvelles règles par exemple.

Enfin, l’intervenant a rappelé que la mise en pratique des SCV doit s’adapter aux besoins et contraintes des producteurs. C’est un package de mesures qu’il faut mettre en place. Et pour cela, il est important de ne pas dissocier les 3 niveaux de conceptions car ils se complètent.

Quels types de motorisation, pour quels travaux agricoles avec quels itinéraires techniques (Adrien MIES, GEOCOTON)

L’intervenant a commencé son exposé en présentant la situation de la traction animale au Burkina Faso, où on considère que 40% des exploitations l’utilisent principalement pour le labour et le transport et ses limites.

Il a continué en présentant les expériences d’introduction de tracteurs depuis 1977 avec le programme de motorisation intermédiaire, jusqu’au programme de l’UNPCB qui a acquis des tracteurs pour les remettre à ses membres en relevant pour chaque programme les contraintes rencontrées et les causes d’échecs. Ils sont principalement liés à :

Une formation insuffisante des différents acteurs (tractoristes, mécaniciens et propriétaires),
Un manque de suivi poussé des équipements,
Un problème de robustesse des équipements,
Un service après-vente insuffisant,
Des difficultés à rentabiliser le matériel.

En 2006, environ 0,5% des exploitations agricoles étaient équipées d’un tracteur qui servait principalement pour les opérations de travail du sol, de transport et d’égrenage.

Il a poursuivi en décryptant les défis actuels de la motorisation et les types d’exploitations durables. Les rendements en fibre/ha aux champs stagnent depuis 25 ans alors que, dans le monde, ils progressent. Cela s’explique dans le reste du monde par une motorisation et une intensification des itinéraires techniques, un développement de l’irrigation et des innovations permanentes en sélection variétale et de la protection des cultures.

Actuellement, la demande d’accompagnement de la part des producteurs africains est très forte, principalement sur la récolte qui est un facteur limitant l’extension des superficies. Mais il est impératif, pour assurer une pérennité et une durabilité, de respecter plusieurs critères de durabilité :

Économique : la motorisation doit permettre d’améliorer rapidement les revenus des producteurs et être rentable,
Environnementale : prendre garde à la dégradation des sols,
Sociale : bonne insertion de la motorisation dans le contexte agricole, transmission de savoir-faire.

Après avoir défini les trois types d’exploitations (petits et moyens agriculteurs, grands agriculteurs, grandes fermes ou fermes en régie), il a exposé les changements d’habitudes et de travail qui impliquent l’utilisation de matériels motorisés comme la préparation de la parcelle, l’utilisation de semences délitées, avoir accès à un personnel bien formé, une bonne rigueur de travail en ce qui concerne le réglage et l’entretien.

Il a détaillé la motorisation de la récolte qui est un point clé en culture cotonnière et qui nécessite aussi des modifications comme des variétés à morphologie adaptée, un semis mécanique, l’utilisation de régulateurs de croissances. L’intervenant a proposé pour les exploitations de type petits et moyens producteurs qui ont des moyens limités, d’avoir accès à la motorisation par le biais de la prestation de services. Pour les autres types qui ont une plus grande capacité financière, des équipements incluant :

Un tracteur de 90 ch.
Un semoir de semis direct avec application localisé d’engrais,
Un pulvérisateur herbicide,
Un épandeur d’engrais à la volée,
Un cotton picker et un corn picker tracté 2 rangs.

Il a également défini pour les grands agriculteurs, un itinéraire technique avec comme objectif pour les grands agriculteurs, un rendement de 2,5 t/ha et pour les fermes en régie de 3,5 t/ha.

Il a terminé son exposé en revenant sur les éléments structurels pouvant freiner le développement de cette motorisation durable qui peuvent être regroupés en plusieurs catégories :

Moyens financiers des producteurs limités
Manque d’investissement dans le milieu rural
Nécessité de réorganiser certains aspects du milieu rural
Manque d’appui et d’accompagnement de la part des institutions
Offre en matériel et prestation peu diversifiée et peu accessible.

