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Togo : le gouvernement s’engage contre le déficit de logement

Togo : le gouvernement s’engage contre le déficit de logement

Face au besoin sans cesse croissant en matière de logement au Togo, le gouvernement n’hésite pas à prendre des initiatives, portant à bout de bras de nombreux projets immobiliers. Malgré l’effervescence sur le marché autant public que privé, les statistiques font état d’un déficit de 500.000 logements dont 100.000 dans la capitale togolaise, Lomé.

« Le secteur de l’habitat et en particulier de l’habitat social connaît un grand déficit au Togo. Le déficit est de 500 000 logements décent à l’horizon 2020 », énonce Fabrice Awoulolo, un architecte agréé de l’Ordre national des architectes du Togo (ONAT). Ses estimations bien qu’alarmantes sont compréhensibles. La croissance démographique à un rythme effréné de la population togolaise, conjuguée à une urbanisation soutenue, a créé d’énormes besoins dans le secteur des logements de haut ou moyen standings.

Pendant que les villes s’agrandissent et se construisent, le besoin de logements sociaux et économiques, surtout pour les fonctionnaires et les jeunes actifs du privé, devient de plus en plus grand. Les chiffres sont sans appel. Rien qu’à Lomé, 100.000 familles souffrent de la pénurie de logement. Une situation qui interpelle le gouvernement.

Des projets immobiliers de grande envergure

Dans la perspective de remédier au déficit de logement actuel et dans une posture anticipative, le gouvernement togolais a enclenché un programme pilote de construction de 1.000 logements sociaux. Destiné aux fonctionnaires de l’Etat prioritairement (catégories A1, A2, et B), il s’agit d’un projet qui vise à solutionner les problèmes d’accès de tous à des logements décents. A en croire le gouvernement, ce programme rendre directement en compte dans la Stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) qui consacre en partie la politique de l’habitat. « L’accord signé en juin dernier [2015, ndlr] avec nos partenaires chinois pour la construction de ces logements s’inscrit dans la droite ligne de la politique de l’habitat dont la phase pilote a démarré en 2014 avec la réalisation de 50.000 logements en faveur des fonctionnaires. La demande est forte et solvable et nous devons la soutenir », avait déclaré Faure Gnassingbé, le président de la république togolaise au cours de la cérémonie de signature du contrat en Chine avec Poly Group, chargé de l’exécution du projet.

Outre, ce programme pilote susmentionné, les autorités togolaises promeuvent actuellement deux autres projets à savoir la construction des cités ”Mokpokpo” et ”Des Anges”. Entamés en collaboration avec le secteur privé, ces projets devront permettre aux populations d’avoir un habitat décent et à moindre coût. « La cité Mokpokpo est un projet de logements sociaux destiné aux fonctionnaires de togolais (catégories A1, A2, A3 et B). Une première tranche de 540 logements est prévue sur une surface de 12,5 hectares, dont 420 villas basses pour une durée de 24 mois, avec un coût estimatif de 10 milliards de Fcfa. Ce projet est en cours de réalisation par deux opérateurs étrangers, la Société ivoirienne de promotion immobilière (Sipim) et le marocain Abri 2000 », a annoncé le ministre de l’urbanisme, de l’habitat, Me Fiatuwo K. Sessenou. D’après lui, cette cité située à Adidogomé, dans la banlieue nord-ouest de Lomé, sera dotée d’un centre hospitalier et commercial, des écoles, des places de stationnement et d’espaces verts à l’usage des résidents. «Ce programme exceptionnel a été conçu pour offrir des villas et appartements familiaux et fonctionnels, et permettra ainsi de faciliter l’accès à la propriété et à un habitat décent. L’ensemble du programme devrait être livré en 2018 », a ajouté le ministre.

