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Wall Street accueille un nouveau géant de l’informatique d’entreprise

Wall Street accueille un nouveau géant de l’informatique d’entreprise

Hewlett Packard Enterprise, issue de la scission du géant informatique, fait ses premiers pas en Bourse. La nouvelle société espère avoir l’agilité et les moyens pour s’imposer dans le « cloud ».

Un nouveau géant de la tech a fait son entrée à Wall Street lundi : Hewlett Packard Enterprise. La société issue de la scission du géant informatique HP est spécialisée dans les technologies et les services pour les entreprises. Serveurs, stockage, réseau, logiciels, infogérance… elle regroupe toutes les activités de l’ex-HP, à l’exception des PC et des imprimantes, rassemblés chez HP Inc. (qui reste coté). Elle emploie environ 250.000 salariés (avant la suppression de 30.000 postes déjà prévue), et réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 53 milliards de dollars, pour 4,9 milliards de bénéfice opérationnel.

Pour l’occasion, Meg Whitman, ex-patronne de HP et nouvelle dirigeante exécutive de HP Enterprise, avait fait le déplacement : c’est elle qui a sonné la cloche pour l’ouverture de la séance de Bourse. La société, dotée d’un nouveau logo (un rectangle vert sur fond blanc), est cotée sous le symbole HPE. A mi-séance, le titre baissait de près de 2 %, quand celui de HP Inc. bondissait de 12 %.

Un peu partout dans le monde, des célébrations ont eu lieu dans les différentes filiales de l’ex-HP pour fêter cette (re)naissance. « C’est un jour historique pour le groupe. Il y a beaucoup d’émotion au sein des équipes. C’est à la fois une séparation en deux et le début d’une nouvelle ère », témoigne Gérald Karsenti. A l’instar de tous les autres responsables de filiales géographiques, l’ancien patron de HP France est devenu le nouveau directeur général de HP Enterprise pour l’Hexagone.

La séparation des deux entités (répartition des effectifs, modification des contrats clients, migration de l’informatique…) aura pris un an – depuis la décision prise en octobre 2014 de scinder le groupe – et mobilisé d’importantes ressources. Tous les liens entre les deux sociétés ne sont pas coupés. Elles continuent de partager des locaux – c’est le cas en France où le siège reste le même, mais les badges ne donnent pas accès aux mêmes salles. Surtout, HP Inc. devient l’un des principaux clients de HP Enterprise, chez qui il continuera de se fournir en produits et services.

Costume de « challenger »

Habitué à se positionner comme un leader dans l’informatique d’entreprise compte tenu de sa taille, l’ex-HP va devoir s’habituer à son nouveau costume de « challenger ». En termes de chiffre d’affaires, HP Enterprise pèse désormais moins lourd qu’IBM (93 milliards de dollars) ou que le futur duo formé par Dell et EMC (environ 75 milliards). « Aujourd’hui, cela ne fait plus vraiment sens d’être le numéro un mondial, d’être le plus gros. Le plus important, c’est de pouvoir être agile, véloce pour rester dynamique et saisir les opportunités sur le marché », confie Gérald Karsenti.

Meg Whitman n’a pas caché ses envies d’investissements et d’acquisitions, notamment dans le « cloud computing ». La stratégie du groupe dans ce domaine reste difficile à lire. Il y a dix jours, HP a annoncé qu’il stoppait son service de « cloud public », destiné à concurrencer Amazon Web Services, le champion du genre. Il souhaite désormais se concentrer sur des modèles hybrides, avec davantage de choix offert aux entreprises dans la gestion de leur informatique (qu’elle soit logée dans leurs propres « data centers » ou chez ceux de HP).

Du conseil à l’intégration en passant par les technologies, le groupe estime avoir toutes les armes pour réussir. Reste à convaincre les clients et les investisseurs.

Romain Gueugneau
lesechos.fr

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