Accueil / International / Taux : tensions en Europe avant la réunion de la BCE

Taux : tensions en Europe avant la réunion de la BCE

Taux : tensions en Europe avant la réunion de la BCE

Le marché de la dette souveraine européenne a connu de fortes tensions, mercredi, à la veille de la réunion de la BCE, jeudi. La plupart des analystes s’attendent à un statu quo sur les taux directeurs, comme sur le programme de rachat d’actifs (“QE”) de la banque centrale européenne. Le discours de Mario Draghi, le président de la BCE, sera suivi de très près, sur fond de pressions par l’Allemagne et ses alliés pour réduire le caractère ultra-accommodant de la politique monétaire de la BCE.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans a bondi mercredi de 5 points de base à 0,36%, tandis que celui de l’OAT française a grimpé de 6 pdb à 1,01%, le taux italien à 10 ans a pris 6 pdb à 2,24% et celui du l’Espagne de 7 pdb à 1,79%.

Les taux européens ont aussi réagi à la perspective d’une hausse des taux directeurs aux Etats-Unis, à l’issue de la prochaine réunion de la Fed des 14 et 15 mars. La probabilité d’un tour de vis s’est encore accentuée mercredi avec la publication de créations d’emploi plus fortes que prévu dans le secteur privé selon le cabinet ADP (+298.000 contre un consensus de place de 183.000).

La Bundesbank fait pression pour une politique monétaire moins accommodante

En Europe, la banque centrale allemande, la Bundesbank, a montré qu’elle se préparait aux conséquences de la fin du “QE”. Elle a fait savoir le 2 mars qu’elle avait provisionné 1,8 milliard d’euros dans ses comptes 2016, afin de faire face à d’éventuelles pertes futures sur son portefeuille d’emprunts d’Etat. La banque portait à la fin janvier plus de 300 MdsE de dette allemande dans son bilan, acquis pour l’essentiel dans le cadre du “QE”, dont la valeur chuterait si la BCE réduisait sa politique d’achats d’actifs. Le président de la Buba, Jens Weidmann s’était opposé au lancement du “QE”, notamment en raison du coût qu’il aura en fin de compte pour les banques centrales européennes.

Ces derniers mois, l’amélioration de la conjoncture économique en Europe et l’accélération de l’inflation ont renforcé les arguments de ceux qui réclament un “tapering”, une réduction des achats d’actifs. Fin janvier, l’Allemande Sabine Lautenschläger, l’un des membres les plus “faucon” du directoire de la BCE, a fait une déclaration remarquée, en estimant que la BCE sera bientôt en mesure de planifier la fin de son programme de rachat d’actifs.

“Toutes les conditions préalables à une hausse stable de l’inflation sont réunies”, a-t-elle ainsi déclaré lors d’un discours à Hambourg. Elle a cependant ajouté qu’il fallait encore attendre quelques indicateurs macro-économiques positifs, et veiller à ce que la BCE ne réagisse pas à une poussée d’inflation qui ne serait que momentanée.

L’inflation a atteint 2% dans la zone euro en février

En février, l’inflation a progressé de 2 % sur un an, après +1,8 % en janvier, remontant au plus haut depuis plus de 4 ans. Un chiffre qui ne suffira peut-être pas à pousser Mario Draghi à changer de politique monétaire. Le patron de la BCE impute en effet l’essentiel de la hausse au rebond des cours du pétrole. Il a prévenu que la BCE ne changera pas de cap tant que l’inflation ne resterait pas autour de 2% de façon stable et pendant plusieurs mois d’affilée.

Lors de sa précédente réunion, le 19 janvier dernier, la BCE a maintenu son taux de refinancement à 0,00%, son taux de facilité marginal à 0,25% et son taux de dépôt à -0,4%. Le programme de rachat d’actifs n’a pas non plus été modifié : le BCE prévoit de continuer à racheter 80 MdsE de dettes par mois jusqu’en mars, puis de le réduire à 60 MdsE d’avril à décembre 2017, voire au-delà si nécessaire.

boursier.com

Aller en haut