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Transfert d’argent: Les start-ups africaines sur le qui-vive

Transfert d’argent: Les start-ups africaines sur le qui-vive
facebook-moneyJusque-là en duopole sur la plupart des marchés nat ionaux africains, Western Union et MoneyGram voient arriver des start-ups africaines aux dents longues et un géant au logo bleu frappé d’un “F” blanc.

Focus. Ismaël Abdoul Diop

Nous vivons une époque de flux et de services. L’activité de l’homme est de plus en plus destinée à la satisfaction d’un besoin humain, mais qui ne se présente pas sous l’aspect d’un objet matériel. C’est le domaine par exemple du transfert de fonds.
Sur le continent africain, le marché du transfert d’argent est en plein essor. Ces dernières années, le secteur a connu une explosion des transactions. Selon la banque mondiale, ce volume devrait atteindre un montant de 936 milliards de dollars.
En Afrique subsaharienne, au Sénégal en particulier, ce sont les sociétés Western Union, Wari et MoneyGram qui contrôlent le marché des virements avec l’étranger et sur le plan national. Créée il y’a tout juste un an, la startup Joni Joni a rejoint Wari dans la compétition dans ce marché juteux.
Ces deux start-ups africaines font de la résistance dans un marché de plus en plus compétitif surtout avec le lancement du service Orange Money par l’opérateur historique Orange Sonatel.
La marge des transferts de fonds sur le territoire national est faible par rapport aux transferts internationaux. Avec une forte diaspora établie en Europe et ailleurs, les montants envoyés au Sénégal sont la principale source de revenus d’une grande partie de la population.
Malgré la fréquence des envois et une faible implémentation des start-ups africaines dans les pays à forte concentration de la diaspora, les frais de transfert d’argent vers l’Afrique restent très élevés. C’est ce qu’indique un rapport de l’ONG britannique Overseas Development Institute (ODI).
D’après ODI, ces frais s’élèveraient à 1,8 milliards de dollars (1,3 milliards d’euros) par an. Dans le rapport, on peut lire «l’Afrique subsaharienne est la région la plus pauvre au monde mais elle fait face aux frais de transfert les plus élevés(…)».Joni_Joni_1
Cependant, Wari et Joni Joni ne lésinent pas sur les budgets de communication publicitaire pour survivre à cette rude concurrence. Mais un autre concurrent et pas des moindres s’apprête à entrer dans la danse.
Depuis son entrée en Bourse, le 18 mai 2012, et le fiasco qui s’en est suivi, la star des réseaux sociaux, Facebook, multiplie les acquisitions pour diversifier ses sources de revenus. Cette fois-ci c’est dans le domaine des services financiers.
D’après Financial Times, Facebook a entamé des discussions avec la banque centrale d’Irlande et des start-ups anglaises spécialisées dans le transfert de fonds telles TransfertWire, Azimo,… en vue de lancer un service de transfert d’argent à l’international. L’objectif serait de mettre en place un service de stockage et de transfert d’argent en ligne.
Avec un taux de bancarisation très élevés en Europe, Facebook cible les pays en développement en Asie et en Afrique. Au Sénégal où le nombre d’utilisateurs dépasse 1 million, Facebook pourrait offrir ses services de transfert d’argent à une clientèle présente sur le réseau social et établie en Europe.
Le réseau social de Mark Zuckerberg a déjà une expérience dans le domaine des transactions financières. Selon la Securities and Exchange Commission (SEC) des Etat Unis, le volume des transactions financières engendrées par les jeux vidéo et la publicité est de 2,1 milliards de dollars en 2013. En touchant des commissions de l’ordre de 30%, Facebook augmente ses revenus de 10%.
Le réseau a lancé l’initiative Internet.org dont l’objectif est de rendre Internet accessible aux deux tiers de la population mondiale qui ne sont pas encore connectés, et d’offrir à tous les mêmes opportunités que celles dont jouit le tiers connecté aujourd’hui. C’est dans ce sillage que le réseau social a mis en place Connectivity Lab dont le but est de trouver des solutions (drones solaires) d’accès à internet dans les régions qui n’y ont pas accès.
Si ces projets de Facebook se concrétisent, ce seront les entreprises africaines qui subiront de plein fouet la mondialisation qui risqueront de disparaître. La compétitivité exige l’innovation, c’est cette ligne directrice qui a guidé le réseau social depuis une chambre d’étudiant jusqu’à devenir un géant qui pèse plusieurs milliards de dollars.Les start-ups africaines ne l’ignorent certainement pas, la clé de la réussite c’est l’innovation.
Source : Financialafrik
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