Accueil / Bourse / Wall Street chute, mais résiste à la panique

Wall Street chute, mais résiste à la panique

Wall Street chute, mais résiste à la panique

Wall Street a fini sur une chute vendredi, sonnée après le choc provoqué par la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, sans toutefois céder à la panique : le Dow Jones a perdu 3,4 % et le Nasdaq 4,1 %.

L’indice vedette Dow Jones a accusé sa plus forte chute en points depuis l’été 2011, perdant 611,21 points, à 17 399,86. L’indice élargi S&P 500 a lâché 3,6 %, à 2037,30 points, accélérant son recul en deuxième partie de séance. « C’est une grosse réaction, mais nous n’y voyons pas […] le début d’un renversement durable » des indices, a déclaré Jack Ablin, chez BMO Private Bank. La victoire du Brexit a pris de court l’ensemble des marchés financiers, dont certains ont observé des chutes du même ordre de grandeur qu’au moment de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

La chute de Wall Street est restée toutefois bien plus limitée que celle de nombreuses places européennes. « Le marché américain des actions va-t-il bénéficier de l’idée qu’il est relativement sûr par rapport aux autres ? Verra-t-on un renversement des marchés d’actions et d’obligations avec l’idée que la réaction immédiate au Brexit a été exagérée ? Est-ce que ce scrutin britannique va déclencher une correction, ou pire, cet été ? Tout est possible », a résumé Patrick O’Hare, de Briefing.

Le vote britannique « fait planer un énorme nuage d’incertitudes », a expliqué Peter Cardillo, chez First Standard Financial, ce qui conduit les investisseurs à chercher des valeurs refuges. Le marché obligataire en profitait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a retrouvé des niveaux plus vus depuis l’été 2012, s’affichant à 1,565 % contre 1,745 % mercredi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,415 %, contre 2,558 % précédemment.

À Toronto la Bourse a plongé dès l’ouverture, vendredi avant de récupérer une partie de ses pertes. L’indice composé S&P/TSX a malgré tout terminé la journée sur une perte de 239,50 points, à 13 891,88. Le dollar canadien s’est pour sa part déprécié de 1,37 ¢ US à 76,93 ¢ US. À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a chuté de 2,47 $US à 47,64 $US le baril, tandis que le prix du lingot d’or — une valeur refuge dans les périodes d’incertitude — a bondi de 59,30 $US à 1322,40 $US l’once.

Le pétrole baisse

Les cours pétroliers ont suivi la débâcle générale des marchés à la suite du vote britannique, même si ses conséquences n’étaient pas évidentes pour le marché de l’or noir. En ce qui concerne le pétrole, les investisseurs se demandent « ce qui va se produire […] en premier lieu pour l’économie mondiale » et donc la demande en énergie, a souligné Gene McGillian, de Tradition Energy. Autre conséquence de ce scrutin, l’euro et la livre britannique chutaient sur le marché des changes, alors que « le dollar monte au détriment d’actifs comme le pétrole », comme l’a noté M. Melek. Les échanges pétroliers pâtissent en général de la force du billet vert car ils sont libellés en monnaie américaine et deviennent donc moins intéressants pour les acheteurs munis d’autres devises.

L’impact du vote soupesé

Au Canada les économistes étaient confrontés vendredi à la perspective de voir un des plus grands partenaires commerciaux du pays quitter l’UE et tentent d’évaluer les conséquences de cette décision sur leurs activités et sur l’économie en général. « Le Royaume-Uni est l’un des plus grands partenaires commerciaux et d’investissements du Canada ; cependant, compte tenu de la taille relativement petite de ces relations, l’effet direct sur l’économie canadienne devrait être discret », a écrit le service de recherche économique de la Banque Royale dans une note à ses clients.

Malgré tout, Recherche économique RBC a averti qu’il pourrait y avoir « un retour de l’aversion au risque sur les marchés financiers, [ce qui] devrait exercer une pression à la baisse sur les prix du pétrole, les rendements des obligations gouvernementales et le dollar canadien ».

ledevoir.com

Aller en haut