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Volkswagen Passat : une routière puissante et sophistiquée à apprivoiser

Volkswagen Passat : une routière puissante et sophistiquée à apprivoiser

La voiture de l’année 2015 n’a pas volé son titre: sa puissance, son agrément de conduite, son niveau d’équipement… La Passat a tous les atouts pour plaire. Son niveau de sophistication complique néanmoins la conduite et la rend peu intuitive. L’absence d’audace de l’intérieur et de l’extérieur peut rebuter ceux qui cherchent à se distinguer un minimum.

Montez à bord de la nouvelle Volkswagen, c’est faire une première expérience de la voiture autonome… Attention au vocabulaire : c’est une voiture à assistance de conduite. La nuance est de taille car le chauffeur ne peut pas relâcher son attention sous prétexte que le véhicule est capable de lire les panneaux de signalisation, tourner le volant dans les virages, ralentir pour respecter les distances de sécurité, se garer quasiment seul… Et pour cause, la tentation de s’abandonner à ce confort est grande mais pas forcément judicieuse…

Fonctions vraiment utiles?

Nous en avons fait l’expérience, et il faut reconnaître que cette nouvelle Passat, lancée à l’automne 2014, a montré une impressionnante acuité pour diagnostiquer la route et adapter la conduite. Mais on se rend rapidement compte que ces fonctions sont encore très approximatives. Un marquage au sol mal-dessiné, une pluie abondante, et la voiture redevient une voiture comme une autre. Elle émet un avertissement sonore pour avertir le conducteur qu’elle n’est plus en mode assistance. On est donc impressionné, mais étant peu fiable pour le moment, finalement, ces fonctions ne nous paraissent pas hautement utiles…

Mais ce ne sont pas ces innovations, majeures, qui nous ont permis d’apprécier la conduite à bord de la Passat. La version 240 chevaux TDI fait de cette berline une excellente routière. La voiture manie harmonieusement la puissance et le plaisir de conduite. L’excellente acoustique donne une ambiance feutrée à bord, y compris à 130 km, vitesse qu’elle atteint sans aucune difficulté, sans à-coup, sans accrocs, pour peu que vous ayez opté pour le boitier automatique. L’avertisseur d’angle mort est bien pensé et envoie un signal suffisamment visible pour prévenir le danger. La souplesse des suspensions permet d’amortir les cotes, la tenue de route en virage est irréprochable. Bref, toutes les qualités d’une grande routière sont remplies. La Passat s’accommode moins bien en revanche d’un milieu plus urbain. Sa puissance paraît frustrée en ville et montre sa nervosité. Un peu trop, et des à-coups sont à supporter en-dessous de 30 km/h. Un comportement qu’il appartient au conducteur d’apprivoiser.

Sophistiquée mais pas très intuitive

Apprivoiser la Passat, c’est le mot d’ordre pour cette voiture aussi bien équipée que compliquée. Au-delà de la nuée de boutons qui parsème le volant, devant, derrière, sur le tableau de bord, c’est un vrai casse-tête pour régler une fonction. Le désormais très courant limitateur de vitesse nécessite une manipulation plus complexe que dans d’autres voitures. Il faudra donc compter quelques heures de formation pour cette voiture, ce qui lui fait perdre en intuitivité et donc en confort. Dommage.

La vie à bord offre néanmoins l’occasion à la voiture de se rattraper. La voiture ne manque pas d’espace. A l’avant, le confort est indéniable. Le coffre est très (trop ?) grand, probablement au détriment des places arrières qui méritaient mieux pour une routière de cet acabit.

Mirror-Link détourne l’attention

Côté esthétique, la Volkswagen pêche par son absence absolue d’originalité. Certes, ce segment ne brille pas par une surenchère dans le design des carrosseries, mais la Passat fait très fort dans l’austérité de ses lignes. Elle manque cruellement de personnalité et de caractère. A l’intérieur, même ambiance. Le comble c’est le tableau de bord. Une grille longe la planche côté passager et fait apparaître une horloge quelconque (photo ci-dessous), qui tranche avec l’ambition de sophistication de la Passat. On s’attendait à une finition plus moderne, plus travaillée. Le système Mirror-link permet néanmoins de détourner l’attention vers la console centrale. Musique, répertoire téléphonique… la synchronisation est efficace. Attendons que le système soit enfin compatible avec l’iPhone. Le nouveau système GPS de Volkswagen offre de nouvelles cartes bien dessinées et abouties. Très agréables.

Une voiture qui manque de piment

Au final, la Passat apparaît, nous l’avons expliqué, comme une excellente routière. Une qualité qui lui a probablement permis de décrocher le prix de voiture de l’année. On est toutefois déçu par le manque de créativité de l’aménagement intérieur et pour le design extérieur. La marque allemande ne semble toujours pas prête à jouer la carte de l’audace. On aurait pourtant préféré un peu de piment. Pour les équipements, là encore, les innovations s’accumulent mais la voiture ressemble de plus en plus à un PC roulant avec de multiples fonctionnalités. Une voiture à la puissance de feu, mais doté d’un tempérament aussi discret que complexe.

Modèle essayé :

Motorisation : 2.0 TDI Bi Turbo 240 ch, boîte DSG7 (boîte automatique à double embrayage)

Finition : Carat Edition

Prix du modèle (hors option) : 50 070€ TTC

Consommations/Emissions de CO2 : 5,3 l/100 km en consommation mixte et 139 g/km de rejets de CO2

Le tableau de bord et une horloge un peu “cheap”

passat-tableau-de-bord

Nabil Bourassi
latribune.fr

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