jeudi 19 septembre 2019
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Une nouvelle page s’ouvre pour Alibaba après le départ de Jack Ma

Une nouvelle page s’ouvre pour Alibaba après le départ de Jack Ma

A 55 ans, Jack Ma quitte la présidence d’Alibaba, créé il y a vingt ans dans un appartement de Hangzhou, au sud de la Chine. Le discret Daniel Zhang, 47 ans, prend les rênes d’un groupe devenu un géant du e-commerce, de la finance et du cloud.

Comme la plupart des Chinois, Jack Ma affectionne les dates anniversaires. C’est donc le jour de ses 55 ans, ce mardi, que l’emblématique patron d’Alibaba a confié les rênes du géant chinois du e-commerce à Daniel Zhang, le « CEO » du groupe désormais propulsé à la présidence du conseil d’administration. L’ex-petit professeur d’anglais, devenu l’homme le plus riche de Chine (avec une fortune estimée à 37 milliards d’euros), a pris soin d’assurer une transition en douceur : après avoir déjà abandonné le poste de directeur général en 2013, il avait annoncé  sa mise en retrait il y a un an, le jour de ses 54 ans.

Celui qui, adolescent amoureux de la langue anglaise, promenait les touristes étrangers autour du lac de sa ville natale de Hangzhou, au sud-ouest de Shanghai, a expliqué vouloir se consacrer à des activités philanthropiques et à sa passion pour l’éducation, à l’image de Bill Gates, le fondateur de Microsoft dont il admire le parcours.

Passion pour l’éducation

Mais la situation économique et politique de la Chine a sans doute précipité la retraite du plus influent et charismatique des patrons chinois, avancent certains observateurs. « Jack Ma a un excellent sens de la direction dans laquelle les vents soufflent, indique Duncan Clark, auteur d’une biographie du dirigeant. Il savait qu’il était temps d’adopter un profil plus bas et de se concentrer sur des domaines non controversés ».

Les temps sont durs pour les entrepreneurs privés : en plein conflit commercial avec les Etats-Unis, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé le rôle central des entreprises d’Etat dans l’économie du pays tandis que les entreprises privées voient leur espace vital se réduire et sont les premières à souffrir du ralentissement de la croissance. Jack Ma, dont l’appartenance au Parti communiste chinois a été révélé entre-temps, a jugé qu’il était plus sage d’être moins sous les feux des projecteurs.

Période charnière

Le départ de l’emblématique patron, qui conservera toujours une influence forte sur le groupe, intervient également à  une période charnière pour Alibaba. La société qu’il a créée avec 17 autres collaborateurs dans un modeste appartement de Hangzhou, fête cette année ses vingt ans. Pour célébrer cet anniversaire et celui de Jack Ma, 80.000 salariés du groupe ont été conviés, ce mardi soir à un grand spectacle dans le stade de Hangzhou. Quelques heures avant le show, les salariés sur le campus d’Alibaba se demandaient dans quel déguisement Jack Ma, que l’on a vu grimé en Michael Jackson précédemment, se présenterait sur scène.

En vingt ans, l’ancien professeur d’anglais autodidacte aura fait d’Alibaba en empire pesant 470 milliards de dollars à Wall Street, présent dans le e-commerce, le cloud computing, le divertissement et les services financiers. Alibaba « a transformé la façon dans les Chinois consomment en leur ouvrant l’accès à une gamme de produits à la diversité et à la qualité dont les générations précédentes n’auraient pu que rêver », poursuit Duncan Clark.

Avec 674 millions d’utilisateurs actifs tous les mois, les plateformes d’Alibaba réalisent plus de transactions qu’Amazon et eBay réunis. Avec sa solution mobile Alipay, Alibaba a également révolutionné les modes de paiement dans un pays où le cash était roi. Charge désormais à Daniel Zhang, 47 ans et aussi discret que Jack Ma est volubile, de trouver les relais de croissance alors que la guerre commerciale sino-américaine fait rage et que la croissance chinoise ralentit. En cas de doute, on peut parier que Jack Ma ne sera jamais très loin pour lui souffler quelques idées.

Frédéric Schaeffer (Correspondant à Pékin)

lesechos

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