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Toyota se réarme pour son duel de géants contre Volkswagen

Toyota se réarme pour son duel de géants contre Volkswagen

Deux usines, en Chine et au Mexique, devraient être mises en chantier.

Analysant la douloureuse crise des millions de rappels de véhicules de sa marque au fil des années 2009-2010, Akio Toyoda, le PDG de Toyota, avait conclu qu’une large part des difficultés de son groupe provenait de sa course au gigantisme. Ses ouvertures d’usines, un peu partout dans le monde au début des années 2000, l’avaient bien propulsé en tête du classement mondial des constructeurs, mais avaient été trop précipitées et ne lui avaient pas permis de tenir, partout, ses standards de qualité et de profitabilité. En 2013, le patron avait dès lors décrété qu’aucune nouvelle usine ne serait mise en chantier avant 2016, le temps de réorganiser les infrastructures déjà en place.

Moins de trois ans plus tard, Toyota, qui voit maintenant son leadership mondial contesté par Volkswagen, devrait, selon les médias nippons, annoncer dans les prochains jours qu’il va finalement s’autoriser à nouveau à construire des usines.

Dans un premier temps, le groupe devrait mettre en chantier deux nouveaux sites en Chine et au Mexique, qui représenteraient un investissement global d’environ 150 milliards de yens (1,15 milliard d’euros), afin d’alimenter deux des marchés les plus porteurs du moment. La nouvelle usine chinoise, qui pourrait être implantée près de Guangzhou (Canton), atteindrait après son ouverture en 2018 une capacité de 100.000 unités, quand le site mexicain, prévu dans l’Etat de Guanajuato, serait en capacité d’assembler, après son inauguration en 2019, au moins 200.000 véhicules par an.

Profiter des accords commerciaux du Mexique

Si Toyota est déjà très présent en Chine, où il reste toutefois en retard sur ses grands concurrents occidentaux (Volkswagen) ou coréen (Hyundai), qui ont, eux, récemment confirmé de gigantesques investissements, le constructeur japonais est le dernier géant du secteur à ne pas encore contrôler de grand site de production au Mexique. Pour l’instant, le numéro un mondial se contente d’assembler sur un petit site de Tijuana des pick-up Tacoma livrés en kit CKD (« complete knock down »).

En développant sa propre usine, il va pouvoir profiter des faibles coûts de production mexicains et du gigantesque réseau d’accords commerciaux négocié par le Mexique avec 45 autres nations. Depuis son nouveau site, il pourra ainsi exporter sa nouvelle génération de Corolla vers le marché américain, mais également vers l’Amérique du Sud. Il bénéficiera alors de tarifs douaniers avec lesquels ses usines américaines ou japonaises ne peuvent pas rivaliser. Après des années de réflexion, Toyota estime qu’il a en partie résolu les problèmes qui l’avaient incité à l’introspection au début des années 2010. Le constructeur a notamment considérablement dopé les taux d’utilisation des lignes d’assemblage existantes pour améliorer sa productivité, mais il a également repensé l’organisation de cette production. Il mise ainsi beaucoup sur la généralisation de sa nouvelle plate-forme modulaire, baptisée TNGA (« Toyota New Global Architecture »), qui doit lui permettre de réduire ses coûts, en utilisant notamment plus de pièces communes sur différents véhicules, tout en renforçant les contrôles de qualité sur ses véhicules.

Yann Rousseau / Correspondant à Tokyo
lesechos.fr

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