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Tunis capitale africaine de la Blockchain

Tunis capitale africaine de la Blockchain

La capitale tunisienne accueillera du 11 au 14 mai l’Africa Blockchain Summit, un événement unique et pionnier en Afrique dédié à la Blockchain et son potentiel disruptif, autant pour les Banques Centrales que pour le système financier dans son ensemble. Si la blockchain fait beaucoup parler d’elle, à travers les cryptomonnaies, Bitcoin, Ripple, Ethereum, Dash, NEO, etc. son potentiel dépasse très largement ce cadre. La Blockchain permet en réalité de créer, stocker et diffuser n’importe quel type de transaction, financière ou pas, avec une grande sécurité et fiabilité sans l’intervention d’une autorité centrale et sans risque de manipulation ou de violation de la transaction ou information enregistrée.

Le défi est donc de taille pour les autorités financières, comme pour l’industrie financière dans son ensemble. Le déploiement d’une telle technologie toucherait le cœur des systèmes d’information, d’organisation et de création de valeur des institutions financières – banques, sociétés de gestions, infrastructures de marchés, etc.-. Conscients de l’enjeu de cette technologie, de l’impact potentiel sur leurs activités et du risque qu’elle peut faire peser sur leur business model, et donc sur leurs revenus, les acteurs financiers sont fortement mobilisés pour la maîtriser et en comprendre les tenants et aboutissants.

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C’est dans ce contexte que la Banque Centrale de Tunisie, Paris EUROPLACE et le Groupe Talan ont souhaité organiser l’Africa Blockchain Summit, avec pour objectif de contribuer aux réflexions et travaux en cours au niveau mondial sur la Blockchain, en proposant dans une perspective régionale une grille d’analyse et de compréhension de cette technologie.

Pour atteindre cet objectif, l’idée à été de réunir l’ensemble de l’écosystème concerné par la Blockchain à commencer par les Banques centrales africaines, mais également internationales, la Banque de France, celle du Canada, etc., ainsi que les grandes institutions internationales, la Banque Mondiale, la Banque des Règlements Internationaux, le Fonds Monétaire Arabe ; les établissements bancaires et financiers, les bourses, les providers d’infrastructures de marchés, ainsi que les nouveaux acteurs de la finance digitale, fintechs, technos et telecos.

Pour aborder le sujet dans sa globalité, avec une vision 360°, trois temps forts sont prévus au programme :

  • Une conférence institutionnelle réunissant les banques centrales et institutions financières internationales : Béchir Trabelsi, Directeur Général des Réserves et des Marchés à la Banque Centrale de Tunisie souligne que l’importance d’une telle conférence est de « faire entrer l’Afrique dans l’ère du post internet et anticiper sur le caractère disruptif de cette technologie qui offre à l’Afrique une opportunité inouïe pour développer une finance inclusive au service du financement de l’économie et de la croissance ».
  • Des séminaires thématiques qui couvrent l’ensemble des champs de la Blockchain, les smarts contracts, la cryptomonnaie, les fourches, etc. et l’analyse de son potentiel disruptif, autour d’acteurs fintechs de premier plan, Consensys, HPS Worlwide (High Payment System), Ledger, etc. des établissements bancaires, Société Générale, Union Arab Bank, ou encore Euroclear.
  • Enfin, la troisième séquence sera axée sur la recherche et l’innovation, à travers un Hackathon réunissant FinTechs, académiciens, chercheurs et développeurs autour d’un défi Blockchain, en lien avec des préoccupations opérationnelles. Sur plus de cinquante équipes ayant candidaté, seules quinze ont été retenues pour le concours final, qui se tiendra sur 36 heures non-stop. Behjet Boussofara, Directeur général de Talan Tunisie souligne que « le succès qu’a rencontré le Hackathon auprès des opérateurs tunisiens et internationaux témoigne de l’importance de l’enjeu de la blockchain, domaine dans lequel la Tunisie dispose d’un réel savoir-faire à l’image de celui de l’Innovation Factory de Talan Tunisie, qui travaille depuis déjà plusieurs mois sur des PoC « proof of Concept », pour des banques centrales et grandes institutions financières internationales ».

Le Sommet sera l’occasion de lancer plusieurs initiatives :

  • un Proof of Concept PoC développé par la Banque Centrale de Tunisie et répondant à un usage opérationnel et concret.
  • un livre Blanc sur le déploiement de la Blockchain en Afrique, qui s’appuiera sur les conclusions et débats, ainsi que sur les expériences des banques centrales et institutions internationales participant à l’Africa Blockchain Summit.

Un tel événement, porté notamment par une banque centrale africaine, impliquant acteurs financiers africains et internationaux de la blockchain, permet à l’Afrique d’apporter son point de vue et son analyse aux travaux et expérimentations menés au niveau mondial sur la Blockchain. Comme dans le domaine des solutions des paiements et le transfert de fonds, l’Afrique pourrait devenir le laboratoire mondial de la Blockchain, dès lors qu’elle se sera appropriée cette technologie.

Il est clair qu’au niveau mondial, des travaux, réflexions et expérimentations ont été lancés par des banques centrales, avec par exemple un registre des identifiants créanciers SEPA en France, des solutions de paiement et règlement livraison au Japon, ou encore un système de transfert de paiements de grande valeur au Canada, etc.

Les institutions financières banques, assurances, sociétés de gestion sont également fortement engagés dans cette dynamique, avec de nombreuses expérimentations et applications opérationnelles très prometteuses, mais également fortement disruptive. Les nouveaux acteurs de la finance, le FinTechs, les Technos et Teleco testent également cette technologie qui, si elle confirme pleinement son potentiel, devrait transformer en profondeur le système financier dans son ensemble.

Karim ZINE-EDDINE

agenceecofin

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