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Twitter licencie avec l’espoir de devenir enfin rentable l’an prochain

Twitter licencie avec l’espoir de devenir enfin rentable l’an prochain

Le réseau social va licencier 9 % de ses effectifs, en espérant dégager ses premiers profits en 2017Ses revenus ont augmenté de seulement 8% sur un an -le pire chiffre qu’il ait jamais publié.

L’heure n’est plus au mariage, mais aux séparations. A défaut d’avoir trouvé un repreneur ces dernières semaines, Twitter a annoncé jeudi la suppression de 9 % de ses effectifs, représentant l’équivalent de 350 salariés. Ils s’ajouteront aux quelque 300 personnes déjà remerciées l’an dernier.

C’est une mesure radicale qui permettra, espère Twitter, de devenir enfin rentable l’an prochain. En dix ans d’existence, le réseau social n’a en effet toujours pas dégagé son premier dollar de profit. Il a perdu encore une centaine de millions de dollars au dernier trimestre, a-t-il annoncé jeudi matin. Et la tendance sera difficile à inverser. Twitter fait en effet partie de ces joyaux internet en pleine phase de décélération. Cela fait neuf trimestres consécutifs que la croissance de ses revenus ralentit. Le chiffre d’affaires qu’il a dégagé entre juillet et septembre (616 millions de dollars) a augmenté de 8,2 % par rapport à la même période de l’année précédente. C’est nettement moins qu’au deuxième trimestre (+20 %) et même la pire performance jamais annoncée depuis son introduction en bourse en 2013.

Une base d’utilisateurs désespérément stable

Très apprécié des journalistes et des célébrités, Twitter peine à élargir son audience au-delà. Sa base d’utilisateurs est ainsi restée désespérément stable depuis le retour du fondateur Jack Dorsey aux commandes du groupe, en juillet 2015. Elle a augmenté de seulement 1,7 % au cours des trois derniers mois. Twitter, qui ambitionnait de devenir le nouveau chouchou des réseaux sociaux, est ainsi largement distancé par la concurrence désormais. Avec 317 millions d’utilisateurs, il fait pâle figure face à Instagram (500 millions d’utilisateurs) et surtout Facebook (1,7 milliard d’utilisateurs).

C’est un gros point noir pour les annonceurs, qui sont tentés d’aller dépenser leur argent ailleurs. Ils reprochent à Twitter d’offrir trop d’informations, mal ciblées, et insuffisamment de services annexes. Ils préfèrent « privilégier des sites présentant de plus larges audiences, des tarifs plus bas et un meilleur ciblage », explique Brian Nowak, analyste chez Morgan Stanley.
Le réseau à l’oiseau a perdu a moitié de sa valeur en bourse au cours des 12 derniers mois

Signe que la défiance augmente, Twitter a perdu presque la moitié de sa valeur en bourse (-45 %) au cours des 12 derniers mois. La défection des potentiels candidats au rachat (Salesforce, Disney, Google, Apple, etc) n’a rien arrangé. Le PDG Jack Dorsey s’est d’ailleurs bien gardé d’évoquer cet échec jeudi matin. « Ma priorité est de maximiser la valeur de l’entreprise pour les actionnaires », s’est-il contenté d’indiquer.

Il compte se recentrer, pour cela, sur quelques axes phares, au premier rang desquels la vidéo et la retransmission en direct de grands événements sportifs. « Nous avons l’intention d’investir pleinement dans nos priorités absolues, tout en accordant moins d’importance à certaines initiatives», a-t-il indiqué jeudi matin, sans donner plus de détail. Il vient de dépenser 10 millions de dollars pour retransmettre des matchs de football américain, et atteindre ainsi une audience qui lui était restée largement inaccessible jusqu’alors : les jeunes fans de sports. Mais le premier duel entre les New York Jets et les Buffalo Bills n’a attiré que 250.000 abonnés Twitter – très loin des 15 millions qui ont préféré allumer leur télévision.

Lucie Robequain
lesechos

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