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Volkswagen : un second logiciel passé au crible

Volkswagen : un second logiciel passé au crible

Les autorités américaines testent un second programme lié aux émissions de gaz. Il équipe des modèles prévus pour 2016.

Après la révélation du scandale de ses moteurs diesels truqués, Volkswagen redoute toujours les foudres américaines. Selon le « New York Times », les autorités environnementales du pays ont désormais un second logiciel en ligne de mire, qui pourrait avoir une influence sur les émissions de gaz polluants dans des modèles roulant au diesel et pas encore arrivés sur le marché.

De sources proches du groupe automobile, l’existence d’un second logiciel n’est pas niée. Celui-ci interviendrait lors de la phase de démarrage du système de traitement des rejets polluants. Volkswagen aurait-il omis de le déclarer correctement ? Les autorités outre-Atlantique ont en tout cas connaissance de l’existence de cet autre logiciel de contrôle des émissions polluantes, l’« Auxiliary Emissions Control Device » (AECD), au moins depuis l’audition, jeudi dernier, du patron américain de VW, Michael Horn, devant le Congrès américain. Celui-ci a alors expliqué qu’une procédure d’homologation de modèles dotés d’un moteur diesel 2 litres et dont la mise sur le marché est prévue en 2016, avait été retirée, le temps que les autorités testent le dit logiciel. Un porte-parole de l’agence américaine de l’environnement, EPA, a expliqué que, comme son homologue Carb en Californie, il fallait désormais étudier la nature et le but de ce dispositif. Il n’est pas encore établi s’il s’agit d’un moyen légal de contrôle des émissions ou d’un nouvel outil informatique pour les manipuler.

Révélations gênantes

Si la seconde hypothèse était avérée, cela compliquerait encore les chances de Volkswagen de se tirer honorablement du présent scandale. Le groupe fait déjà l’objet d’une foule de poursuites civiles et pénales aux Etats-Unis et ailleurs. « Les investisseurs sont traumatisés par les événements qui ont eu lieu, ils seront paralysés si le modèle diesel actuel a un logiciel discutable à bord », estime Arndt Ellinghorst, analyste chez Evercore ISI.

ANALYSE

Face aux conséquences encore incalculables de l’affaire, le groupe automobile veut freiner sur les investissements inutiles et cherche partout des économies. Ainsi, le journal allemand « Bild » a révélé que le groupe n’était pas encore prêt à renouveler le contrat de sponsoring de la coupe d’Allemagne de football prévu pour les trois prochaines années. Dans ce contexte, le quotidien populaire se fait un malin plaisir à révéler qu’une flotte de dix jets aériens, affrétés par une filiale du groupe, sert toujours au transport gratuit des hauts managers du groupe vers leur maison le week-end. Le patron du comité d’entreprise, Bernd Osterloh, s’en est ému, attendant de la hiérarchie qu’elle montre aussi l’exemple en matière de réduction des dépenses.

Jean-Philippe Lacour / Correspondant à Francfort
lesechos.fr

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