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USA: Les grandes banques gâtent leurs actionnaires à coup de milliards

USA: Les grandes banques gâtent leurs actionnaires à coup de milliards

Les grandes banques américaines ont annoncé à tour de rôle mercredi reverser des dizaines de milliards de dollars à leurs actionnaires, après avoir reçu le feu vert de la banque centrale (Fed) à l’issue des tests de résistance annuels.
En attendant Goldman Sachs, les cinq autres fleurons de Wall Street ont décidé de distribuer au moins 70 milliards de dollars à leurs actionnaires lors des quatre prochains trimestres sous la forme de dividendes et de rachats d’actions.

JPMorgan Chase, première banque américaine par actifs, va verser 19,4 milliards de dollars à ses actionnaires, sous la forme d’un programme de rachats d’actions qui va du 1er juillet 2017 au 30 juin 2018. L’établissement va également augmenter de 12 %, à 56 cents par titre, le dividende, qui va être versé aux actionnaires au compte du troisième trimestre.

“Au vu de la solidité de la firme et de la progression que nous avons faite lors des dernières années en termes de capital et de liquidités, nous sommes heureux d’accroître les retours sur investissements à nos actionnaires tout en continuant à investir dans nos activités afin de générer de la rentabilité à long terme”, s’est réjoui Jamie Dimon, le PDG, dans un communiqué.

A la traîne lors des années précédentes, Bank of America et Citigroup ont cette fois-ci décidé de choyer leurs actionnaires. La première a prévu d’augmenter le dividende trimestriel de 60 % à 12 cents par titre et va racheter ses propres actions pour 12 milliards de dollars.
Quant à la seconde, elle va distribuer 18,9 milliards de dollars au total à ses actionnaires lors des quatre prochains trimestres.

Jackpot pour Warren Buffett

La banque californienne Wells Fargo n’est pas en reste malgré une réputation ternie par un scandale portant sur l’ouverture de plus de 2 millions de comptes fictifs au nom de clients sans leur autorisation.
Elle va verser 11,5 milliards de dollars à ses actionnaires au titre de rachats d’actions et augmenter son dividende trimestriel de 2,6 % à 39 cents par titre.
Enfin, la banque d’affaires Morgan Stanley va distribuer 5 milliards de dollars à ses actionnaires, en hausse de 43 % en un an, et augmenter de 25 % son dividende annuel à 25 cents.
Le milliardaire Warren Buffett est l’un des gros gagnants puisqu’il devrait devenir à l’issue de ces distributions le premier actionnaire de Bank of America et de Wells Fargo, soit les deuxième et troisième banques américaines par actifs.

A Wall Street, les titres bancaires montaient dans les échanges électroniques suivant la clôture de la séance: JPMorgan gagnait 1,87 %, Bank of America 1,34 %, Citigroup 2,33 %, Wells Fargo 1,05 % et Morgan Stanley 1,53 %.
Au-delà des fleurons de Wall Street, le reste des institutions financières américaines ont annoncé reverser des dizaines de milliards de dollars à leurs actionnaires, estimant que le feu vert de la Fed était un “vote de confiance” sur leur état de santé.

Quelque 34 établissements, dont les actifs dépassent 50 milliards de dollars, étaient soumis à ces tests de résistance, mis en place par la loi de régulation de Wall Street baptisée Dodd-Frank, pour évaluer leur solidité financière en cas de crise économique sévère.
Au final, c’est un sans-faute du secteur, le premier depuis le début de ces tests, qui intervient au moment où l’administration Trump pousse pour un assouplissement de la régulation bancaire.
Certains experts mettent toutefois en garde, contre ces distributions de liquidités, jugeant que c’est “un signal d’alarme”, précurseur de futures crises.

“Les investisseurs devraient se poser la question suivante: +dois-je investir dans une entreprise qui jette de l’argent par les fenêtres ?+”, fustige Richard Bové, analyste chez Rafferty Capital.
Il fait valoir que les banques devraient destiner leurs excès de liquidités à des investissements dans de nouveaux produits tels les transferts d’argent et les moyens de paiements pour contrer la montée en puissance dans le secteur financier de PayPal, Apple Pay ou encore Square.

Outre la consolidation du secteur bancaire aux Etats-Unis, ces fonds pourraient également servir, selon lui, à se développer à l’étranger via des acquisitions de banques européennes.

lepoint

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