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Wall Street vit le plus long « bull market » de son histoire

Wall Street vit le plus long « bull market » de son histoire

Mercredi soir, l’indice S & P 500 aura enregistré 3.453 jours sans connaître de baisse de plus de 20 %. L’indice a même atteint un nouveau plus haut historique en séance mardi.

Bientôt un nouveau jour historique pour Wall Street. Après avoir atteint un nouveau record en séance mardi, l’indice S & P 500 va connaître mercredi le plus long « bull market » de son histoire, selon les chiffres de S & P Dow Jones Indices : soit 3.453 jours de hausse sans connaître de krach majeur. Jusqu’ici, le marché haussier le plus long avait duré 3.452 jours, entre le 11 octobre 1990 et le 24 mars 2000, soit 113 mois. Courant février, le S & P avait déjà enregistré un autre record : 404 séances de Bourse sans connaître de correction supérieure à 5 % .

Depuis le 9 mars 2009, Wall Street a donc progressé sans jamais connaître de baisse de 20 % ou plus. Il n’a donc jamais connu de « bear market » en quasiment dix ans. Wall Street vit en effet une période boursière euphorique avec un gain de 322 % depuis son point bas de 2009. Il est proche de son record historique. Un particulier qui aurait investi 10.000 dollars sur le S & P 500 à cette date disposerait aujourd’hui d’un capital de 42.200 dollars.

Quelques frayeurs

Sur la période, l’indice élargi de la Bourse de New York a d’ailleurs enregistré 79 mois de hausse (dont un record de 15 mois de hausse entre octobre 2016 et janvier 2018, dividendes inclus), contre 39 mois baissiers et 296 semaines soldées par une performance positive (contre 198 dans le rouge). Car même si le marché américain n’a pas enregistré de krach majeur depuis celui de 2007-2009 (-57 %), il a tout de même connu quelques frayeurs, notamment au début du cycle (il a subi cinq mois d’affilée de baisse entre mai et septembre 2011).

Au total sur la période, le S & P 500 a enregistré cinq corrections de plus de 10 % : entre avril et juillet 2010(-15,63 %) sur fond de turbulences en Europe, en août 2015 (-10,44 %) après la dévaluation surprise du yuan, début 2016 (-11,99 %) alors que les marchés s’inquiétaient pour la croissance mondiale. En janvier-février 2018, l’indice a chuté de 10,16 %, conséquence du réveil brutal de la volatilité. Surtout, entre le 29 avril et le 3 octobre 2011, la dégringolade a atteint 19,39 % sur des peurs d’éclatement de la zone euro. Il s’en est fallu de peu.

Adaptation des entreprises

« Après plus de neuf années consécutives de hausse, la question de l’espérance de vie de l’actuel ‘bull market’ se pose inévitablement », expliquent les analystes de DWS. Car ce n’est pas seulement le plus long, c’est aussi « l’un des plus performants (+322 %), ce qui est d’autant plus remarquable que la croissance économique du cycle actuel, qui a également débuté en 2009, est bien inférieure à celle des cycles précédents ». Selon DWS, c’est le signe que les entreprises ont su s’adapter à une croissance plus molle que par le passé.

Entre 1932 et 1937 (57 mois), le S & P 500 a bondi de 35,5 % par an en moyenne, contre 16,5 % par an pour le « bull market » actuel.

Mais Wall Street a aussi profité d’un climat monétaire particulièrement accommodant , la crise financière de 2007-2008 ayant forcé la Fed à employer la manière forte pour restaurer l’économie américaine. La longue période de taux bas a en effet poussé les investisseurs à se diriger vers les actifs les plus risqués, en premier lieu les actions. Par ailleurs, le cycle actuel est aussi marqué par la flambée des stars de la technologie , qui ont littéralement porté le marché, au-delà d’Apple ou de Microsoft. Netflix a ainsi bondi de 5.858 % depuis le 9 mars 2009, Amazon de 3.000 % et NVidia de 2.886 %.

10 % en « bear market »

Des valeurs technologiques qui masquent la performance réelle du S & P 500. En effet, 57 actions de l’indice, soit plus d’une sur dix, affichent une performance négative supérieure à 20 % depuis le record du 26 janvier dernier.

Mais de l’avis de nombreux analystes, il faudra sans doute que l’économie américaine tombe en récession pour que l’ensemble du marché américain plonge dans un « bear market ». Pour l’heure, le dernier sondage de Bank of America Merrill lynch montre que les investisseurs n’ont jamais été autant attirés par les actions américaines depuis 2015. Le « bull market » pourrait donc avoir de beaux jours devant lui, même si les conséquences d’une guerre commerciale et la fin des politiques non conventionnelles des banques centrales constituent autant d’incertitudes à moyen terme pour les marchés.

Pierrick Fay
lesechos

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