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USA : Toyota et Mazda implantent leur usine commune en Alabama

USA : Toyota et Mazda implantent leur usine commune en Alabama

Voici une nouvelle qui devrait réjouir Donald Trump, en guerre contre les délocalisations vers le Mexique. La production de cette future usine commune Toyota-Mazda située à proximité de la ville de Huntsville devrait démarrer en 2021 pour atteindre à terme une capacité annuelle totale de 300 000 véhicules, avec à la clé la création de quelque 4 000 emplois, ont précisé les dirigeants lors d’une conférence de presse. L’investissement conjoint avait été dévoilé début août, mais le lieu était encore inconnu.

L’Alabama attire les constructeurs

Toyota et Mazda ont ainsi fait le choix de rejoindre les nombreux constructeurs automobiles et équipementiers étrangers attirés par les avantages de cet État rural où l’allemand Mercedes-Benz est à lui seul un des moteurs de l’économie. Toyota dispose déjà à Huntsville d’une usine de moteurs dont la première pierre avait été posée en 2001 et qui emploie aujourd’hui 1 400 personnes. L’Alabama, qui a voté massivement pour Donald Trump à la présidentielle (62 %), accueille aujourd’hui, outre Toyota et Mercedes, également Honda, Hyundai, Kia et des dizaines d’équipementiers automobiles. Ce secteur employait 38 730 personnes en 2016, selon l’Economic Development Partnership of Alabama (EDPA), pour un million de véhicules produits, le portant au 5e rang des États américains pour la production d’automobiles. Le secteur automobile dans l’État de l’Alabama emploie environ 57 000 personnes, selon des données de Toyota.

Mazda, qui n’a actuellement pas d’usine aux États-Unis et importe ses voitures du Mexique et du Japon, prévoit d’y fabriquer des cross-overs qui seront introduits sur le marché nord-américain tandis que Toyota y fabriquera la berline Corolla. « Le partenariat entre Mazda et Toyota va étendre la production de voitures innovantes dans l’Alabama », s’est félicité le gouverneur Kay Ivey. De son côté, le maire de Huntsville, Tommy Battle, a estimé que ce projet était synonyme d’« emplois pour des décennies à venir à la fois pour Huntsville et l’Alabama ».

Ce projet devrait satisfaire le président américain, qui entend faire revenir les emplois aux États-Unis et qui n’a eu de cesse de dénoncer les constructeurs automobiles délocalisant leur production au Mexique, là où la main-d’œuvre est moins chère. En janvier, alors qu’il n’était pas encore investi président des États-Unis, Donald Trump s’en était violemment pris sur Twitter à un projet d’extension d’usine de Toyota au Mexique, accusant le groupe de vouloir ainsi délocaliser des emplois américains dans ce pays. Comme à d’autres groupes étrangers qu’il avait pris pour cible pour des raisons similaires, M. Trump avait brandi la menace de représailles douanières envers le constructeur japonais s’il maintenait son projet mexicain. Finalement, en octobre, Toyota avait annoncé revoir à la baisse ses investissements et sa production dans l’usine de Bajio, dans l’État mexicain du Guanajuato (centre du pays), à 700 millions de dollars (près de 600 millions d’euros), contre 1 milliard de dollars précédemment, et de réduire sa capacité de production de moitié, à 100 000 véhicules par an. Mais il avait alors affirmé que cela était indépendant des menaces de l’administration Trump, tout en rappelant leur projet d’implantation d’une nouvelle usine aux États-Unis.

Subventions généreuses, syndicats quasi inexistants

Si Detroit est la ville historique de l’industrie automobile aux États-Unis, le choix de l’Alabama n’est pas surprenant. Affectés par le déclin du charbon et du textile, l’Alabama mais aussi le Kentucky, le Mississippi, le Tennessee, la Caroline du Sud et la Géorgie ont en effet lancé depuis longtemps, dès la fin des années 80, une offensive de charme pour attirer les groupes automobiles étrangers à coups de subventions publiques, d’abattements fiscaux ou encore de déréglementation. Pour attirer Toyota, la gouverneur du Kentucky Martha Layne Collins avait même à l’époque sorti un joker sous la forme d’une dotation financière. La Caroline du Sud, elle, a su moderniser les infrastructures de transport reliant la ville de Spartanburg au port de Charleston afin de satisfaire l’allemand BMW, dont plus de la majorité de la production américaine est destinée à l’export. Le Sud-Est est enfin une région où les syndicats, jugés « néfastes » pour la prospérité par les responsables politiques, sont quasiment absents. Des éléments qui ont sans doute pesé dans le choix de Huntsville.

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