De nouveaux habitats à des prix concurrentiels

Une fois les programmes de construction livrés, les logements seront mis à la disposition des populations cibles. L’acquisition est soumise à certaines conditions dont, la nationalité togolaise et le statut obligatoire de fonctionnaire de l’Etat (catégorie A1, A2, A3 et B). Il faudra aussi préalablement exprimer le besoin de disposer d’un logement social en remplissant la ”fiche d’identité acquéreur” disponible au ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat et au siège de la SIPIM. Ensuite, se faire accompagner par l’une des banques partenaires au projet que sont Orabank, BIA-Togo et Banque Atlantique. D’après le gouvernement, ces banques peuvent octroyer des prêts remboursables sur une durée de 15 à 20 ans avec un taux d’intérêt de 7,75% aux fonctionnaires désireux d’acquérir ces logements. « L’État compte sur le secteur privé pour soutenir sa politique et, à cet égard, plusieurs banques présentes dans au Togo ont été associé à ces projets », soutient-on au ministère de l’économie et des finances.

A en croire les autorités togolaises, ces appartements seront commercialisés à des prix abordables, allant de 7 à 17 millions de francs CFA. Notons que la Caisse régionale de refinancement hypothécaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) participe elle aussi au projet, convaincu des retombées sur le développement pour le pays.

Des réformes foncières en cours

L’un des handicaps les plus préoccupants pour le développement urbain et surtout pour une politique de l’habitat se trouve être l’absence ou l’inefficacité du code foncier en vigueur. Ceci laisse place à des litiges ici et là et rend plusieurs domaines fonciers inutilisables pour l’Etat. Pour aller à l’encontre de ce handicap, le gouvernement togolais a élaboré depuis juin 2009 un nouveau code foncier accompagné d’une Stratégie nationale du logement (SNL) ainsi qu’une déclaration d’une politique nationale du secteur urbain au Togo. L’adoption de ces dispositifs légaux a permis au Togo de réorganiser le secteur du logement afin de mettre à la disposition de la population des logements décents et à moindre coût.

Par ailleurs, une étude de faisabilité pour la création d’une Banque de l’Habitat au Togo a été réalisée. «Des stratégies de développement sont en cours au Togo. Ces stratégies de développement sont déjà élaborées et d’ici quelque année, le visage de la capitale togolaise va changer. Pour nous, la modernisation de Lomé n’est pas un luxe, mais une nécessité », a confié Koffi Aholou, le chef du projet stratégie de développement urbain du ”Grand Lomé”. Un avis partagé le chef de l’exécutif togolais. « Face à la pression démographique de plus en plus forte et les besoins fonciers liés à une telle dynamique, il nous faut opérer des réformes urgentes et courageuses afin de finir avec la précarité des droits qui engendre l’insécurité foncière et constitue à la fois une contrainte majeure à la croissance économique… », a déclaré le premier ministre Selom Komi Klassou, qui a souhaité une implication de tous les acteurs clés au niveau préfectoral, régional, et national dans la prochaine mise en application des textes fonciers.

Des impacts de développement à noter

Si les logements attendus vont changer le visage de la capitale Lomé et du pays en entier et fournir des abris aux populations, il ne s’agirait pas des seuls avantages. Selon certains spécialistes, grâce à ces améliorations du cadre macroéconomique et au dynamisme dont font preuve certains secteurs clés de l’économie togolaise, la politique de l’habitat pourra permettre au pays de maintenir le cap de la croissance défini par la SCAPE.

Plus tôt, déjà en 2014, dans le cadre des projets de grande envergure de construction des logements sociaux, d’autres initiatives ont pris forme. C’est l’exemple du projet d’urgence de réhabilitation des infrastructures et services électriques (PURISE), financé à un coût total de plus de 50 millions de dollars par le Fonds pour l’environnement mondiale (FEM). L’ancien ministre togolais de l’économie et des finances, Adji Otèth Ayassor a compris cela de manière assez élaborée.« Il s’agit de stimuler la croissance par les infrastructures de générer de milliers d’emplois grâce aux travaux à réaliser et de favoriser un développement inclusif par l’accès à l’habitat pour toutes les catégories sociales de notre pays », a expliqué l’ancien membre du gouvernement

Emmanuel Atcha
la tribune afrique

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