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Tunisie : quand la mobilisation sociale ne fait pas les affaires du phosphate

Tunisie : quand la mobilisation sociale ne fait pas les affaires du phosphate

Après Gafsa, Gabès, Sfax, c’est le gouvernorat de Sidi Bouzid qui pourrait assister à la paralysie des industries utilisant le phosphate du fait des mobilisations sociales. Mercredi, des manifestants réclamant travail et développement pour leurs délégations (Mazzouna, Meknassi, Menzel, Bouzayane) ont bloqué le trafic ferroviaire entre Sfax et Tozeur au niveau de la région de Founi.

Ce type de manifestations tend à devenir la règle dans ces régions où les habitants se plaignent de souffrir des nuisances lièes au phosphate sans en jouir des avantages. Cet agacement se traduit par des sit-in, des insurrections qui perturbent l’activité industrielle construite autour du phosphate. Entre revendications pour l’emploi, pour le développement et pour la protection de la nature, les plaintes fusent dans tous les sens.

En 2015, le premier semestre de l’année a été difficile pour l’entreprise Alkimia située à Gabès. Spécialisée dans la production et l’exportation de Tripolyphosphate de Sodium (STPP), la société a enregistré une baisse de 23% de son chiffre d’affaires à cause des sit-in contre la pollution du bassin minier de Gafsa et à Gabès, qui ont empêché son approvisionnement en phosphate brut.

Au début de cette année, 3000 personnes ont protesté dans la grande ville de Sfax exigeant l’application de la décision de fermer la Société industrielle d’acide phosphorique et d’engrais « qui pollue l’environnement depuis trop longtemps » selon les habitants.

A Gafsa, comme à Sidi Bouzid, le chômage est la principale cause de protestation. Et les grandes perdantes sont la Compagnie des phosphates de Gafsa et son allié le Groupe Chimique tunisien qui exploitent le phosphate tunisien afin de produire de l’engrais chimique ( TPS, STPP…) qui assure le gros de l’activité minière et industrielle de cette région.

La contagion pourrait aisément gagner Sidi Bouzid selon les experts. Ce matin, les protestations ont enflé malgré les efforts des autorités pour pacifier le dialogue social mais rien n’y fait. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir des entreprises dépendantes du phosphate dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

Stéphanie C. TOHON
agenceecofin.com

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