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TWITTER : Les opérateurs jouent pleinement le rachat de la société

TWITTER : Les opérateurs jouent pleinement le rachat de la société

Le 30 août dernier lors d’une interview sur Bloomberg TV, Evan Williams (l’un des co-fondateur du site) a d’abord refusé de commenter lorsqu’on lui a demandé si Twitter pouvait rester une société indépendante. Il a cependant poursuivi en disant: «Nous sommes dans une position où en tant que membre du conseil d’administration, nous devons considérer les bonnes options au milieu des spéculations en cours car Twitter est bien une cible d’acquisition”. Il n’en fallait pas plus pour attiser à nouveau les convoitises sur le site de micro-blogging toujours en difficulté. Chaque rumeur fait bondir aussitôt les cours, signe de l’agitation et l’excitation des investisseurs qui entourent cette société.

Dans la foulée de ces propos, le titre a effectivement grimpé de 5.8%, soit sa meilleure performance en deux semaines, et le nombre de contrats “calls” en cours a atteint au 31 août 1,34 million de “call Open Interest”, le plus haut niveau depuis janvier !

Les rumeurs vont bon train depuis des mois sur le devenir de Twitter. Son niveau de cotation fin janvier (à son plus bas historique de l’époque autour des 15,5 dollars) en faisait une possible proie à acquérir. La compagnie avait en effet perdu près de 30% de sa valeur sur les 3 premières semaines de l’année. Au regard de ces éléments, il n’en fallut guère plus pour faire naître des bruits de couloir:

- La société News Corp, géant des médias appartenant à Ruper Murdoch, a dû démentir une quelconque volonté de racheté la société en début d’année.

- L’investisseur Marc Andreessen et le fonds Silver Lake Partners ont tenté en février 2016 de s’associer pour racheter ou restructurer l’entreprise. Cette rumeur avait fait bondir l’action de 10%.

- Google par le biais de sa maison mère Alphabet, fait également partie des noms souvent évoqués pour dévorer l’oiseau bleu. Hors au regard de la capitalisation boursière de Twitter (moins de 14 milliards de dollars) et le trésor de guerre de près de 80 milliards de dollars de Google, c’est un sérieux candidat qui se dessine.

La dernière rumeur en date, celle du début août, ou certains verraient bien l’ancien directeur de Microsoft Steve Ballmer et le prince d’Arabie Saoudite Al-Waleed bin Talal racheter Twitter. Ces derniers sont déjà actionnaires de la société avec un peu moins de 4% des parts pour le premier et 4.94% pour le second. Cette rumeur aura au moins eu le mérite de faire remonter le cours de l’action également de 10% le 3 et 4 août 2016.

En réalité, le cours de l’action est descendu sous les 14 dollars en début d’été (zone support testée à de multiples reprises). Les analystes estiment que la société est dans une zone de “cible potentielle” vers ces niveaux de prix. En effet, dans cette hypothèse la capitalisation boursière de Twitter serait sous les 10 milliards de dollars ( contre 13,8 milliards actuellement). 



Le marché des options en effervescence

Quoi qu’il en soit, les opérateurs et investisseurs ont fait leur choix. Sur ces dernières semaines écoulées, ils se placent majoritairement à l’achat d’options ‘call’. Il est en effet possible de suivre l’activité du marché des options sur l’action Twitter avec les contrats les plus actifs et la volatilité implicite qui en découle.
Les options “calls” ont grimpé par rapport aux “puts” durant les mois précédant le récent commentaire du co-fondateur Evan Williams. S’agissant du nombre de contrats en cours, plus il est élevé, plus l’engagement des investisseurs est net en vue d’un résultat escompté. Un haut niveau est l’indication d’un signal haussier.
Au regard de la volatilité implicite – différence entre les calls et les puts – l’on peut constater la chereté des options”calls” au plus haut sur un an. En effet, au vu du graphique ci-dessous, la volatilité implicite des “calls” est proche de celle de juin 2015, avec la propagation négative (c’est à dire la différence en pourcentage de la volatilité). C’est un autre élément avant coureur d’un signal haussier sur le titre Twitter ou les investisseurs pensent que l’acheteur va devoir payer une prime pour la société de micro blogging.
Selon certains analystes, le rachat de LinkedIn par Microsoft récemment ne serait pas étranger à la hausse marquée du titre Twitter ces dernières semaines (+24% depuis le 29 juillet). Selon Business Insider, “les investisseurs de Twitter semblent en réalité plus excités par une potentielle acquisition que par le projet de l’actuel dirigeant de l’entreprise”. Certains professionnels estiment même, comme Robinson Humphrey de SunTrust que les investisseurs donnent six mois à Twitter pour redresser la barre sous peine d’un inévitable rachat dès 2017 !

Sébastien Gatel / zonebourse.com

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