Il est possible de mieux faire en sécurisant les investissements dans l’agriculture, en développant des filières organisées, en améliorant l’accès aux crédits agricoles pour les producteurs, en densifiant les infrastructures routières et commerciales rurales et en appuyant la conservation des sols, la gestion durable des ressources en eau et en préservation de la biodiversité.

Lors du débat, les fédérations du Burkina Faso et du Cameroun sont revenues sur les critères mis en place, pour l’obtention du matériel. Pour la première, les agriculteurs devaient avoir au moins 40 ha, une recette d’au moins 1 millions de FCFA par an et 2 paires de bœufs alors que pour la deuxième, l’agriculteur devait avoir au moins 20 ha sur 3 campagnes successives, d’autres cultures dans l’exploitation et la possibilité de faire de la prestation dans son village.

Exemple de la ferme Agricole en Régie au Cameroun (Daoudou ; SODECOTON)

Dans un premier temps, l’intervenant est revenu sur la genèse du projet lié : crise cotonnière, difficulté d’augmenter la production et de saturer le potentiel industriel… Il a aussi mis en avant l’expérience de la SODECOTON dans la motorisation et son savoir-faire dans la gestion du parc de génie civil.

Le projet de fermes agricoles en régie a commencé en 2012 par l’identification des sites et a été lancé dans sa phase pilote en juin 2014. Les différentes contraintes rencontrées au début du projet sont :

Le sol de type ferrugineux à faible teneur en matière organique,
Le relief très accidenté,
Une pluviométrie dépassant les 1400 mm/an avec des poches de sècheresse de 10 à 14 jours.

Plusieurs moyens ont été mis en œuvre pour lutter contre ces difficultés :

Parcelles aménagées en courbes de niveaux avec des bandes antiérosives de 5 m de largeur,
Plusieurs systèmes de culture en SCV à dominante coton, en rotation avec riz, soja ou maïs.

Pour chaque spéculation, un objectif de rendement a été fixé et un itinéraire cultural en adéquation a été planifié. Pour la première année de culture en 2015, 172 ha ont été semés dont 87 ha de coton, 6 ha de soja, 9 ha de maïs et 70 ha de plantes de couverture.

Dans un second temps, l’intervenant a présenté les différents protocoles de recherche mis en place sur la parcelle ainsi que leurs résultats :

Essais doses NPK sur coton et maïs avec 4 apports comparés à 2 témoins. Pour le coton, les meilleurs résultats sont obtenus avec 92N 67P 60K. Pour le maïs, les meilleurs résultats ont été obtenus pour une dose de 138N 67P 40K.
Essais semis coton à très forte densité avec une comparaison entre des écartements de 0,45 m entre les lignes et 0.07 m sur la ligne et ceux habituellement réalisés dans la zone. Si on prend en compte la récolte de toute la parcelle, il y a une différence significative avec un rendement supérieur pour le semis à forte densité.
Criblage variétal du soja et du riz pluvial afin d’identifier la variété la plus productive. 5 variétés de soja et 5 de riz ont été testés. Au niveau du soja, il n’y a pas eu de différences entre les variétés au niveau du rendement, donc la SODECOTON a décidé de continuer avec la TGX 1910-14F. En ce qui concerne le riz, la variété Sebota 33 s’est mieux comportée que les autres sans pour autant être significativement différentes des deux autres testées.

Dans un troisième temps, il a présenté les objectifs et les réalisations de culture pour 2016 pour la première ferme de Yoko, les réalisations de défriche sur la deuxième ferme de Kourtessé, et les essais reconduits pour valider ou non les résultats obtenus l’année précédente. Afin de pouvoir faire une étude économique, les différents temps de travaux des opérations de défriche et des opérations agricoles ont été mesurés.

Lors des débats, les gens ont félicité le Cameroun pour son envol, cela va permettre d’avoir un retour d’expérience important pour toute la filière cotonnière africaine.

