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Un forum international sur le foncier à Dakar

Un forum international sur le foncier à Dakar

Dakar accueille le forum foncier mondial, sous le thème « une gouvernance foncière inclusive et juste pour un développement durable : le temps de l’action. »

La question de la gouvernance foncière est préoccupante et regroupe depuis mardi à Dakar, plus de 700 délégués venus des quatre coins du monde pour en débattre.

« De gros enjeux sous-tendent la question des terres en Afrique », a déclaré Amadou Kanouté, directeur exécutif du CICODEV Africa (Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement), pour qui le phénomène de l’accaparement des terres est réel.

« Nous avons constaté l’ampleur de l’accaparement des terres, particulièrement de l’espace cultivable. 16,45% de ce dernier s’est vu affectés à 17 entreprises privées nationales, en plus des étrangers, » a-t-il affirmé.

Selon les statistiques, environ entre 60 et 70 % de la population africaine vit d’agriculture au moment où l’expropriation des terres aux paysans fait rage sur le continent. « Quand nous parlons des questions foncières nous parlons de la vie des femmes, des jeunes et des pasteurs, des producteurs. Dès lors, il faut trouver des solutions en faveur des pauvres, car il y a parfois des conflits entre les investisseurs et les gens qui utilisent la terre pour produire des vivres,» affirme Michael Taylor, directeur de ILC (International Land Coalition – Coalition mondiale pour la Terre).

Phénomène inquiétant

Un rapport de la Banque Mondiale indique que depuis l’an 2000, les achats de terres concernent plus de 200 millions d’hectares dans le monde dont plus de 70 % en Afrique. Ce phénomène s’accompagne souvent de crises socio-culturelles, de conflits larvés ou violents, de déplacements de populations entre autres pour un continent dont la croissance démographique est de 3 %.

En octobre 2011 des populations, dans la région de Matam, au nord Sénégal se sont rebellées contre un projet qui devait octroyer 20 000 ha à un investisseur italien. Les affrontements avaient fait deux morts.

Au Cameroun, par exemple, des paysans privés de leurs terres ont lancé le 23 avril dernier à Dibombari, un arrondissement situé à quelque 50 km de Douala, une série d’activités de blocage des usines de SOCAPALM, la Société camerounaise de palmeraies une entreprise détenue à 39% par le groupe français Bolloré.

Les surfaces occupées par les plantations de palmeraie seraient passées d’environ 87 300 à plus de 108 000 ha entre 2011 et 2014 et priveraient environ 6 000 paysans camerounais de 40 000 ha de leurs terres.

Claude Sarr
afriqueactualite.com

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