samedi 05 décembre 2020
Accueil / International / Veolia veut avaler Suez: une bataille franco-française pour le marché mondial

Veolia veut avaler Suez: une bataille franco-française pour le marché mondial

Veolia veut avaler Suez: une bataille franco-française pour le marché mondial

Le Français Veolia, le numéro un mondial de l’eau et des déchets, saura dans les prochaines heures s’il parvient à engloutir le numéro 2, Suez, un autre champion français du secteur. L’offre de rachat qu’il a faite au principal actionnaire, Engie, expire ce lundi soir à minuit. L’enjeu : le marché mondial de l’eau et des déchets.

Un terrain que les deux géants tricolores connaissent bien puisque c’est à l’extérieur de la France qu’ils réalisent déjà l’essentiel de leur chiffre d’affaires. En Europe, de loin leur plus gros marché, ils sont complémentaires : Veolia est très présent à l’est et Suez au sud. Et il y a de quoi assouvir leur soif d’expansion dans le reste du monde car les perspectives sont immenses : le marché des services à l’environnement est estimé à 1400 milliards d’euros par an. Deux milliards de terriens n’ont toujours pas l’eau potable chez eux. Un exemple: le Brésil. Il est en train d’adopter une loi ouvrant la gestion de l’eau et de l’assainissement aux entreprises privées, dans l’espoir d’apporter ces services à la moitié des Brésiliens qui en sont encore dépourvus. Pour l’instant ni l’un ni l’autre ne se précipite. La gestion de l’eau par délégation à une entreprise privée, un modèle inventé en France au 19ème siècle par ces deux entreprises jumelles est devenu risqué, car très dépendant du bon vouloir des politiques. Veolia et Suez préfèrent regarder du côté des besoins industriels, la demande de ces clients réguliers et gourmands explose depuis dix ans.

Le marché de l’eau et des déchets est aussi porté par la transition écologique

Ces experts de l’eau sont sollicités partout dans le monde pour trouver des solutions techniques au stress hydrique, en 2030 une personne sur deux vivra dans une zone concernée, déjà un pays sur trois est touché en Europe. Parmi les pistes il y a le dessalement de l’eau, encore une niche industrielle mais en plein boum. Autre exemple de marché en plein essor : celui des eaux usées. Dont seulement 5% sont recyclées. Les réseaux intelligents, l’économie circulaire sont dorénavant la priorité de ces industriels, dans les pays déjà bien desservis en eau.

Les défenseurs de Suez estiment que le rapprochement ne les renforce pas vraiment dans la compétition internationale puisqu’ensemble ils ne pèseront que 3% du marché mondial. Le secteur est encore très éclaté avec une foultitude d’acteurs locaux. Étant donné la demande en innovation technologique, Antoine Frérot, le patron de Veolia estime au contraire que les deux groupes ont besoin de s’unir pour résister face aux nouveaux concurrents chinois. Comme dans le ferroviaire ou l’aéronautique, Pékin a une ambition internationale dans ce domaine. Le partenaire chinois de Veolia, Beijing capital group a déjà racheté un acteur néo-zélandais et il a un projet en Pologne

Les deux champions français sont-ils directement menacés par ces entreprises chinoises ?

Veolia considère que ce partenaire sera bientôt l’un de ses concurrents directs. Le numéro trois mondial de l’eau est un Chinois : Beijing enterprise Water Group est encore trois fois plus petit que Veolia, deux fois plus petit que Suez mais il a déjà montré son appétit pour l’international en rachetant une entreprise allemande, spécialisée dans la méthanisation des déchets. En attendant la grande bataille navale mondiale, c’est dans le marigot franco-français que l’opération pourrait s’embourber. Veolia détient 40% du marché français, Suez 20% et pas question pour lui de se défaire de cette pépite historique.

rfi

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Champs obligatoires marqués par *

*

Aller en haut