Condition pour une motorisation durable : premières leçons de l’expérience de la SODEFITEX en matière de prestation de service motorisée (Mamadou Ngoye FAME ; SODEFITEX)

L’intervenant a commencé par présenter les problématiques et les objectifs du projet de prestations de service motorisée. Dans un contexte de conditions pluviométriques déficientes et de baisse de fertilité, d’une désaffection des jeunes pour l’agriculture, le Sénégal connait une démobilisation des producteurs entraînant une baisse des superficies et une baisse des rendements. Pour faire face à ces contraintes majeures, la SODEFITEX a conçu et proposé aux exploitations agricoles familiales sous contrat des prestations de services de travaux agricoles motorisés durables pour augmenter la productivité agricole et les revenus des exploitations.

Pour ce faire, elle a agrandi son parc d’équipement par l’achat de semoirs épandeurs, d’offset, de pulvérisateurs, de bineurs fertiliseurs et de tracteurs et elle a mis en place une méthodologie de mise en œuvre. Cette dernière a commencé par la conception de documents opérationnels comme les contrats de prestation, les fiches de sensibilisation ou les fiches de suivi des différentes opérations, puis a été suivi d’un chronogramme d’activités et du calcul des coûts de prestations. Dans un deuxième temps, la SODEFITEX a lancé une campagne de sensibilisation et de recensement auprès des producteurs en tenant compte des critères de sélection définis (bloc de 10ha minimum, la capacité d’endettement du producteur, le type d’opération demandé…) et une campagne de formation des différents acteurs (mécaniciens, tractoristes, logisticiens). Enfin, le matériel a été réparti dans les différents secteurs selon les surfaces recensées et parqué dans les zones à plus forte demande. La priorité a été accordée aux plus grandes parcelles ayant reçu les premières pluies, en privilégiant les semis sur le travail du sol.

Par la suite, l’intervenant a présenté les résultats obtenus ainsi que les contraintes rencontrées. Lors de cette campagne, 6% des semis ont été motorisés avec un écart important entre les 2 grandes régions du Sénégal à cause d’une installation tardive des pluies dans une zone. Les densités relevées après le semis sont bonnes et comprises entre 90 000 et 110 000 pieds/ha avec une optimisation de la quantité de semence (12kg/ha en motorisé contre 16kg/ha en culture attelée). La fertilisation au semis est bien faite et son effet est visible sur les plantes, les producteurs s’organisent pour visiter les blocs motorisés entraînant de nouvelles ambitions chez de nombreux producteurs. Les principales contraintes qui ont été relevées concernent la formation des différents acteurs et principalement des chauffeurs en mécanique, en réglage et sur l’entretien des outils. Il a fallu résoudre des problèmes comme le bourrage des disques ou la profondeur excessive de semis, et les contraintes liées aux critères géographiques comme la distance entre les blocs et les problèmes d’accessibilité.

L’intervenant a conclu sa présentation en donnant des recommandations pour les années à venir, pour avoir une motorisation durable. Elles s’appuient principalement par l’exigence de l’épandage de matière organique pour entretenir la fertilité, la promotion du semis direct, la formation des agents et des tractoristes, l’identification des opérations qui sont des goulots d’étranglement pour les exploitations, afin que la motorisation puisse les aider.

Lors du débat, plusieurs intervenants ont été sceptiques sur la démarche mise en œuvre par la SODEFITEX et en particulier sur le risque d’appauvrir les agriculteurs. Il y a un risque que le SODEFITEX n’atteigne pas les objectifs qu’elle s’est fixée. Certains ont proposé plutôt de former des prestataires de service indépendants qui pourront réaliser les différents travaux.

Mercredi 28 SEPTEMBRE 2016

Visite d’une exploitation agricole dans l’Oise et présentation de divers équipements (Eric Renaud-PODIA, Alain Aurensan-AURENSAN)

La journée a débuté par des présentations en salle de :

La gamme de tracteurs PODIA
Le semoir de semis direct AURENSAN
Des pulvérisateurs de marque italienne
Le cotton picker de fabrication biélorusse

Dans l’après-midi, nous avons vu le matériel agricole présent sur la ferme, et avons observé la récolte de betteraves sucrières.

Les participants ont eu la possibilité d’essayer les tracteurs biélorusses.

