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SUCRE : LA MANNE AFRICAINE

SUCRE : LA MANNE AFRICAINE

Les petits planteurs continuent de se plaindre d’être défavorisés comparés aux gros opérateurs. Ils reprochent notamment à ces derniers de bétonner leur patrimoine foncier à Maurice, préférant investir en Afrique. Les rapports annuels des groupes concernés indiquent que les percées en Afrique semblent effectivement prometteuses.

L’industrie de la canne, et en particulier celle du sucre, se trouve en situation précaire cette année avec le cours mondial en chute libre. Si un comité technique travaille sur les solutions pour le secteur, au niveau des petits planteurs, le contexte difficile accentue les animosités vis-à-vis des gros groupes sucriers, surtout par rapport à leurs revenus dans des pôles d’activités connexes auxquels la communauté des planteurs ne participe que marginalement. Un reproche revient en leitmotiv : les usiniers peuvent bétonner à tour de bras, habilités par l’exemption de la Land Conversion Tax introduite par le Smart City Scheme, surtout que le sucre cultivé en Afrique leur rapporte plus qu’à Maurice. Un coup d’œil aux rapports annuels des principaux groupes indique qu’effectivement, l’aventure africaine semble rentable.

Terra : Côte d’Ivoire

C’est en Côte d’Ivoire que le groupe Terra a décidé d’investir dans des champs de canne à travers la firme Sucrivoire. Terra détient 25,5 % des actions de Sucrivoire qui possède deux usines sucrières à Borotou et Zuenoula respectivement et qui fournissent la moitié du sucre consommé localement. Une aventure qui en vaut la peine pour le groupe mauricien avec des profits de Rs 78,4 millions en 2016 et 274,3 millions l’année précédente. Il faut préciser que le marché du sucre est protégé en Côte d’Ivoire, donc Sucrivoire ne souffre pas de la concurrence des importations.

En comparaison, le pôle sucre mauricien fait bien pâle figure : il encaisse des pertes de Rs 32,2 millions en 2016, bien que la performance soit meilleure qu’en 2015 où le groupe avait essuyé des pertes de Rs 84,4 millions. Le prix du sucre de 2016 était plus avantageux que celui de 2015, ce qui explique cette amélioration.

En 2015/2016, la production de sucre des deux propriétés ivoiriennes était de 86 339 tonnes. Terra a produit plus à Maurice, soit 96 622 tonnes, dont 84 829 tonnes de sucres spéciaux.

Alteo : Tanzanie et Kenya

Alteo a préféré miser sur deux chevaux : le groupe qui occupe la majorité des terres sous culture de l’Est, a fait des percées en Tanzanie et au Kenya.

En Tanzanie, c’est à travers la firme TPC Ltd qu’Alteo possède 15 000 hectares de terres non loin du Mont Kilimandjaro, dont 8 000 sous culture de canne. L’an dernier, 968 000 tonnes de cannes ont été broyées pour produire 95 000 tonnes de sucre et c’est sans compter une centrale électrique qui a exporté 20 GWh d’électricité sur le plan national. Les opérations tanzaniennes ont rapporté Rs 1,3 milliard à Alteo en 2016.

Au Kenya, Alteo a investi dans Transmara Sugar Company Ltd, qui compte 14 000 hectares sous culture de canne. Elle y détient 51 % des actions à travers sa filiale Sucrière des Mascareignes Ltd. Les 903 000 tonnes cannes broyées devaient produire 60 000 tonnes de sucre. La vente du sucre a rapporté Rs 77,3 millions (KSh 239 millions). Transmara vendait son sucre en sacs de 50 kg, mais a commercialisé des sachets de 1 kg et de 2 kg directement.

En comparaison, à Maurice, Alteo gère seulement 11 250 hectares de terres sous culture cannière. Au total, Alteo récolte 873 642 tonnes de cannes pour 61 500 tonnes de sucre. Le chiffre d’affaires pour le pôle sucre et ses sous-produits était de Rs 1 milliard mais au final, Alteo enregistre des pertes de l’ordre de Rs 129 millions.

Omnicane : Kenya

Comme Alteo, c’est au Kenya qu’Omnicane s’est lancé dans la culture de canne. C’est la filiale Omnicane Africa Investment ltd qui détient 20 % des actions de Kwale International Sugar Co. Ltd. La firme kenyane enregistre Rs 7,5 millions de profits pour l’année 2016 avec une récolte de 321 071 tonnes et une production de 30 786 tonnes de sucre.

Sur le plan local, Omnicane cultive la canne sur 2 724 hectares. En 2016, la récolte a rapporté 229 961 tonnes de cannes pour 23 530 tonnes de sucre. Les pertes liées au pôle sucre ont atteint Rs 256,3 millions.

Pays Terra Omnicane Alteo
Ile Maurice (Rs 32,2 M) (Rs 256,3 M) (Rs 129 M)
Côte d’Ivoire Rs 78,4 M - -
Tanzanie - - Rs 1,3 Md
Kenya - Rs 7,5 M Rs 77,3 M

defimedia

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