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Thales-Gemalto, numéro deux mondial d’un secteur en ébullition

Thales-Gemalto, numéro deux mondial d’un secteur en ébullition

Sur un marché très diversifié, Thales se compare à des acteurs de l’anti-virus, du conseil et de la biométrie.

« On rapproche les deux plus grandes boîtes industrielles de tech en Europe pour offrir un service global de sécurité digitale qu’aucune grande entreprise au monde n’offre encore d’une manière aussi globale », s’est enthousiasmé lundi Patrice Caine en présentant son rapprochement avec Gemalto. Pourtant un an plus tôt, le groupe écartait l’acquisition de Morpho, rival de Gemalto mis en vente par Safran. Et pour remonter le fil du temps, en 1992, Thomson qui allait devenir Thales vendait la société Gemplus, l’ancêtre de Gemalto pour 500 millions de francs…

Aujourd’hui, changement de cap, Thales revendique la place de numéro deux mondial dans la sécurité numérique derrière le groupe américain Symantec mais devant Idemia, la nouvelle société issue du mariage de Morpho et d’Oberthur sous la houlette du fonds Advent.

Gemalto prend de l’avance sur Idemia

En 2016, Thales et Gemalto auraient gagné ensemble 4,2 milliards de dollars dans la cybersécurité , selon les chiffres de Gartner, sur un marché qui pèse 90 milliards de dollars mais se diversifie en un grand nombre d’activités : protection des données, chiffrement, biométrie, conseil spécialisé, anti-virus destinés aux consommateurs. En s’adossant à Thales, Gemalto prend de l’avance sur Idemia, l’autre acteur français des cartes à puce, qui pèse 3,2 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

Peu importe le classement, la bonne nouvelle pour la France est qu’elle est donc doublement présente dans les métiers high-tech de la sécurité et Gemalto reste dans le giron d’une entreprise française, alors qu’elle a été présentée à nombre de repreneurs étrangers par les banques d’affaires : Oracle, General Electric…

Le marché prometteur de l’encryption des données

Thales de son côté, prétend que les compétences de Gemalto sont plus complémentaires avec le groupe que celles de Morpho, davantage spécialisé dans la biométrie et moins dans l’Internet des objets.

« Thales et Gemalto vont pouvoir fusionner Vormetric et Safenet, leurs activités respectives dans l’encryption des données en ligne, imagine Richard-Maxime Beaudoux, analyste chez Bryan Garnier, c’est prometteur car l’enjeu des prochaines années sera de sécuriser Internet. » Sur ce terrain, l’analyste ne voit pas de concurrents à la taille de la nouvelle entité Gemalto. D’autant qu’elle profitera de la base clientèle de Thales pour s’ancrer dans les secteurs de l’aéronautique, du transport ou de la défense .

Une concurrence féroce

En dehors de ces secteurs, la concurrence devient de plus en plus féroce. Plus le monde se numérise, plus le besoin de sécurité augmente. Symantec est loin devant sur le marché grand public (anti-virus des ordinateurs personnels). Les acteurs du conseil comme Deloitte ou EY gardent la main sur l’organisation de la cybersécurité dans les grandes entreprises.

Des start-up frappent aussi à la porte et pourraient bientôt menacer les leaders en place. Spécialiste de la protection des données en ligne, les Américains de Palo Alto Network travaillent avec les grands acteurs californiens comme Amazon Web Services ou Microsoft et ont généré l’an dernier 1,8 milliard de dollars de recette… en croissance de 49 %.

Anne Bauer
Florian Dèbes
lesechos

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