Nous avons également assisté à une démonstration du semoir de semis direct AURENSAN et du pulvérisateur avec soufflerie à dos italien.

JEUDI 29 SEPTEMBRE 2016

Systèmes informatiques connexion du champ à l’embarquement Usine connectée (Didier VERGEREAU ; GEOCOTON)

L’intervenant a commencé son exposé par le constat des systèmes actuellement en place dans les sociétés cotonnières et l’intérêt de la dématérialisation de l’information du champ jusqu’à l’usine. Les nouveaux systèmes dématérialisés permettent d’augmenter la productivité, d’économiser l’énergie, de sécuriser l’information. Cela permet également de décloisonner les processus de l’entreprise, permettant aux cotonculteurs et aux prestataires d’être acteurs du système. La saisie des données peut être effectuée de deux manières :

Manuelle : la saisie provient d’un opérateur (cahier, bordereaux…),
Automatique : la saisie se fait automatiquement (Borne à balle, lecteur code barre…).

Le but est d’aller vers la saisie automatique pour éviter les erreurs provoquées par un opérateur.

Ensuite, il a présenté les différents modèles pour chaque étape et tous les services qu’ils peuvent apporter. L’information va de l’agricole jusqu’au port en passant par l’égrenage, le classement ou le commercial. Il est possible d’avoir une base générale qui consoliderait les différentes bases de données existantes.

Pour les services agricoles, il est important de commencer par la connaissance de l’agriculteur, d’informatiser les magasins secteurs et d’équiper les encadreurs de dispositif mobile pour récupérer les données et les saisir. Il faut que l’agriculteur soit intégré au système, afin qu’ils puissent renseigner les dates des itinéraires techniques. Les sociétés pourraient fournir en échange des alertes ravageurs ou des prévisions météorologiques.
Pour le pont bascule, il est possible de faire le suivi des rotations, les entrées et sorties des matières premières, ce qui permettra d’être plus efficient et de pouvoir faire des économies.
Pour l’usine, il est possible d’avoir une saisie manuelle mais aussi une borne à balle automatique avec des capteurs qui permettront de récupérer directement le poids des balles ou d’autres informations sur le process, les KWh consommés par exemple, les informations du classement ou de l’évacuation des balles. On passe d’une situation de la saisie des informations sur papier à une information qui sera juste validée par un technicien avant d’arriver directement dans la boîte mail avec un traitement des informations également automatisé.
Pour le commercial, il y a un besoin de précision et d’avoir une vision des stocks en temps réel, d’avoir une base statistique des années précédentes, et les liasses documentaires doivent être faites très rapidement. Cela permet à la Direction Commerciale d’avoir rapidement une vision précise de tout le système.

Il a fini sa présentation par le système de gestion. Il préconise d’aller vers une solution de dématérialisation des serveurs physiques comme le Cloud. Celui-ci permet de sécuriser l’information et d’avoir une disponibilité de l’information rapidement, partout, et surtout de façon fiable. Il recommande aussi un mode offline, c’est-à-dire de stocker les informations sur le système en cas de déconnection au réseau et qui peuvent être envoyées ultérieurement. Le système doit être déconnectable à tout moment.

Lors des débats, les différents pays ont présenté le système mis en place dans leurs sociétés. Comme au Burkina Faso ou en Côte d’Ivoire, ils possèdent un système interconnecté entre la partie agronomique et l’usine, ce qui permet d’avoir une vision claire et précise jusqu’à l’égrenage entraînant une rentabilisation de la logistique et des usines. Plusieurs intervenants ont été intéressés par le système cloud au vu des différentes contraintes que rencontrent les sociétés cotonnières à gérer les serveurs.

Comparatif des systèmes de gestion des flottes de véhicules (Louis de CASTELBAJAC ; GEOCOTON)

Dans une première partie, l’intervenant a présenté les différents problèmes rencontrés dans les sociétés qui ont mis en place des systèmes de suivi des véhicules par GPS, aussi appelé tracking. Le transport représente une part significative du coût de revient de la fibre et donc la moindre économie a un impact important.

