mercredi 20 janvier 2021
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Un Africain pour diriger l’OMC?

Un Africain pour diriger l’OMC?

C’est aujourd’hui que les Européens doivent se mettre d’accord sur une candidature commune pour la direction de l’OMC. La compétition est officiellement ouverte depuis hier et elle s’annonce déjà très serrée avec l’émergence des prétendants africains, plus déterminés que jamais à décrocher le poste.

Étant donné que l’Europe et les États-Unis trustent les prestigieuses directions du FMI et de la Banque mondiale, l’Afrique jette son dévolu sur l’OMC, avec la conviction qu’il est grand temps que l’un des siens accède enfin à un poste clé de la gouvernance mondiale. Diriger cette instance ne sera pas une mince affaire. Sous le feu constant des critiques de Donald Trump, qui l’a d’ailleurs privé de sa fonction d’arbitrage en refusant de nommer des juges, l’OMC a besoin d’un nouveau souffle, et sa capacité à se renouveler et à se réformer repose en grande partie sur les épaules de celui ou celle qui succédera à Roberto Azevedo. Le Brésilien a accéléré la procédure de sélection en démissionnant un an avant la fin de son mandat. L’Afrique a en réserve plusieurs candidats de premier plan pour relever le défi. On a longtemps parlé de la kenyane Amina Mohamed, l’actuelle ministre des Sports a auparavant géré le portefeuille des Affaires étrangères et elle a été ambassadrice de son pays auprès de l’OMC, mais pour l’instant elle reste silencieuse sur ses intentions.

La nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, candidate, avec le soutien de son gouvernement

C’est la prétendante qu’on n’attendait pas puisque son gouvernement soutenait auparavant l’un de ses directeurs permanents à l’OMC. L’ex-numéro deux de la Banque mondiale, ex-ministre des Finances de son pays, encensée pour son combat contre la corruption n’est pas une experte des questions commerciales mais elle a l’envergure politique pour ce poste, et le rayonnement international pour convaincre. Elle préside en ce moment l’Alliance mondiale pour le vaccin. Elle aurait le soutien de l’Afrique du Sud, mais pas encore de tout le continent. Car un autre poids lourd africain, l’Égypte, soutient l’un de ses ressortissants : Hamid Mamdou, un diplomate rompu aux négociations commerciales puisqu’il a longtemps servi au sein de l’OMC. Le nom du Béninois Eloi Laourou, a également circulé. Si le continent africain veut parvenir à ses fins, il a tout intérêt à s’entendre sur un nom commun, c’est donc maintenant à l’Union africaine de déterminer celui ou celle qui est le mieux placé pour l’emporter.

Pourquoi ce recrutement s’est-il mué en duel entre l’Europe et l’Afrique ?

Parce que les deux continents apparaissent comme les plus intéressés par le poste. Les États-Unis sont en général absents de cette course, ils pourraient toutefois soutenir un candidat australien mais qui n’est pas déclaré pour le moment. Étant donné qu’un Brésilien s’en va, on voit mal un autre pays d’Amérique du sud décrocher le poste, la candidature mexicaine déposée hier parait donc improbable. En Europe, l’Irlandais Phil Hogan, actuel commissaire au Commerce, ancien commissaire à l’Agriculture est partant, il a le pedigree pour la fonction. On saura aujourd’hui s’il a le soutien des Vingt-Sept. Après avoir déjà obtenu six nominations sur neuf, l’Europe pourrait aussi laisser une chance à un candidat africain. Au moment où la guerre commerciale fait rage entre la Chine, les États-Unis, et l’Europe, il ou elle pourrait se prévaloir d’une certaine neutralité. À condition qu’il ait les qualités pour faire preuve d’indépendance. Afin d’éviter des soupçons comparables à ceux qui pèsent sur l’actuel directeur éthiopien de l’OMS, qu’on a jugé pendant la pandémie trop tolérant avec Pékin.

rfi

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