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UNE PRATIQUE GÉNÉRALISÉE EN MÉDITERRANÉE Les riches gaspillent l’eau

UNE PRATIQUE GÉNÉRALISÉE EN MÉDITERRANÉE Les riches gaspillent l’eau

Le Bassin méditerranéen est marqué par une forte pression sur les ressources en eau, tant de surface que souterraines, qui devrait s’amplifier avec l’augmentation de la demande et la probable diminution de leur disponibilité en raison du changement climatique.
La demande en eau agricole, qui représente en moyenne 80% des prélèvements totaux, devrait continuer à augmenter du fait de la croissance démographique et de la modification des régimes alimentaires. Ces constats sont de l’Agence française de développement (AFD) qui ajoute que les politiques et les stratégies nationales se sont concentrées sur l’augmentation de l’offre avec la construction d’infrastructures de stockage et de distribution de l’eau de surface, l’exploitation des eaux souterraines, y compris fossiles, et plus récemment, l’utilisation de ressources non conventionnelles (réutilisation des eaux usées traitées, désalinisation d’eau de mer).
Selon le rapport de l’AFD, les eaux souterraines ont vu leur exploitation croître de manière exponentielle, et représentent aujourd’hui la principale ressource pour un tiers des pays (notamment Chypre, la Croatie, la Libye, Malte et la Tunisie). En particulier, encouragés d’abord pour l’irrigation sous pression, les pompages privés pour l’agriculture se sont multipliés, dans un contexte insuffisamment régulé qui s’apparente souvent à un accès libre de fait. Ces logiques atteignent peu à peu leurs limites physiques (accessibilité limitée des ressources, rareté des sites disponibles pour les barrages), financières (coûts de plus en plus élevés) et environnementales (surexploitation, intrusions salines, dégradation des écosystèmes aquatiques).
La politique de gestion de la demande en eau (GDE) émerge et devient prioritaire dans de nombreux pays méditerranéens. La GDE se focalise sur le bon usage de l’eau déjà mobilisée et vise à limiter les pertes physiques, à modérer la consommation et à favoriser une utilisation économiquement efficiente et plus productive de l’eau. Les marges de progrès sont considérables: le potentiel d’économies a été évalué à un quart de la demande, l’agriculture irriguée en représentant plus de 65%.
Il est ajouté que la pression sur les ressources en eau atteint un seuil critique dans de nombreux pays du Bassin méditerranéen. Les contraintes physiques, financières et environnementales liées à cette approche par l’offre imposent une meilleure gestion de l’eau déjà disponible. Agir sur la demande permet, à des coûts maîtrisés, d’augmenter la disponibilité et de favoriser une utilisation efficiente de la ressource. Pour faire face à la pénurie d’eau en Méditerranée, les dimensions financières, économiques, sociales et environnementales de l’allocation et de la gestion nécessitent d’être mieux appréhendées. L’Agence française de développement, par une approche économique apporte aux décideurs publics des outils leur permettant d’aboutir à des décisions informées et rationnelles pour une allocation socialement optimale de la ressource. Une meilleure gestion de la demande en eau permettrait d’économiser un quart des demandes, soit environ 85 km3/an en 2025.
A propos des tarifs, il est souligné qu’ils sont historiquement faibles, ce qui restreint l’acceptabilité d’une augmentation, même modérée. Il est fréquent que le tarif nécessaire au recouvrement des seuls coûts d’exploitation et de maintenance excède la capacité à payer des usagers. Le tarif sera alors fixé à un niveau au mieux égal, et en général bien inférieur, à leur capacité contributive. Il ne permet alors pas l’entretien, et a fortiori la couverture des coûts en capital, lesquels devront être subventionnés.
Pour l’eau potable, il est possible d’observer de véritables effets d’incitation du tarif sur la réduction des consommations, de manière variable entre pays et consommateurs. Une politique volontariste de tarification de l’eau domestique peut réduire la demande des ménages les plus aisés, ayant des usages non essentiels ou récréatifs (lavage des voitures, arrosage des jardins, etc) pour lesquels l’élasticité est plus élevée, selon l’Agence française de développement.

Ali TIRICHINE
lexpressiondz.com

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