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Surprise, Bombardier remporte sa bataille contre Boeing

Surprise, Bombardier remporte sa bataille contre Boeing
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La Commission américaine du commerce international a invalidé les lourdes taxes appliquées par les Etats-Unis sur les avions CSeries.

L’« America first » de Donald Trump a du plomb dans l’aile. Accusé de dumping, L’avionneur canadien Bombardier vient de décrocher une victoire inattendue dans le conflit qui l’oppose à Boeing et au ministère américain du Commerce : les lourdes taxes instaurées sur ses moyen-courriers C-Series ont été invalidées vendredi par la Commission américaine du commerce international. Les quatre commissaires de cette instance indépendante ont estimé à l’unanimité que les affaires de Boeing n’étaient pas « affectées » par le programme canadien.

Traitement de faveur

Estimant que les CSeries100 bénéficiaient de subventions de la part du gouvernement canadien et qu’ils étaient vendus en dessous de leur prix de fabrication, les Etats-Unis avaient fixé en décembre des « droits compensateurs » de 212 % et une taxe antidumping de 80 % . Boeing avait demandé un tel traitement après la commande de 75 avions Bombardier passée par Delta en 2016. D’après le concurrent américain d’Airbus, la compagnie d’Atlanta avait acheté chaque CS100 19,6 millions de dollars pour un coût d’assemblage de 33,2 millions.

« Cette décision est une victoire pour l’innovation, la concurrence et la loi. C’est aussi une victoire pour les compagnies aériennes américaines et la primauté de la loi », s’est félicité Bombardier, qui a vu son action bondir en Bourse de 15 % vendredi.

C’est aussi une très bonne surprise pour Airbus, qui a pris en octobre dernier les commandes du programme C-Series . « Nous allons poursuivre à plein régime notre projet CSeries, en se concentrant sur les besoins de nos compagnies aériennes clientes et en créant plus et de nouveaux emplois hautement qualifiés aux Etats-Unis », a indiqué Tom Enders. « Quoi que l’on puisse faire [dans cette affaire], j’ai peur que le résultat final soit négatif », craignait le PDG d’Airbus il y a dix jours. Airbus et Bombardier avaient affirmé à l’automne vouloir assembler ces avions de 100 à 150 sièges à Mobile, en Alabama.

De son côté, Boeing, qui peut encore faire appel de la décision, s’est dit « déçu ». Le groupe de Chicago va « examiner l’avis de la Commission un peu plus en profondeur au fur et à mesure que les détails seront publiés dans les prochains jours », et entend toujours passer en revue certaines pratiques commerciales de Bombardier qu’il juge « illégales ».

Julien Dupont-Calbo
lesechos

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