La SODEFITEX a développé une organisation dans une optique de maintenance préventive de son parc de camions qui est vieillissant (suivi kilométrique, détection des conduites agressives, prévenir le gaspillage…) pour le faire durer plus longtemps.
La COTONTCHAD SN et la SODECOTON ont mis en place un système de lutte contre les mauvaises pratiques principalement dues à des suspicions de détournement des véhicules et de consommations excessives de carburant. Le système a permis de faire un suivi journalier et précis et de prendre les mesures qui s’imposent.

Les balises GPS installées au Tchad et au Cameroun permettent d’interagir avec le camion ou le conducteur.

Il peut y avoir aussi une problématique qui peut être résolue par le tracking. Ce dispositif est lié à l’optimisation de la logistique par l’amélioration des indicateurs d’efficacité et une réponse adaptée à une situation imprévue.

Dans une deuxième partie, il a exposé les impacts de la géolocalisation pour le Cameroun. Il faut noter une baisse significative de la consommation moyenne de carburant passant de plus de 80l/100km à environ 60l/100km depuis l’installation. Le même constat est fait sur la distance moyenne parcourue par camion et par jour. Il y a d’autres indicateurs qui peuvent être suivis comme le nombre de rotations ou la distance parcourue par tonne de coton transporté mais qui sont des indicateurs peu utilisés.

Il a terminé son exposé en présentant les aspects organisationnels qui doivent être mis en place. Il est important de revoir une partie, voire tout son système. Au niveau de SODECOTON, le système est géré par une tour de contrôle alors qu’au Tchad ou au Sénégal, les données sont utilisées par le service qui a besoin de l’information. Il est possible d’aller plus loin en l’intégrant à d’autres systèmes d’informations ; par exemple, il pourrait être couplé à l’attribution de marché/usine ce qui permettra de pouvoir piloter au jour le jour et en temps réel en priorisant les marchés.

Le débat a été axé sur l’expérience du Bénin qui pratique une externalisation du service de transport et sur des témoignages de participants d’autres sociétés cotonnières.

Atelier : Implication des organisations de producteurs pour l’évolution des filières (au niveau agronomique, économique et politique)

Agronomique (rendement faible, fertilité des sols, variétés équipement)

Problème

Solution Acteur
Les changements climatiques(perturbation du calendrier cultural, excès ou insuffisance en eau) Irrigation d’appoint d’aménagement L’Etat, PTF, Sociétés cotonnières, OP Producteur
Prévision météorologique à la base Sociétés cotonnières
Gestion de l’environnement (reforestation) L’Etat, PTF, Sociétés cotonnières, OP Producteur
Adaptation des ITK Recherche et Sociétés cotonnières
Choix des parcelles Producteurs
Assurance indiciaire Producteurs, Etat
Foncier (pression démographique, divagation des animaux, disponibilité des terres culturales, absence d’aménagement) Politique foncière cohérente Etat, autorité coutumière
Sédentarisation des éleveurs Producteur
Législation sur la divagation Etat
Planification familiale Etat
Plan d’aménagement Etat, autorité coutumière
Le sol (baisse de la fertilité, érosion et dégradation des sols) Foncier Etat, autorité coutumière
Promouvoir la fumure organique Etat, Sociétés cotonnières, ONG
Promouvoir les techniques DRS Etat, Sociétés cotonnières, ONG
Intégration Agriculture élevage Etat, Sociétés cotonnières, ONG
La conduite de la culture (non-respect ITK, non maîtrise de l’ITK, ITK non adapté, manque de main d’œuvre, moyens financiers) Formation des acteurs Etat, Sociétés cotonnières
Recherche sur l’ITK à développer Recherche
Amélioration de la mécanisation Etat, Sociétés cotonnières
Equipements et intrants (sous équipement, problème d’accessibilité, moyen de financement) Faciliter l’accès aux équipements, aux intrants Etat, Sociétés cotonnières
Formation (ITK, équipement, encadreur peu présent…) Renforcer les capacités des acteurs Etat, Sociétés cotonnières
Culture du coton (problème qualité semence, variété productivité, parasitisme…) Poursuivre la recherche Etat, Sociétés cotonnières, institut de recherche

Les problèmes ont été identifiés sur plusieurs échelons (société cotonnière, exploitation et parcelle). Les solutions proposées nécessitent, pour beaucoup, du temps pour être opérationnelles et une bonne coordination des différents acteurs impliqués.

