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UberPop suspendu en France à partir de 20 heures

UberPop suspendu en France à partir de 20 heures

Le directeur général d’Uber France Thibaud Simphal a annoncé la suspension de son service dans un entretien au « Monde ».

Finalement, Uber a plié. Dans un entretien au « Monde » vendredi, le directeur général d’Uber France Thibaud Simphal annonce la « suspension » d’UberPop à partir de 20 heures, le 3 juillet. Le dirigeant souhaite protéger les conducteurs, victimes de violences de la part de chauffeurs de taxis ces dernières semaines. Thibaud Simphal veut également montrer une autre image, plus apaisée, en contraste total avec son habituelle provocation . « Nous souhaitons nous situer dans un esprit d’apaisement, de dialogue avec les pouvoirs publics et montrer que l’on prend nos responsabilités », affirme-t-il au « Monde ». Dans un communiqué, Uber considère la suspension du service comme une « journée noire pour les 500 000 utilisateurs réguliers d’UberPop en France ».

Cette décision ne porte cependant pas sur le fond de la polémique. « Sur le fond, nous nous en remettons à la décision du Conseil constitutionnel attendue en septembre sur l’article de la loi Thévenoud concernant UberPop », explique Thibaud Simphal. La loi Thévenoud, votée en septembre 2014, réglemente les Voitures de Transport avec Chauffeur (VTC) et impose notamment aux conducteurs de VTC de ne pas stationner près des gares et aéroports et leur interdit d’être géolocalisés. Les chauffeurs de VTC ont également une obligation de formation de 250 heures, ce qui les profesionnalise, contrairement aux chauffeurs d’UberPop qui ne sont que des simples particuliers.

Uber veut aider les chauffeurs UberPop à devenir VTC

Concernant les chauffeurs UberPop, le directeur général d’Uber France s’est voulu rassurant. « Notre priorité est maintenant de trouver un moyen de remettre ces milliers de conducteurs sur la route. », affirme-t-il. « C’est vital pour eux et leur famille. On va les aider dans la course d’obstacles pour devenir VTC [véhicule de transport avec chauffeur]. Parce que les faits démontrent que la réglementation ne fonctionne absolument pas. »

Cette « course d’obstacle » est également attaquée par Uber dans un communiqué. « Devenir chauffeur de VTC est aujourd’hui une véritable course d’obstacles. Autrefois, il suffisait de deux semaines pour obtenir la licence et commencer à travailler ; aujourd’hui, nous recensons pas moins de 12 000 partenaires qui ont effectué toutes les démarches nécessaires et attendent leur licence », explique l’entreprise.

Des propositions concrètes

Sur ce sujet, Uber propose de ne plus demander un nombre d’heures pour être VTC mais une simple réussite à un examen. L’entreprise souhaite ainsi abaisser le coût de cette formation, qui avoisinerait les 6.000 euros. Deuxième proposition : déroger à l’obligation pour les chauffeurs de VTC de disposer d’une capacité financière de 1 500 euros, « alors que l’on parle de jeunes de banlieues, [ou] de personnes éloignées de l’emploi ». Enfin, Uber demande au gouvernement d’autoriser l’utilisation de voitures moins luxueuses pour être chauffeur de VTC.

Mais ces propositions ne sont pas nouvelles. L’entreprise dit ainsi les avancer « depuis deux ans ». Elles arrivent également peu après l’annonce du passage en correctionnel de Thibaud Simphal et du directeur pour l’Europe de l’Ouest, Pierre-Dimitri Gore-Coty le 30 septembre prochain .

lesechos.fr

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