Accueil / International / Trump s’attaque déjà aux mesures phares d’Obama

Trump s’attaque déjà aux mesures phares d’Obama

Trump s’attaque déjà aux mesures phares d’Obama
Donald Trump dans le bureau ovale, entouré du vice-président Mike Pence (gauche) et de son conseiller Reince Priebus (droite). - Evan Vucci/AP/SIPA

Investi vendredi, Donald Trump a lancé sans tarder son combat contre l’Obamacare, les normes environnementales et les traités de libre-échange.

A LIRE AUSSI...
« L’heure de l’action a sonné ! » C’est par ces mots que Donald Trump a pris le pouvoir , vendredi, au moment même où la pluie commençait à s’abattre sur le Capitole à Washington. La tradition veut que le nouveau locataire de la Maison-Blanche profite de la passation pour rendre hommage à son prédécesseur. Mais rien de tel avec Donald Trump : le milliardaire n’a pas eu de mots assez durs pour dénoncer le bilan de Barack Obama – celui-ci encaissant sans ciller à quelques mètres de là.

« Le carnage, c’est terminé », a lancé le nouveau président. Entre désindustrialisation, criminalité et drogue, il a dépeint une Amérique qui délaisse les familles de la classe moyenne pour enrichir l’élite de Washington. « Nous allons transférer les pouvoirs de Washington à vous, le peuple ! A partir de ce jour, ce sera l’Amérique d’abord ! » a-t-il lancé aux centaines de milliers de personnes venues l’acclamer – « un million et demi » selon lui, de deux à trois fois moins selon les médias.

Un dispositif alternatif

Le nouveau président est passé à l’action moins d’une heure après son investiture, en signant une dizaine de décrets présidentiels sous l’oeil des caméras, dans un Bureau ovale déjà légèrement redécoré. « Il veut montrer qu’il peut s’affranchir de l’immobilisme qui caractérise Washington depuis des années », estime Julian Zelizer, professeur à Princeton. Donald Trump a donc choisi de s’attaquer en priorité à des symboles comme l’Obamacare, la réforme de la santé mise en place par Barack Obama et qui a permis d’assurer 20 millions de personnes. Tout au long de la campagne, Trump avait promis de revenir sur cette réforme, « un désastre complet » à ses yeux. Celle-ci est aussi très contestée par son électorat, pour qui elle s’est traduite par une augmentation des primes d’assurance et des franchises.

Le décret signé vendredi se contente toutefois de poser un principe, puisqu’il faudra une loi au Congrès pour abroger le « Patient Protection and Affordable Care Act ». En attendant, Trump a demandé aux agences fédérales d’utiliser tous leurs pouvoirs pour « renoncer, différer, ou faire des exceptions » afin de retarder ou perturber le plus possible l’application de ce texte entré en vigueur en 2014, et qui oblige les Américains à souscrire une assurance-santé. Les élus républicains sont donc chargés d’imaginer un dispositif alternatif.

Rénégocier les traités

Parallèlement, son équipe a ordonné un gel de tous les projets de réglementation en cours – une décision ordinaire pour un nouveau gouvernement. Le président devrait rapidement s’attaquer aux réglementations de protection de l’environnement, accusées de brider la croissance et le développement des énergies fossiles dont le pays regorge. « Nous devons tirer parti des quelque 50.000 milliards de dollars de ressources inexploitées de gaz et de pétrole de schiste, surtout celles se trouvant sur les terres fédérales qui sont la propriété du peuple américain », a expliqué la Maison-Blanche. Preuve que le président méprise la conscience écologique de son prédécesseur, il a fait supprimer du site Internet de la Maison-Blanche toutes les références au changement climatique.

Enfin, Donald Trump veut au plus vite revoir les accords de libre-échange, à commencer par le TPP (Partenariat transpacifique), tout juste négocié par l’administration Obama et duquel les Etats-Unis vont se retirer. La Maison-Blanche a annoncé aussi que les Etats-Unis quitteraient l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), qui les lie au Mexique et au Canada (lire ci-dessous), s’ils n’arrivent pas à le renégocier. Une lettre de renégociation pourrait être envoyée rapidement à ces deux pays.

Lucie Robequain
lesechos

Aller en haut