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Total résiste à la chute des prix de l’or noir

Total résiste à la chute des prix de l’or noir

Le géant pétrolier français a publié mercredi un résultat net en repli de 4% au deuxième trimestre 2015. La hausse de la production, les économies et l’amélioration des marges de raffinage ont contrebalancé le recul de 44% du prix du pétrole

Dans un contexte plus que morose, Total a réussi à tirer son épingle du jeu. Le géant pétrolier français a en effet publié mercredi un résultat net en repli de 4% au deuxième trimestre 2015, de 2,97 milliards de dollars, contre 3,1 milliards un an auparavant alors que les prix du pétrole ont, eux, chuté de 44% sur un an.

Ce résultat est au-dessus des attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 2,85 milliards de dollars, selon le consensus établi par FactSet. Son résultat opérationnel – ajusté notamment des charges de restructuration et des dépréciations d’actifs – a reculé de 27% sur un an, à 4,06 milliards de dollars, tandis que son chiffre d’affaires a plongé de 29%, à 44,72 milliards de dollars.

Pour faire face, la major française compte sur les réductions de coûts – elle a rappelé qu’elle dépasserait les 1,2 milliard de dollars annoncés cette année, confirme “la baisse annoncée” de plus de 10% de ses investissements, qui devraient s’établir entre 23 milliards et 24 milliards de dollars cette année, et poursuit son programme de cession d’actifs comme le gisement gazier britannique de Laggan-Tormore (voir encadré).

Le soutien des nouveaux projets

“Si le prix moyen du pétrole brut s’est quelque peu redressé depuis le premier trimestre, à 61,9 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, contre 53,9 dollars sur les trois premiers mois de l’année, il n’en reste pas moins en baisse de 44% par rapport au deuxième trimestre 2014, où il s’établissait à 109,7 dollars”, souligne le groupe. L’impact de ce recul du prix du pétrole sur les activités d’exploration-production a été “compensé partiellement par une hausse de 12% de la production” d’hydrocarbures à presque 2,3 millions de barils équivalent pétrole par jour (Mbep/j), et ce en dépit de l’arrêt, pour des questions de sécurité, de son usine de gaz naturel liquéfié au Yemen.

Pour 2015, Total vise une “hausse de plus de 8%” de sa production moyenne, à un peu plus de 2,3 Mbep/j.

La production du groupe a bénéficié du démarrage de nouveaux projets tels que CLOV en Angola, la phase 2 de West Franklin en mer du Nord britannique et Termokarstovoye en Russie, ainsi que de la participation de 10% remportée dans l’importante concession ADCO à Abou Dhabi. Le résultat opérationnel ajusté de la division amont a malgré tout reculé de 59%, à 2 milliards de dollars.

Gaz : Total cède 20 % de Laggan-Tormore en mer du Nord

Dans un communiqué séparé, Total a annoncé mercredi la cession de 20% de l’important champ gazier de Laggan-Tormore, situé en mer du Nord britannique, au groupe britannique Scottish and Southern Energy pour 565 millions de livres, soit presque 800 millions d’euros. Total détenait jusqu’ici 80% de ce champ qui doit entrer en production au second semestre. En avril, le pétrolier français avait confirmé son intention d’en céder 20% dans le cadre d’un plan de cession d’actifs de 10 milliards de dollars (dont 5 milliards à réaliser dès 2015), adopté pour contrecarrer la chute des cours du pétrole.
En juin, Total a ainsi cédé au russe Rosneft sa participation de 16,67% dans la raffinerie de Schwedt (Nord-Est de l’Allemagne) pour 300 millions de dollars. Et il confirme poursuivre ses discussions “pour la cession de plusieurs autres actifs”.

Amélioration des marges dans le raffinage

Les activités d’aval ont elles tiré profit de l’amélioration des marges dans le raffinage, la pétrochimie et la distribution, “soutenues notamment par la hausse de la demande dans un contexte de prix plus bas”, commente Patrick Pouyanné, directeur général de Total, cité dans le communiqué. Le résultat opérationnel ajusté de la branche raffinage-chimie a été multiplié par quatre, à 1,6 milliard de dollars, et celui de la branche marketing et services (distribution de carburants, lubrifiants, etc.) a progressé de 15% à 465 milions de dollars.

La deuxième compagnie pétrolière européenne par la capitalisation boursière, a annoncé en avril la reconversion de la raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) et la modernisation de celle de Donges (Loire-Atlantique), deux mois après avoir réduit de moitié la capacité de raffinage de son site anglais de Lindsey, dans le cadre d’un plan visant à redresser la rentabilité de cette branche.

Après avoir ouvert en forte hausse, l’acion Total gagnait 1,35% vers 11h25 à la Bourse de Paris, à 43,800 euros.

lesechos.fr

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