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TUNISIE: Dépôts bancaires – Attijari bank devient la deuxième banque privée du pays

TUNISIE: Dépôts bancaires – Attijari bank devient la deuxième banque privée du pays

L’intermédiaire en Bourse Tunisie Valeurs a publié une analyse sur les réalisations des banques cotées à la Bourse de Tunis après la publication par ces derniers de leurs indicateurs d’activité relatifs au premier semestre de l’année en cours.

Les dépôts

La collecte bancaire a enregistré une légère croissance sur le premier semestre de l’année de 2,4% à 48,134 milliards de dinars. Cette tendance traduit la poursuite des tensions sur la liquidité bancaire. Un constat, également, relevé dans la dernière publication de la BCT qui souligne un accroissement des besoins de refinancement des banques.

Après une année 2015 difficile, l’UBCI affiche la meilleure progression du secteur (+15,2%), franchissant le cap de 2 milliards de dinars. La collecte de la banque a été, essentiellement, portée par les dépôts à terme (+43% à 445 millions de dinars).

Le premier semestre 2016 a été un bon crû pour Attijari Bank. La banque poursuit sa percée commerciale hissant sa part de marché à 10,8%. Avec un encours de dépôts de 5,2 milliards de dinars, la filiale du groupe Attijariwafa bank détrône pour la première fois Amen Bank, devenant, ainsi, la deuxième banque privée du pays.

Avec une part de marché de 17,3% à fin juin, la BIAT maintient son leadership en termes de dépôts. La collecte de la banque continue à être alimentée par les ressources les moins onéreuses (49% provenant des dépôts à vue) et lui laisse une plus grande marge de manœuvre au niveau de son taux de sortie.

Mauvaise surprise pour la BNA qui accuse une décollecte de 1,7% pénalisée par la baisse des dépôts à vue (-7% à 1,6 milliard de dinars). La banque publique se maintient, néanmoins, en deuxième position en termes de dépôts avec un encours total de 6,1 milliards de dinars.

Les crédits

Malgré une conjoncture en berne, l’évolution des crédits reste positive et supérieure à celle du PIB (+1% en glissement annuel sur le premier semestre). Les encours de crédits du secteur bancaire coté ont progressé de 5,1%, dépassant le cap des 50 milliards de dinars.

Au vu des risques d’impayés grandissants, les banques devraient faire preuve d’une meilleure sélectivité en matière d’octroi de crédits. Rappelons, à cet effet, que le secteur bancaire coté a subi au cours de l’exercice 2015 une dégradation de la qualité de son portefeuille.

L’activité des banques cotées s’est accompagnée d’une augmentation de l’encours total de créances classées de 10%, soit une enveloppe additionnelle de 835 millions de dinars. Par ailleurs, pour assainir leur bilan, les banques cotées de la place ont dû constater des provisions de 586 millions de dinars, absorbant environ 21% de leur PNB.

Avec un taux de couverture moyen de 63.9%, toujours inférieur au seuil recommandé par la BCT, les efforts de provisionnement devraient se poursuivre dans les années à venir.

Récoltant les fruits de son plan de relance, la BH a réalisé une progression de 8,4% de son encours de crédits à 5,8 milliards de dinars, dépassant, d’ores et déjà, l’objectif fixé sur l’année pleine. Le processus de recapitalisation étant définitivement entériné, la banque dispose de bases solides pour atteindre de nouveaux paliers de croissance.

La STB a vu le volume de ses engagements augmenter de 3% à 5,5 milliards de dinars, se maintenant en cinquième place dans le tableau des crédits. Avec un taux de créances classées de 30,3% en 2015 couvertes à hauteur de 67,9%, la banque se veut plus sélective dans la conjoncture actuelle.

A l’instar de l’année 2015, le premier semestre de l’année en cours s’est inscrit sous le signe de la consolidation pour Amen Bank (baisse des crédits de 0,4% à 5,9 milliards de dinars). A noter que les dernières prévisions publiées par la banque laissent entrevoir une accélération de la croissance dans les prochaines années pour atteindre un volume de crédits de 7,9 milliards de dinars, à l’horizon 2020.

Passant par une phase de transformation, la WIB a affiché une baisse de ses engagements de 5,8% à 246 millions de dinars. La banque islamique n’a pas encore démarré son activité de collecte et poursuit, jusqu’à présent, une politique de distribution mono-produits axée sur le leasing islamique ( le produit Ijara).

Le PNB

Sur les six premiers mois de l’année, le PNB du secteur a enregistré une croissance solide de 10,1% à 1,5 milliard de dinars, profitant d’une activité bien orientée pour toutes les banques de la cote. A l’image des deux exercices précédents, cette évolution a été, alimentée par les revenus de placements et, dans une moindre mesure, par les commissions.

Confrontées à un effet ciseau : (1) renchérissement du coût des ressources (Stabilité du TRE et surenchère sur les taux), (2) baisse du taux de sortie induite par le glissement du TMM, les banques tunisiennes misent sur d’autres ressources pour accroître leur PNB.

En témoigne la baisse du poids de la marge d’intérêt (-1,6 point) au profit de la marge sur commissions (+4,3 points) et des revenus de portefeuille (+6.4 points).

Avec une avancée de 13% à 119 millions de dinars, l’UIB confirme sa bonne dynamique de croissance. Recapitalisée à hauteur de 150 millions en 2014, la banque se veut aujourd’hui plus agressive sur le marché, notamment en matière de commissions (hausse de la marge sur commissions de 6,6 points de taux sur le premier semestre).

L’assainissement majeur finalisé, la filiale du groupe Société Générale, figure aujourd’hui parmi les banques les plus saines et les plus rentables de la place (ROE de 21% et taux de créances classées de 9,9% couvertes à hauteur de 79,6%).

Avec une part de marché de 18,5%, la BIAT est incontestablement la première banque de la place. Sur le premier semestre de l’année, la banque a activé le levier des produits de placements (+43% à 75 millions de dinars) pour booster son PNB. Notons que depuis août 2016, la BIAT est devenue la première capitalisation du secteur, devant la BT.

Attijari Bank poursuit son ascension et signe une progression de son PNB de 10% à 153 millions de dinars. Si les revenus de la banque restent majoritairement dominés par la marge d’intérêt (41,8%), l’optimisation du coût des ressources lui permet d’afficher un des spread d’intérêt les plus élevés du secteur (un spread de 3,6% contre une moyenne sectorielle de 2,9%).

L’activité de la BT a été, également, bien orientée. Le PNB de la banque est ressorti en hausse de 9.6% à 115 millions de dinars grâce, notamment, à la bonne tenue de la marge d’intérêt (+9,8% à 61 millions de dinars). L’activité de crédit classique continue, en effet, à dominer la structure du PNB de la banque comparativement à la moyenne du secteur (52,8% pour la BT contre 48,2% pour le secteur).

Département Recherches & Etudes

Rym GARGOURI BEN HAMADOU

Lilia KAMOUN TURKI

Hamza BEN TAARIT

Asma BEN SALAH

ilboursa.com

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