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Transition au Burkina Faso : les émoluments des députés du CNT, jugés «faramineux»

Transition au Burkina Faso : les émoluments des députés du CNT, jugés «faramineux»

Les émoluments des députés du Conseil national de transition (CNT) au Burkina Faso sont jugés «faramineux et inacceptables» par la plupart des citoyens burkinabè, a constaté Les Echos à Ouagadougou, à travers des débats sur la question.

Les débats sur les émoluments des députés du Conseil national de transition vont bon train à Ouagadougou. Lors d’une émission télévisés de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), le jeudi 8 janvier dernier, il est ressorti que chacun des 90 députés membres du CNT a touché, le mois passé, un émolument de 1 778 000 francs CFA. Cette somme serait composée du salaire mensuel de 753 000 FCFA, d’une indemnité de 20 000 FCFA par jour de session (session unique de 10 mois), des frais de santé de 85 000 FCFA, des frais de carburant de 230 000 FCFA et des frais de secrétariat qui s’élèvent à 113 000 FCFA. En outre, l’on a appris au cours des échanges de l’émission télévisée, que ces émoluments sont exempts d’impôts.

Depuis que le montant des émoluments a été communiqué au cours de l’émission télévisée, cela a laissé libre cours à toutes sortes de commentaires (des plus modérés au plus acerbes) à l’endroit des députés. Dans les causeries, à travers la presse comme à travers les réseaux sociaux, des voix se lèvent pour critiquer ces «salaires exorbitants et inacceptables». La plupart des intervenants trouvent que ces émoluments sont très élevés et proposent leur revu à la baisse car, soutiennent-ils, ces députés n’ont rien fait pour mériter de tels salaires. Certains observateurs avancent que le contexte dans lequel le CNT a vu le jour, ne sied pas pour que les députés de cet organe s’octroient des gros salaires alors que le peuple burkinabè, dans sa majorité, croupit dans la misère. D’autres pensent que les députés de la transition doivent donner l’exemple en réduisant le train de vie de l’Etat longtemps décrié sous l’ancien régime dirigé par Blaise Compaoré.

Revu à 880 000 FCFA/mois

Au cours d’une conférence de presse, le samedi 10 janvier 2015, il est ressorti que désormais, chacun des membres du CNT va coûter au contribuable burkinabè, la somme de 880 000 FCFA par mois. « Convaincu que le sacrifice des martyrs a été fait au service d’une meilleure gouvernance et d’une refondation des valeurs et principes démocratiques de notre pays, nous, membres du CNT, avons décidé de renoncer à nos indemnités spéciales de session et de servir en lieu et place des émoluments, un montant mensuel unique après impôts, de 750 000fcfa et une dotation en carburant de 130 000f », a déclaré le 1er vice président du CNT Honore Nombré, lors de la conférence de presse.

Les députés reconnaissent avoir reçu chacun, le mois passé, des enveloppes contenant des sommes diverses. Il s’agit notamment, des émoluments de 753 000 F CFA, auxquels s’est ajoutée une indemnité forfaitaire mensuel de 300 000 F CFA, soit un montant total de 1 053 560 F CFA. En plus de cette somme, les députés disent avoir obtenu une dotation en carburant d’une valeur de 200 000 F CFA et un rappel des 4 jours de session du mois de novembre, soit 140 000 F CFA et 20 000 F CFA d’indemnité de session pour 17 jours, soit 340 0000 F CFA. Le montant total varierait entre 1 200 000 et 1 700 000 F CFA, selon les calculs. Une somme qui n’est pas très éloignée de 1,778 million de FCFA annoncé par Alexandre Sankara, lors de l’émission télévisée.

Bientôt un observatoire national de la pauvreté

A entendre le 1er vice président du CNT, les montants perçus par les députés en décembre, n’étaient pas définitifs. Pour lui, ces émoluments ont été revus à la baisse, comparativement à ceux des députés de l’ex- Assemblées nationale (AN). Et de poursuivre que le budget alloué au CNT est de 8,2 milliards de F CFA, contre 17,9 milliards de F CFA initialement prévus pour l’ex-AN.

Les membres du CNT, par la voie des conférenciers, disent avoir attendu le mécontentement qui secoue l’opinion nationale. «Le CNT est conscient qu’il existe par le peuple et pour le peuple », a reconnu Honoré Nombré. Et d’ajouter que l’institution envisage une proposition de loi visant la mise en place d’un observatoire national de la pauvreté et des inégalités.

Le Conseil national de la transition (CNT) a été créé, après l’insurrection populaire de fin octobre dernier qui a conduit à la dissolution de l’ex-Assemblée nationale dont le siège a été brûlé. Le CNT, tout comme le gouvernement de transition, a un mandat d’une année. Il prend fin à l’issue des élections prévues pour novembre 2015.

Alex KONE
Pour Les Echos du Faso

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