dimanche 08 décembre 2019
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UE-Afrique : une « coalition business Afrique » pour fédérer les patronats

UE-Afrique : une « coalition business Afrique » pour fédérer les patronats
Pour mieux tirer profit de son attractivité, l’Afrique sollicitée par divers pays et blocs régionaux devra faire des choix concertés et coordonnés dans ses partenariats. Face à l’enjeu, la Confédération générale des entreprises du Maroc propose une coalition business Afrique, créée dans la foulée du Sommet d’Affaires UE-Afrique. Un nouveau cadre de dialogue et d’échanges entre entrepreneurs du Continent, à l’heure de la mise en place de la Zleca.

A Marrakech, des patrons africains ont créé la Coalition business Afrique (CBA), une task force panafricaine pour mieux unifier leurs actions, visions et stratégies, à l’initiative de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). La décision a été prise lors d’un business dialogue réunissant des présidents et représentants de patronats africains – en marge de la deuxième édition du sommet d’Affaires Union européenne-Afrique du 28 au 29 novembre à Marrakech. L’idée est de donner une nouvelle impulsion aux relations entre les communautés d’affaires du Continent et de renforcer la coopération entre les patronats du Continent. La Coalition Business Afrique compte aussi instaurer un dialogue avec l’association patronale européenne Busines Europe (promotrice des patrons du privé auprès de l’UE),  définir les étapes de son développement et mettre en œuvre une feuille de route.

La CBA prévoit de s’ouvrir à l’ensemble des acteurs économiques privés africains afin de porter leur voix et de défendre leurs intérêts face aux institutions africaines et internationales, a déclaré Laaziz El Kadiri, président de la Commission diplomatie économique, Afrique et Sud-Sud. Il s’agit selon lui de « travailler en synergie pour créer une force de proposition pour l’Afrique et face aux institutions internationales ».

Une coalition facilitatrice

La mise en place de la CBA – un espace de dialogue supplémentaire pour les patronats africains – intervient alors que l’Afrique s’est attelée à la mise en place de la phase opérationnelle de la Zleca. En effet, conformément à la vision de l’Agenda 2063, « l’Afrique que nous voulons » de l’UA, la Zleca devrait couvrir un marché de 1,2 milliard de personnes, soit un PIB de 2 500 milliards de dollars et accroître le commerce intra-africain de 52,3 % en éliminant les droits de douane à l’importation, et le doubler si les obstacles non tarifaires sont réduits. Car selon les projections, l’Afrique comptera 2,5 milliards de personnes à l’horizon 2050 et verra son économie croître deux fois plus rapidement que celle des pays développés.

Projet phare de l’agenda 2063 de l’UA, la  Zleca suscite quelques inquiétudes au sein de pays signataires, faisant que la réussite passera par l’instauration d’un dialogue continu entre les différentes parties du Continent. Ce dernier comporte plusieurs zones commerciales concurrentes qui se chevauchent – CEDEAO à l’ouest, EAC à l’est, SADC au sud et COMESA à l’est et au sud.

« Dans une discussion de partenariat [Sommet d’Affaires UE-Afrique, ndlr] ; il est nécessaire d’être soi-même organisé. Il s’agit de lancer les bases de notre organisation au niveau continental, pour améliorer notre offre de partenariat interne et faire coïncider nos positions à l’Agenda de l’Afrique que nous voulons qui inclut l’industrialisation, le développement des infrastructures, de la formation et du numérique. Maintenant au niveau du secteur privé, nous devons élaborer cette plateforme pour tenir compte de cet agenda africain et faire face à nos partenaires extérieurs », a expliqué Baïdy Agne, président de Conseil national du patronat du Sénégal (CNP).

La coalition business Afrique (CBA), initié par la CGEM, reste de ce fait un espace de dialogue pour harmoniser les positions au niveau Africain, mais aussi pour élaborer des propositions communes et concertées dans le cadre de négociations internationales, comme dans le cas des APE entre l’UE et les pays africains. Et ce, à un moment où l’UE propose de nouveaux instruments financiers au secteur privé des pays ACP, rendant plus que jamais nécessaire l’élaboration d’une réponse africaine concertée dans une perspective globale, incluant la mise en place de la zone de libre-échange africaine (Zleca). Maintenant, le défi reste à convaincre et à faire adhérer les différents patronats des 54 pays du Continent à l’initiative de la coalition business Afrique.

Maimouna Dia
afrique.latribune

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