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Twitter : la crise relance les rumeurs de rachat

Twitter : la crise relance les rumeurs de rachat

Le départ du directeur général de Twitter Dick Costolo relance les spéculations sur un rachat par un concurrent. Le modèle économique peine à convaincre les marchés.

L’oiseau gazouillant serait-il devenu une proie ? Le départ surprise jeudi soir du directeur général de Twitter, Dick Costolo, a remis une pièce dans la machine et relancé les spéculations autour d’un éventuel rachat par un concurrent.

L’entreprise semble en effet particulièrement vulnérable au lendemain de ce remaniement dont l’issue est encore incertaine, puisque c’est le cofondateur de Twitter Jack Dorsey qui assure l’interim. Ces derniers mois, des rumeurs d’approche par des géants de la tech ont circulé, dopant le cours de Twitter malgré les démentis. Au point que certains actionnaires sont entrés dans le jeu : Chris Sacca,investisseur de longue date dans Twitter, avait ainsi estimé début juin sur CNBC que l’entreprise serait une « cible parfaite » pour Google. « Ce serait une formidable façon pour Google d’utiliser son cash. C’est le genre d’outil que Google n’a jamais eu, ils n’ont jamais rien compris aux réseaux sociaux ». Et, de fait, des discussions ont déjà eu lieu par le passé : Jack Dorsey avait envisagé en 2008 de céder ce qui n’était alors qu’une start-up à Facebook pour 500 millions de dollars…

Des fragilités visibles

Depuis, les dirigeants n’ont cessé d’affirmer que Twitter pouvait continuer sa route en solo. Mais le départ de Dick Costolo a rendu visibles certaines de ses fragilités. A commencer par son modèle économique, critiqué par les analystes depuis plusieurs mois. « Twitter a développé une marque très forte, connue mondialement, mais n’a pas réussi à suffisamment capitaliser dessus pour développer des revenus », résume Brian Blau, chez Gartner. Les revenus publicitaires de Twitter progressent ainsi moins vite que par le passé. Et l’entreprise a plus de mal à recruter de nouveaux utilisateurs – leur progression est moins rapide que chez ses concurrents Snapchat ou Instagram. « Près d’un milliard d’utilisateurs ont essayé Twitter et ne sont pas revenus », pointait l’investisseur Chris Sacca, dans une tribune publiée sur son site début juin.

Twitter largement surévalué

Les premières déclarations de Jack Dorsey, qui a réaffirmé la stratégie de son prédécesseur, n’ont guère rassuré. « C’est vraiment étrange de continuer à dire que la stratégie est la bonne, s’est étonné Ben Schachter, analyste chez Macquarie, cité par Bloomberg. Ils n’ont plus beaucoup de crédibilité ». Aux yeux de nombreux experts, Twitter, qui pèse près de 24 milliards de dollars en Bourse, est très surévalué.

Contrairement à d’autres géants de la tech, Twitter est enfin fragilisée par sa structure financière. Elle ne dispose que d’une seule classe d’actions, plaçant ainsi ses fondateurs au même plan que n’importe quel actionnaire. Ceux-ci n’ont pas de droit de veto en cas d’OPA.

Elsa Conesa / Correspondante à New-York
lesechos.fr

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