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Une enquête fait rimer Fifa avec mafia

Une enquête fait rimer Fifa avec mafia

Fifa_Go_HomeLe journaliste britannique, Andrew Jennings, a réalisé une enquête sur les coulisses de la Fifa (Fédération Internationale de Football Association), dans le cadre de la préparation de la coupe du Monde au Brésil. Dans son livre « Un jeu toujours plus sale », il dénonce de nombreuses fraudes et met en avant un système qu’il juge de mafieux. Découverte d’un livre qui défraie la chronique.

 

Entre les manifestations et les déclarations maladroites de la Fifa, la coupe du monde promet déjà de largement dépasser le simple cadre du sport. Depuis plus d’un an, les Brésiliens prennent régulièrement la rue d’assaut pour réclamer leur droit : «Fifa, rentre chez toi», «Pour qui est cette Coupe du monde ?», «La Coupe du monde n’aura pas lieu». Face au mécontentement ambiant, le président de l’Uefa, Michel Platini a maladroitement répondu : «Le Brésil, faites un effort pendant un mois, calmez-vous !»

Plus que le calme, ce mondial brésilien pourrait bien annoncer la tempête. Avec son livre « Un jeu toujours plus sale », le journaliste britannique Andrew Jennings vient attiser à nouveau les flammes qui embrasent la Fifa. Après les polémiques qui entachent l’attribution du mondial 2022 au Qatar, place à l’enquête du journaliste sur l’attribution des billets pour la messe du football au Brésil, qui répond à ces questions : « Combien de billets pour les matches de l’équipe nationale du Brésil et pour la finale de la Coupe du monde ont été effectivement vendus à travers la roulette électronique créée par la Fifa? Pourquoi des billets sont apparus sur le marché noir alors que la Fifa assure que les billets étaient nominatifs? »

Andrew Jennings compare tout simplement la Fifa à un système mafieux et n’hésite pas à défendre ses arguments, visage découvert, dans différents médias : « Au début, je pensais qu’il n’y avait que quelques escrocs au sein de la Fifa. Puis des sources en interne m’ont transmis des cartons de documents financiers confidentiels. J’ai réalisé à quel point la corruption –et sa dissimulation– étaient à couper le souffle. Il ne s’agit pas de quelques escrocs, l’institution elle-même s’est transformée en mafia ! »

L’enquête va du stade de Maracaña à Rio, « où les gangsters en col blanc se battent, avec l’aide des avocats et des politiciens, pour détourner les revenus que devraient engendrer la Coupe du Monde et les JO », jusqu’en Suisse : « L’argent est planqué sur leurs comptes à la Fifa. S’ils veulent faire du trafic avec les tickets du Mondial, ils peuvent encaisser leurs profits sans problème ici.»

Le journaliste s’attaque directement au président de la Fifa, Sepp Blatter. Il met en avant que l’entreprise gérant la commercialisation des billets du mondial, Match Event Services, est gérée par des proches de la Fifa (les deux frères mexicains, Jaime et Enrique Byrom), et dont un actionnaire n’est autre que le neveu du président de la Fifa, Philippe Blatter.

Alors que la Fifa clame combattre le marché noir, Andrew Jennings les accuse de participer à son organisation : « Peu importe ce que vous dit Sepp, au fil des ans, des billets sont passés entre les mains d’un Polonais spécialiste des arts martiaux, d’arnaqueurs des Caraïbes, de contacts en Europe de l’Est, et partout ailleurs dans le monde, tous faisant leur business secret dans la partie immergée de l’iceberg avec la bénédiction des pontes officiels de la Fifa. Un revendeur m’a assuré que plus de 40 % des billets sortaient par la porte dérobée de la Fédération.»

 

Il faut dire que les sommes en valent la chandelle. Sur le marché noir, il faut déjà compter plus de 1 000 euros pour le match d’ouverture et 4 000 euros pour assister à la finale.

L’ouvrage « Un jeu toujours plus sale » fait un carton au Brésil, où Romario (ex-footballeur devenu député fédéral) qui dénonce également la corruption du milieu, loue le travail et le courage du journaliste britannique. Andrew Jennings, lui, ne sera surement pas de la fête au Brésil. Ô surprise, il est banni de tous les événements de la Fifa.

Clément Goutelle

 

Notes: Le journaliste Andrew Jennings n’en est pas à son coup d’essai. Ses publications font trembler le monde du sport depuis plus de vingt ans. La Fifa et le Comité international olympique (CIO), en ont déjà pris pour leur grade. Des révélations sur les pratiques de corruption en leur sein ont contribué à faire démissionner de leurs fonctions Ricardo Texeira (président de la Confédération brésilienne de football (CBF) et membre du comité d’organisation de la Coupe du Monde 2014) et João Havelange (il officiait à la fois à la Fifa et au CIO).

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