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Telecom Italia freine les vélléités de Vivendi et de Niel

Telecom Italia freine les vélléités de Vivendi et de Niel

L’opérateur veut convertir ses actions d’épargne en actions ordinaires.

Au fil des jours, chacun des acteurs de Telecom Italia abat ses cartes. En fin de semaine dernière, c’est l’opérateur historique italien lui-même qui a créé la surprise en décidant de convertir ses actions d’épargne en actions ordinaires. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les actionnaires car l’opération est fortement dilutive. Ainsi, elle ferait passer la part de Vivendi, premier actionnaire de l’opérateur de plus de 20 % à moins de 14 %. Quant à Xavier Niel, qui peut potentiellement devenir le deuxième actionnaire de Telecom Italia (il a posé des options en vue d’acheter, à titre personnel, 15,143 % du capital), sa part tomberait à environ 10 %.

Alors que beaucoup voient dans cette opération, une posture défensive de Telecom Italia vis-à-vis de Vincent Bolloré, l’homme fort de Vivendi, et de Xavier Niel, l’opérateur italien a indiqué qu’il s’agissait pour lui de simplifier la structure de son capital, d’accroître le flottant et sa liquidité en Bourse estimant que cela contribuerait au financement d’investissements dans ses réseaux fixes et mobiles. « La forte hausse de la valeur des actions a ouvert une fenêtre à ne pas manquer », selon le DG de l’opérateur, Marco Patuano. D’après lui, ni Vivendi, ni Xavier Niel ne devraient s’opposer à cette proposition qui doit être soumise aux actionnaires le 15 décembre.

En attendant, les scénarii les plus incroyables circulent sur les vélléités de Vincent Bolloré et Xavier Niel autour de Telecom Italia. Certains expliquent que Vivendi voudrait racheter Telecom Italia en vue de le revendre à Orange. Le moment venu, Vivendi pourrait se faire payer en actions Orange et en profiterait pour mettre ainsi un pied au capital de l’opérateur historique français. Xavier Niel qui n’a pas intérêt à voir Vivendi monter en puissance dans les télécoms en France – d’autant que Free emprunte une partie du réseau Orange -, s’inviterait au capital de Telecom Italia pour barrer la route à Vincent Bolloré…

Orange suit de près la situation : en réalité, cela fait deux ans que son patron, Stéphane Richard, regarde avec intérêt Telecom Italia. Mais il n’a pas les moyens financiers d’acheter des actions dans l’opérateur. Sa seule possibilité serait de faire une augmentation de capital mais cela signifierait une dilution de l’Etat (qui détient 25 % d’Orange), ce que ce dernier refuse. « Le seul schéma possible pour Orange aujourd’hui serait de nouer des partenariats avec l’italien, mutualiser les achats ou la recherche et développement », relève un bon connaisseur de l’opérateur.

image: http://www.lesechos.fr/medias/2015/11/08/1173293_telecom-italia-freine-les-velleites-de-vivendi-et-de-niel-web-tete-021460823560_660x440p.jpg
Giuseppe Recchi, patron Telecom Italia

Giuseppe Recchi, patron de Telecom Italia – Matthew Lloyd/Bloomberg
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L’opérateur veut convertir ses actions d’épargne en actions ordinaires.

Au fil des jours, chacun des acteurs de Telecom Italia abat ses cartes. En fin de semaine dernière, c’est l’opérateur historique italien lui-même qui a créé la surprise en décidant de convertir ses actions d’épargne en actions ordinaires. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les actionnaires car l’opération est fortement dilutive. Ainsi, elle ferait passer la part de Vivendi, premier actionnaire de l’opérateur de plus de 20 % à moins de 14 %. Quant à Xavier Niel, qui peut potentiellement devenir le deuxième actionnaire de Telecom Italia (il a posé des options en vue d’acheter, à titre personnel, 15,143 % du capital), sa part tomberait à environ 10 %.

Alors que beaucoup voient dans cette opération, une posture défensive de Telecom Italia vis-à-vis de Vincent Bolloré, l’homme fort de Vivendi, et de Xavier Niel, l’opérateur italien a indiqué qu’il s’agissait pour lui de simplifier la structure de son capital, d’accroître le flottant et sa liquidité en Bourse estimant que cela contribuerait au financement d’investissements dans ses réseaux fixes et mobiles. « La forte hausse de la valeur des actions a ouvert une fenêtre à ne pas manquer », selon le DG de l’opérateur, Marco Patuano. D’après lui, ni Vivendi, ni Xavier Niel ne devraient s’opposer à cette proposition qui doit être soumise aux actionnaires le 15 décembre.

En attendant, les scénarii les plus incroyables circulent sur les vélléités de Vincent Bolloré et Xavier Niel autour de Telecom Italia. Certains expliquent que Vivendi voudrait racheter Telecom Italia en vue de le revendre à Orange. Le moment venu, Vivendi pourrait se faire payer en actions Orange et en profiterait pour mettre ainsi un pied au capital de l’opérateur historique français. Xavier Niel qui n’a pas intérêt à voir Vivendi monter en puissance dans les télécoms en France – d’autant que Free emprunte une partie du réseau Orange -, s’inviterait au capital de Telecom Italia pour barrer la route à Vincent Bolloré…

Orange suit de près la situation : en réalité, cela fait deux ans que son patron, Stéphane Richard, regarde avec intérêt Telecom Italia. Mais il n’a pas les moyens financiers d’acheter des actions dans l’opérateur. Sa seule possibilité serait de faire une augmentation de capital mais cela signifierait une dilution de l’Etat (qui détient 25 % d’Orange), ce que ce dernier refuse. « Le seul schéma possible pour Orange aujourd’hui serait de nouer des partenariats avec l’italien, mutualiser les achats ou la recherche et développement », relève un bon connaisseur de l’opérateur.

Pour l’heure, en France, Patrick Drahi, le patron de Numericable-SFR, fait figure de grand absent dans ce dossier.

Fabienne Schmitt
lesechos.fr

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