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Wall Street : une saison des résultats pleine d’espoirs

Wall Street : une saison des résultats pleine d’espoirs

Alors que les prévisions ont été revues à la baisse depuis l’été, les entreprises du S & P 500 pourraient surprendre positivement au troisième trimestre. Les marchés espèrent toujours aussi une baisse des impôts.

La saison des résultats trimestriels a démarré aux Etats-Unis avec notamment ceux, meilleurs que prévu, de PepsiCo, laissant espérer une fin d’année pétillante pour l’indice S & P 500. Même si, après un très bon premier semestre pour les profits d’America Inc, les investisseurs ont plutôt « revu en baisse substantiellement leurs prévisions annuelles » à partir de l’été, selon Mislav Matejka chez JP Morgan Cazenove. L’effet de base s’annonce en effet moins favorable pour les entreprises américaines qui avaient connu en 2015 et début 2016, une période de récession de leurs profits.

Conséquence, le consensus n’attend plus qu’une hausse de 5 % des bénéfices par action du S&P 500 contre 9 % il y a six mois. La baisse du dollar a aussi pu peser, tout comme l’impact négatif des ouragans sur certains secteurs, comme l’assurance ou les télécoms (AT & T a ainsi enregistré une baisse sensible de ses abonnements dans les régions touchées).

Place des surprises

Quoi qu’il en soit, ces prévisions moins optimistes laissent de la place à davantage de bonnes surprises selon Mislav Matejka. Un avis partagé par Michael Wilson chez Morgan Stanley qui juge que « de nombreuses entreprises vont dépasser les attentes des analystes ». Ce serait d’ailleurs selon lui l’une des raisons de la hausse récente de 2,17 % du S & P 500 depuis le 26 septembre : les investisseurs se « rendent compte que les estimations sont trop basses ».

D’autant plus que si l’on enlève le secteur de l’énergie, qui devrait lui bénéficier encore d’un effet de base favorable lié au rebond du prix du pétrole, les anticipations de hausse de bénéfices par action pour le troisième trimestre ne sont que de 3 %, « ce qui nous paraît très atteignable », poursuit Mislav Matejka. « La saison des résultats pour le troisième trimestre a donc le potentiel pour soutenir les marchés actions d’ici à la fin de l’année ».

Selon une étude de Morgan Stanley, les 50 plus grosses entreprises de l’indice S&P 500 contribuent pour plus de 50 % aux résultats globaux de l’indice. Ce pourcentage était de plus de 70 % en 2015. Le top 5 pèse à lui seul près de 23 %

Au beau fixe

Les entreprises américaines, qui bénéficient d’un contexte de repli du dollar depuis le début de l’année, devraient aussi tirer profit d’une activité économique robuste. « L’écosystème de la formation des profits reste assez favorable, avec davantage de croissance économique, peu de pressions salariales, un effort d’investissement modéré et un levier opérationnel plutôt élevé », constate ainsi Hervé Goulletquer à La Banque Postale AM.

Le baromètre semble donc au beau fixe pour Wall Street qui semble avoir bénéficié ces dernières semaines d’un nouveau coup de pouce de… Donald Trump. Les investisseurs semblent en effet prêts à rejouer le thème « du moins d’impôts et du plus de croissance », pour reprendre l’expression d’Hervé Goulletquer. Comme en témoigne la hausse des valeurs moyennes (le Russel 2000 a pris 5,5 % en un mois) et des valeurs cycliques. « Si tant est bien sûr que la démarche aille à son terme », ajoute le stratégiste de La Banque Postale AM. Car si la perspective d’une baisse de l’impôt sur les sociétés, de 35 % à 25 % a en effet repris corps ces dernières semaines, les détails restent obscurs.

Gagnants et perdants

En outre, rappelle Hervé Goulletquer, le taux d’imposition effectif des entreprises du S & P 500 est de 23 %, « sois plus bas que le taux réduit attendu après la réforme Trump ». Il y aura donc des gagnants et des perdants, ajoute la Deutsche Bank, qui juge que, globalement, « l’impact fondamental d’une baisse des taux d’imposition sera modeste ». Son chef stratégiste Binki Chadha a d’ailleurs réalisé une étude pour déterminer qui devraient être les principaux bénéficiaires de la réforme fiscale, compte tenu « des écarts entre les entreprises très imposées (en moyenne 37 %) et les moins taxées (14 %) ». Il estime qu’une baisse de 35 % à 25 % du taux aura un impact positif de 10 dollars (+7,4 %) par action pour les prévisions de bénéfice par action du S & P 500 en 2018.

Parmi les 50 principaux gagnants, Hilton Worlwide, Comcast, Macy’s, CME Group, Altria, Allergan, SouthWest Airlines, ou encore Union Pacific. Un panier de valeurs qui a d’ailleurs plutôt sous-performé le panier des champions de l’optimisation fiscale, parmi lesquels on retrouve les inévitables GAFA.

Pierrick Fay
lesechos

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