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Yahoo, Alibaba et les 40 milliards…

Yahoo, Alibaba et les 40 milliards…

L’ancien géant américain va vendre sa participation minoritaire dans le groupe chinois.

Yahoo et Alibaba, c’est définitivement terminé. Une relation de dix ans sacrifiée pour le plus grand plaisir des actionnaires du groupe américain. Lors de la présentation de ses résultats annuels, mardi soir, Yahoo a annoncé qu’il allait se séparer de la participation de 15,4 % qu’il détenait encore dans le géant du e-commerce chinois Alibaba. Une participation estimée à 40 milliards de dollars… alors que la capitalisation boursière totale de Yahoo atteint elle-même 45 milliards de dollars !

Pour éviter de payer des impôts sur cette opération, Yahoo va créer un spin-off, SpinCo, et lui transférer intégralement sa participation dans Alibaba. Les actions de SpinCo seront alors gratuitement distribuées aux actionnaires de Yahoo. Des annonces qui ont fait bondir le titre sur le Nasdaq (+ 7 % après Bourse) même si la journée d’hier aura finalement été plus stable, les marchés sanctionnant dans le même temps une croissance toujours en berne. L’ancien géant n’a, en effet, toujours pas réglé ce problème. Sur l’ensemble de l’année 2014, son chiffre d’affaires a reculé de 0,5 %, malgré les nouveaux revenus tirés de la publicité mobile. Le groupe continue de perdre des parts de marché au profit de Google, Facebook ou encore Twitter, et souffre de sa faiblesse sur certains marchés, comme l’Europe (la zone Europe-Afrique-Moyen-Orient a vu son chiffre d’affaires reculer de 1,2 % l’an dernier). Son bénéfice net a toutefois été multiplié par cinq, à 7,5 milliards de dollars, gonflé par la vente d’actions d’Alibaba.

Marges de manœuvre réduites

La patronne Marissa Mayer trouve ainsi un moyen de calmer la grogne de certains actionnaires, dont le fonds activiste Starboard Value, qui réclamait la monétisation des actifs asiatiques du groupe et se montrait de plus en plus sceptique sur sa stratégie, appelant même à un rapprochement avec l’autre ancien géant du Net, AOL. Mais le groupe a désormais réduit quasiment toutes ses marges de manœuvre. Il ne lui reste plus, en Asie, qu’une participation minoritaire (35 %) estimée à 7 milliards de dollars dans Yahoo Japan, détenu par Softbank. Et les analystes, loin de défendre une vision innovante du secteur, parlent d’une gestion « administrative ». Marissa Mayer va devoir prouver que sa stratégie n’est pas celle d’une fuite en avant.

Nicolas Rauline
lesechos.fr

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