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TGV continental : l’UA se donne 45 ans pour relier les capitales africaines

TGV continental : l’UA se donne 45 ans pour relier les capitales africaines

Ouestafnews – Les premiers jalons du projet continental de Train à Grande Vitesse (TGV) destiné à relier les capitales africaines d’ici 2063 «sont en train d’être posés» par l’Union africaine (UA) qui a entamé un processus de sélection de consultants, a appris Ouestafnews de source officielle.

Le Train Express Régional, qui à terme va relier la capitale sénégalaise à Diass, ville qui abrite le nouvel aéroport international. Capture d’écran/Ouestafnews
Lancé en septembre 2017, l’appel d’offres a permis la présélection de  huit compagnies de consultants sur une vingtaine de dossiers.

Dans une correspondance transmise à Ouestafnews, Louis Napo, conseiller projet au bureau du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), précise que les firmes sélectionnées vont faire des  «propositions techniques et financières pour entreprendre l’étude détaillée de la portée du réseau ferroviaire et du plan directeur intégré de la Vision 2063 Africa».

Le projet continental de Train à grande vitesse est au cœur du plan de développement de l’UA, dénommé Agenda 2063 ». A terme, il devrait permettre la jonction des « capitales africaines aux centres économiques et industriels et aux principaux sites touristiques dotés d’une technologie ferroviaire à grande vitesse appropriée», explique M. Napo.

L’objectif de l’UA est de mettre en place un réseau ferroviaire intégré du Train à grande vitesse doté d’un plan directeur.

«Il s’agira de réseaux ferroviaires continentaux nord-sud et est-ouest à 4 axes longitudinaux et 6 latitudinaux », explique M. Napo.

Et dans la mise en œuvre de ce projet, trois phases de planification ont été retenus. Il s’agit des plans de développement à court terme (2015-2025), à moyen terme (2025-2045) et à long terme (2045-2065).

Le Train continental à grande vitesse est évoqué depuis les indépendances, selon certains experts. Aujourd’hui, l’urgence s’impose semble-t-il à l’Union africaine, désireuse d’accélérer le processus d’intégration économique du continent.

«On ne peut pas réaliser les zones de libre-échange, si les Etats membres ne sont pas connectés», déclarait le chef de la section de l’industrialisation et des infrastructures de la Commission économique des nations unies pour l’Afrique (CEA), Soteri Gatera, cité par l’Agence de presse sénégalaise, lors d’une réunion d’experts tenue en septembre 2017 à Dakar.

Ces pays déjà dans la dynamique

En Afrique, certains pays sont déjà dans la dynamique du désenclavement, en misant particulièrement sur le transport ferroviaire. Depuis juillet 2016, la distance (200km) entre la capitale fédérale Abuja et la ville de Kaduna se fait en moins de deux heures grâce à la mise en place d’une ligne à grande vitesse.

Seconde économie du continent derrière le Nigeria, l’Afrique du Sud est la pionnière dans ce domaine, avec le démarrage depuis 2011 du Gautrain, un train à grande vitesse circulant dans la province du Gauteng qui abrite la capitale économique du pays.

Au Maroc, le projet de Train à grande vitesse (320Km/H) qui doit desservir 13 villes du pays pour un coût total de 1,8 milliard d’euros est en cours d’achèvement. Selon le gouvernement marocain, 72% des ingénieurs et experts travaillant sur ce projet sont des Marocains.

Au Sénégal,  un projet de train à grande vitesse, dénommé Train Express Régional(Ter), est en cours d’exécution. Le Ter doit à terme relier Dakar et le nouvel aéroport à Diass (47 km de Dakar). Démarré en 2016, le projet suscite une grande controverse particulièrement sur le coût réel des travaux.

Ces projets, qui sont le fait de pays (Nigeria, Maroc) à la pointe du progrès économique en Afrique, se déroulent dans un contexte de déficit d’électricité et ses conséquences sur l’éducation et la santé.

Du 12 au 16 février 2018, à Johannesburg, le projet ferroviaire continental connaîtra une autre avancée dans sa phase d’études. Ce sera dans le but d’entreprendre un examen détaillé des propositions techniques et financières reçues de sept firmes de génie-conseil (sur les 8 présélectionnées), renseigne le NEPAD.

MN/ad 
Ouestaf News
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