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Suisse: le secteur bancaire se porte bien, malgré l’adversité (ASB)

Suisse: le secteur bancaire se porte bien, malgré l’adversité (ASB)

Zurich (awp) – Le secteur bancaire en Suisse se porte bien et constitue toujours une branche importante pour l’économie helvétique, dont elle contribue à la création de 6% de la valeur globale. Dans son baromètre bancaire publié jeudi, l’Association suisse des banquiers (ASB) souligne cependant que les défis ne manquent pas pour le secteur, entre hausse des coûts réglementaires, pression sur les marges, persistance des taux bas et incertitudes conjoncturelles et politiques.

Ces difficultés se sont traduites notamment par l’érosion du nombre d’établissements en Suisse, qui est passé l’année dernière de 275 à 266. “Cela montre que le secteur bancaire a poursuivi sa mutation structurelle en 2015″, relève la faîtière des banques.

La forte densité réglementaire et les coûts liés à la conformité fiscale pèsent lourdement sur les acteurs de la branche et “fragilisent la position de la Suisse face à la concurrence d’autres places financières internationales”, estime l’ASB, qui appelle de ses voeux des conditions-cadres “fiables et stables” tant sur le plan national qu’international.

L’ASB rappelle également qu’en tant qu’Etat non membre de l’UE, la Suisse est amenée à transposer le droit communautaire dans son propre droit. Elle mène également des négociations bilatérales avec des pays partenaires importants afin de pouvoir accéder aux marchés étrangers.

BÉNÉFICE CONSOLIDÉ PLUS QUE DOUBLÉ

En dépit des difficultés rencontrées, les banques en Suisse ont enregistré en 2015 un résultat consolidé de 64,6 mrd CHF, en hausse de 5%. Le bénéfice brut en revanche a accusé une baisse de 5,7% par rapport à l’année précédente. Le bénéfice annuel consolidé des opérateurs s’est monté à 15,8 mrd CHF, plus du double de celui dégagé en 2014 (7,4 mrd).

Le total consolidé des bilans de toutes les banques en Suisse s’est contracté de 0,5% en 2015 à 3026,1 mrd CHF, essentiellement en raison de l’érosion des bilans des grandes banques (-36 mrd) et des banques étrangères (-33,2 mrd), précise l’ASB.

Fin 2015, les actifs sous gestion (AuM) dans les banques helvétiques totalisait à 6657,6 mrd CHF, en baisse de 88,2 mrd (-1,3%) par rapport à l’année précédente, principalement en raison d’effets monétaires, fait valoir la faîtière. Les actifs de clients suisses ont augmenté de 74,3 mrd (+2,3%), contrairement à ceux de la clientèle étrangère, qui se sont repliés de 162,5 mrd (-4,8%).

Sur le plan du crédit aux entreprises et aux particuliers, le volume de l’encours de crédit national s’est établi à 1076,4 mrd CHF, en hausse de 0,4% par rapport à 2014. Les mesures prises par les banques en matière d’octroi de crédits hypothécaires ont cependant abouti à un ralentissement de la croissance, à +2,6% en 2015, contre +3,6% en 2014 et +4,2% en 2013.

Le mouvement de consolidation et les mesures d’économies de coûts se sont également traduites par la suppression de 1012 postes équivalent plein temps (ETP), ramenant l’effectif total à 103’041 unités (-1%). La tendance s’est accentuée au 1er semestre 2016: selon une enquête réalisée par l’ASB, les effectifs ont été réduits de près de 3500 personnes (-4,1%). La tendance en matière d’emploi apparaît cependant stable pour la suite de l’exercice, à en croire la faîtière.

buc/fr

 

romandie.com

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