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Voiture autonome : la course aux partenariats s’accélère

Voiture autonome : la course aux partenariats s’accélère

Fiat-Chrysler a rejoint l’alliance dévoilée l’an dernier par BMW, Intel et Mobileye. De son côté, Daimler s’est associé avec Bosch et Renault-Nissan avec Transdev.

L’industrie automobile se convertit aux pratiques des géants du numérique. Il y est désormais de bon ton de sceller des alliances pour s’adapter aux grands virages technologiques. En témoigne la décision de Fiat-Chrysler (FCA). Le géant italo-américain a décidé de rejoindre l’alliance entre BMW, Intel et l’israélien Mobileye dans le domaine des voitures autonomes. Le constructeur allemand et ses deux partenaires avaient dévoilé l’été dernier un accord pour développer un concept de voiture capable de rouler sans intervention du conducteur. Mais l’association restait ouverte à d’autres acteurs, avaient-ils pris soin de préciser. Depuis, Intel a racheté le fabricant israélien de systèmes anticollisions et les équipementiers Continental et Delphi, ont rejoint la plate-forme. Mais FCA est le premier constructeur automobile à faire de même.

Accéder à une technologie clef

« Pour FCA, c’est un moyen d’accéder à une technologie, qu’ils n’auraient pas forcément les moyens ni l’expertise de développer seuls », explique Stephanie Brinley, analyste chez IHS, dans une note de recherche. En retard dans la voiture du futur, le groupe dirigé par Sergio Marchionne apporte avec lui un réseau géographique dense et un volume de ventes important, avec environ 4,5 millions de voitures et camionnettes immatriculées chaque année. « Afin de promouvoir la technologie de conduite autonome, il est essentiel de créer des partenariats entre les constructeurs automobiles, les fournisseurs de technologies », a déclaré Sergio Marchionne.

FCA avait déjà tissé en mi-2016 un partenariat avec Google sur les voitures autonomes, Waymo, l’ex-Google Car, testant la technologie sur des mini-vans du groupe (cf photo). Certains craignaient alors que, faute de ressource, le constructeur ne se contente de devenir une sorte de sous-traitant de Google ou d’Apple. Cette initiative prouve que ce ne sera pas forcément le cas.

Des véhicules autonomes en 2021

BMW ambitionne de mettre des voitures 100 % autonomes sur les routes à compter de 2021. Grâce à ce nouveau partenaire, l’alliance prend donc du poids, avec l’espoir d’imposer les standards de demain au secteur.

En face, Daimler, le fabricant des Mercedes-Benz, a formé une alliance concurrente avec Bosch, le premier équipementier de la planète. Renault-Nissan s’est associé avec Microsoft dans la voiture connectée et va tester avec Transdev une flotte de véhicules autonomes sur le plateau de Saclay (Essonne). Renault-Nissan a l’objectif de lancer une dizaine de véhicules équipés de fonctions de conduite autonome d’ici 2020. Volkswagen a dévoilé en mars son premier prototype de voiture autonome. Et GM a mis 1 milliard sur la table en mars 2016 pour racheter Cruise, un spécialiste des logiciels de conduite automatique. Tout comme dans la high-tech, ces partenariats ne sont pas toujours évidents à mettre en musique. Le chinois Baidu et Continental ont par exemple décidé de travailler ensemble dans la conduite autonome, après que le groupe chinois et BMW ont mis fin à leur partenariat pour cause de divergence sur les dates de commercialisation visées des véhicules.

Près d’un tiers des conducteurs de la planète serait prêt à s’offrir une voiture autonome et un quart entendent pouvoir en utiliser une sans avoir à l’acheter, estime le cabinet IHS. De quoi inciter à faire vite son choix pour trouver les bons partenaires.

EMMANUEL GRASLAND
lesechos

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