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Un scandale de corruption secoue la Corée du Sud

Un scandale de corruption secoue la Corée du Sud

Le proche entourage de la présidente Park Geun-hye est mis en cause

Deux ans seulement après son arrivée à la tête du pays , la présidente sud-coréenne Park Geun-hye se retrouve confrontée, cette semaine, à une profonde crise de confiance de la population dans la légitimité de son administration. Alors que la Corée du Sud commémore depuis ce jeudi le naufrage, il y a un an, du ferry Sewol au cours duquel 304 personnes – essentiellement des lycéens en voyage scolaire -, avaient péri dans des conditions confuses qui avaient mis en lumière l’impréparation des pouvoirs publics, la dirigeante se retrouve plongée au coeur d’un scandale de corruption sordide qui touche ses plus proches alliés politiques.

L’affaire a éclaté la semaine dernière lorsque le cadavre de Sung Wan-jong, l’ancien PDG d’un groupe de construction impliqué dans une affaire de détournement de fonds publics, a été retrouvé pendu à un arbre dans une forêt proche de Séoul. Dans la poche de son pantalon, les policiers, qui enquêtent sur le suicide, ont découvert une courte note listant les supposés pots de vin versés, au fil des ans, par l’homme d’affaires à huit personnalités politiques. Parmi les noms révélés ces derniers jours, figurent celui de l’actuel Premier ministre, Lee Wan-Koo , ainsi que celui du directeur de cabinet de la présidente Park Geun-Hye. Dans une interview à un journal local, organisée quelques heures avant sa mort, Sung Wan-jong avait assuré qu’il avait remis de l’argent liquide à des personnalités du Saenuri, le parti conservateur au pouvoir, pour financer les campagnes électorales de 2013.


President Park Geun-hye says independent… par ArirangNews

Une grogne difficile à calmer

Mis en cause, le Premier ministre a immédiatement démenti toute corruption et la présidente a indiqué qu’une enquête devrait être ouverte pour faire la lumière sur les accusations. Elle a assuré qu’elle « n’aurait aucune tolérance pour les coupables de corruption ». Mais aucune de ces interventions n’a apaisé la grogne. Le Premier ministre est progressivement lâché par des élus de son parti, qui craignent de voir le scandale déteindre sur l’ensemble de leur formation déjà très mal en point dans les enquêtes d’opinion.

Se rendant, jeudi, à une cérémonie d’hommage aux victimes du naufrage du Sewol, la présidente a été snobée par les familles des enfants disparus quand plusieurs cadres de la majorité, accusés de n’avoir jamais voulu faire l’entière lumière sur le drame de peur de révéler des collusions entre le pouvoir politique et certains intérêts économiques, étaient évacués sous les quolibets et la protection de la police.

Yann Rousseau / Correspondant à Tokyo
lesechos.fr

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