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Venezuela : les raisons d’un naufrage économique

Venezuela : les raisons d’un naufrage économique

Récession, pénuries, inflation, dette… Le Venezuela – pays autrefois le plus riche d’Amérique du Sud grâce à ses immenses réserves pétrolières – a été ruiné par la chute des cours du brut depuis 2015.

Avec une dette estimée à plus de 100 milliards de dollars, le Venezuela est désormais menacé par un défaut de paiement. Dans un tel scénario, l’accès aux marchés de capitaux se fermerait immédiatement. Ses créanciers pourraient alors saisir les actifs de la compagnie pétrolière d’État, PDVSA (pétroliers, raffineries, comptes bancaires…).

Jusqu’à présent, le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro fait tout pour éviter le défaut de paiement, payant en priorité ses échéances de dette plutôt que d’importer nourriture et médicaments, qui manquent cruellement aux Venezuéliens. Pour beaucoup d’analystes, la seule option pour Caracas est de renégocier ses remboursements de dette. Mais le rejet international suscité par l’Assemblée constituante pourrait être un obstacle.

Découragés et frustrés, les opposants au président Nicolas Maduro font eux une pause dans leurs manifestations. Alors que la crise politique n’en finit pas, ils ont déserté les rues ces derniers jours. Le vaste mouvement de protestation – qui exige le départ du chef de l’État, rendu responsable de la crise économique – affiche un triste bilan : 125 morts depuis début avril et des milliers de blessés et d’opposants emprisonnés.

- UN PIB EN CHUTE DE 10% EN 2016

Le produit intérieur brut du Venezuela est évalué à 333 milliards de dollars par le Fonds monétaire international (FMI). Mais ce chiffre est calculé selon le taux de change officiel. Si l’on appliquait le taux de change pratiqué sur le marché noir, le montant serait significativement réduit, divisé par plus de deux selon des analystes vénézuéliens. Le gouvernement ne donne pas de chiffre officiel.

L’économie est en chute libre depuis 2014. L’an dernier, le PIB a fondu de 10%. Cette année, il devrait baisser encore, de 7,4%, selon le FMI, qui s’attend à un recul de 4,1% l’an prochain.

- UNE INFLATION DÉPASSANT LES 700%

La hausse vertigineuse des prix est devenue, avec les pénuries d’aliments et de médicaments, le principal obstacle au quotidien des Vénézuéliens. Cette année, l’inflation devrait dépasser les 700%, puis continuer à grimper en 2018. Le pays a mis en place depuis 2003 un strict contrôle des devises, qui rend le dollar très difficile à trouver et stimule sa flambée sur le marché noir.

- COUT ANNUEL DE LA DETTE : 10 MILLIARDS DE DOLLARS

Le Venezuela a besoin d’emprunter 25 à 35 milliards de dollars par an, selon les estimations de la Banque mondiale. La dette du gouvernement et de la compagnie pétrolière d’État PDVSA est estimée à plus de 100 milliards de dollars, soit un coût annuel d’environ 10 milliards. Le gouvernement dispose de 10 milliards de dollars en devises, en grande majorité sous forme de lingots d’or, qui ne peuvent être changés rapidement.

- PRODUCTION ET RECETTES PÉTROLIÈRES EN BAISSE

Le Venezuela dispose des plus importantes réserves pétrolières au monde. Il est ultra-dépendant de cette matière première, qui représente 96% de ses exportations et la moitié des recettes de l’État. PDVSA produit 1,9 million de barils par jour, dont 40% – environ 760.000 – sont exportés vers les États-Unis, son premier client. Le Venezuela n’apporte que 8% du pétrole importé par les États-Unis, qui se fournissent majoritairement au Canada et en Arabie saoudite.

Une autre partie de la production – environ 40% également – sert à rembourser les prêts accordés par la Chine et la Russie, selon les analystes. La production de brut n’a cessé de décliner ces deux dernières années, en raison du manque de liquidités pour moderniser les champs pétroliers vénézuéliens.

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