Accueil / Développement / Tchad : le plan d’urgence à la loupe

Tchad : le plan d’urgence à la loupe

Tchad : le plan d’urgence à la loupe
Le pont de l'Unité, à N'Djamena (Tchad), surnommé pont de Taïwan par les Tchadiens. Ici en décembre 2011. © Vincent Fournier/JA

Fin 2015 déjà, malgré l’approche de la présidentielle, le gouvernement avait annoncé des mesures d’austérité, dont le gel du recrutement des fonctionnaires.

Idriss Déby Itno lui-même, bien que candidat, a averti dans son message à la nation du 31 décembre que 2016 allait être « une année difficile ». C’est donc sans surprise que « seize mesures de réforme d’urgence » ont été adoptées dès le 31 août, en Conseil des ministres extraordinaire, dans le but de réduire les charges, d’augmenter les recettes et d’améliorer l’efficacité de la dépense publique et le rendement des services de l’État. Mais même si elles étaient attendues, ces mesures font grincer bien des dents.

Mesures financières drastiques

Concrètement, les députés ont dû renoncer à la moitié de leurs émoluments, les ministres à 80 % de leurs indemnités hors salaire, les frais de mission à l’intérieur du pays et à l’étranger ont été divisés par trois. Les effectifs des cabinets de la présidence et de la primature ont été revus à la baisse, tout comme les traitements accordés aux chefs coutumiers. Les bourses des étudiants ont été suspendues (à l’exception de celles des élèves des écoles professionnelles), de même que l’acquisition de nouveaux véhicules pour l’État. Les nombreux organismes sous tutelle sont soit fusionnés, soit dissous…

Si les économies se chiffrent déjà en dizaines de milliards de F CFA, l’efficacité de ces mesures d’austérité n’est pas encore perceptible. D’autant que les résultats du dernier trimestre – et peut-être ceux du début de 2017 – risquent d’être marqués par la paralysie de l’Administration. En effet, les agents et employés de la fonction publique, dont les indemnités sont réduites de moitié pour dix-huit mois, refusent d’accepter ces mesures et enchaînent les mouvements de grève.

Le corps politique contesté

Le climat était déjà très tendu depuis le début de l’année entre le gouvernement et les centrales syndicales. La principale d’entre elles, l’Union des syndicats du Tchad (UST), avait d’ailleurs pris parti contre la réélection du chef de l’État en s’engageant dans le mouvement de la société civile pointant « les vingt-six années de mauvaise gestion » du président sortant.

>>Lire l’artcile complet sur jeuneafrique.com

Aller en haut