Economique (fonds de lissage, transformation locale, disponibilité de la main d’œuvre, disponibilité et qualité de l’énergie, niveau de formation)

Problèmes Solution Acteur Quand
Fonds de lissage (paramètres divers entre les pays, approvisionnement difficile) Apport initial fourni par les Etats Etats Dès la mise en place du fond
Mécanisme commun et consensuel de fixation des prix Différents acteurs Avant la fixation des prix
Transformation locale (coût de l’énergie, fourniture local, prix de cession, qualité du produit fini) Mise en place d’une politique d’approvisionnement des entreprises actuelles Etats et acteurs de la filière 2018
La mise en place d’une politique de cession de la matière première Etats et acteurs de la filière 2017/2018
Subvention de l’électricité Etat 2017/2018
Diversifier les sources d’énergies Etat 2017/2018
Disponibilité de la main d’œuvre (explosion de mines d’or, désintérêt des jeunes…) Mécanisation des différentes opérations Etats et acteurs de la filière Court terme
Qualité de l’énergie (Coupure intempestive, non-respect des horaires de délestage) Promouvoir d’autres sources d’énergies Etat Court terme
Mauvaise qualité des pièces de rechange, Améliorer les termes des appels d’offre Sociétés cotonnières 2017/2018
Formation (Renforcement des capacités) Organiser des formations de renforcement de niveaux Sociétés cotonnières 2017/2018

Les différents problèmes identifiés représentent un impact économique important pour les sociétés et les acteurs de la filière. La résolution d’un seul problème permettrait déjà de pouvoir développer de nouvelles activités ou réduire les coûts de façon importante. Le calendrier proposé est à court terme et pour qu’il puisse être mis en place, il faut commencer les discussions avec les différents acteurs, et le lobbying auprès des états.

Politique (Marché public, organisation de la filière, droit foncier, accès au crédit, financement de la recherche, politique de motorisation qui ne tient pas compte de la préservation des sols…).
Problèmes Solution Acteur
La non implication des pouvoirs publics au niveau de la recherche Approcher le pouvoir public pour la mise à disposition de moyens humains, financiers, et matériel pour la recherche. Sociétés cotonnières, Organisation des producteurs
Non cohérence de la politique foncière Mise en place d’une politique foncière dans chaque pays Société cotonnières
Non Intervention dans la remise en état des infrastructures de collecte Respect du cahier des charges si la société cotonnière doit réaliser les travaux Société cotonnières
Si la société cotonnière est non privatisée, elle doit contribuer à cette tâche avec les partenaires de l’Etat Etat, Sociétés cotonnières
La non implication des pouvoirs publics dans la subvention dans les crédits d’appoint Mise en place des banques agricoles Organisation des producteurs
Négocier des lignes de crédit dans les banques existantes Organisation des producteurs
Marchés publics Lobbying pour simplifier les procédures de marchés publics Organisation des producteurs, Sociétés cotonnières
Equipement des producteurs Soutenir les actions de mécanisation agricole par les Etats Organisation des producteurs, Sociétés cotonnières, Etat
Prix élevés des intrants Achats groupés Organisation des producteurs, Sociétés cotonnières
Subventions des Etats sur les intrants Etat
Diminution de la fiscalité Etat

Les différents problèmes sont, pour certains, communs à tous les pays alors que d’autres sont plus spécifiques à certaines sociétés cotonnières (marchés publics…). Il sera important que chaque pays identifie les problèmes qui le concerne, afin d’agir sur ce qui pose le plus grand blocage en priorité. La plupart des solutions demande une concertation entre les acteurs et un lobbying important envers l’Etat de la part des sociétés cotonnières et des organisations des producteurs, pour une résolution rapide.

ISMAEL AIDARA / confidentielafrique.com

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