mercredi 21 octobre 2020
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Zlecaf : New Delhi envisage la création de chaînes de valeur et d’approvisionnement entre l’Inde et l’Afrique

Zlecaf : New Delhi envisage la création de chaînes de valeur et d’approvisionnement entre l’Inde et l’Afrique
Deuxième partenaire commercial de l’Afrique derrière la Chine, l’Inde va miser sur le Zlecaf pour accélérer sa montée en puissance à l’échelle régionale. Le gouvernement indien songe déjà à stimuler son secteur privé pour la création de chaînes d’approvisionnement et de valeur entre l’Inde et le continent africain.

New Delhi veut prendre davantage de positions dans toute l’Afrique et prévoit, pour ce faire, un positionnement stratégique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) dont la mise en œuvre est prévue le 1er janvier 2021. Le quinzième conclave CII-EXIM Bank sur le partenariat du Projet Inde-Afrique, qui s’est tenu virtuellement du 22 au 24 septembre, était l’occasion pour le gouvernement indien de partager, entre autres, sa vision. « Les investisseurs indiens peuvent rentabiliser en Afrique en accédant au marché unifié créé par la Zlecaf et en créant des chaînes d’approvisionnement entre l’Inde et l’Afrique », a déclaré Piyush Goyal, ministre indien du Commerce et de l’Industrie, ajoutant que les deux parties pourraient « stimuler leur partenariat commercial en créant des chaînes de valeur Inde-Afrique » dans plusieurs secteurs dont le textile, l’agro-industrie, les produits pharmaceutiques, l’automobile et le numérique.

Objectif commercial : 100 000 milliards de dollars en 2025

Avec 54 milliards de dollars d’investissements cumulés ces deux dernières décennies, l’Inde est le cinquième investisseur étranger en Afrique, selon les chiffres de Banque africaine de développement (BAD). Ses secteurs de prédilection sont aussi bien les hydrocarbures que les mines, le textile et la finance.

Sur le plan commercial, l’inde est le deuxième partenaire du continent. Les échanges, qui s’intensifient, sont passés à 66,7 milliards de dollars en 2019-2020, contre 57,7 milliards de dollars en 2010-2011, selon les données officielles indiennes qui signalent une hausse des exportations dans les deux sens. D’ici 2025, ces échanges commerciaux devraient atteindre les 100 milliards de dollars, selon l’ambition de New Delhi qui voit en la Zlecaf le moyen idéal pour y parvenir.

Le soft-power de Kovind pour ratisser large

Depuis l’année dernière, l’Inde prépare le terrain. Ce pays d’Asie du Sud, partenaire historique des pays d’Afrique australe et de l’Est en raison de son importante diaspora dans cette partie du continent, tente de tisser des liens forts en Afrique francophone. Dans cette logique s’inscrit notamment la tournée du président Ram Nath Kovind en Afrique de l’Ouest l’été 2019. Il s’était en effet successivement rendu au Bénin, en Gambie et en Guinée Conakry, après que New Delhi ait, plus tôt, poussé ses pions en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Des centaines de millions de dollars de partenariat en ont découlé.

Zlecaf, ce vaste bloc qui ravive les appétits ?

Troisième partenaire commercial de l’Inde, le continent africain exporte principalement les produits agricoles dont la noix de coco et la noix de cajou, les produits miniers dont le diamant et l’or, les hydrocarbures dont le pétrole. En 2014, ces produits représentaient 82% des exportations africaines vers le marché indien. Le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Angola, l’Egypte et le Botswana font partis des principaux fournisseurs.

Avec la Zlecaf, les 54 pays d’Afrique formeront à terme le plus grand espace commercial régional au monde, puissant de 3,4 milliards de dollars et 1,3 milliard de consommateurs. Si la pandémie de Covid-19, qui a bouleversé les chaines d’approvisionnement à travers le monde, a imposé une révision de l’agenda de l’Union africaine (UA) -l’opérationnalisation du bloc commercial initialement prévu en juillet 2020-, l’institution panafricaine y voit également une opportunité pour diversifier les exportations, au moment où les IDE pourraient se faire rares à moyen-terme.

Et dans le contexte de crise mondiale liée à la pandémie du coronavirus, la Zlecaf représente également une opportunité pour les partenaires de l’Afrique. D’ailleurs, l’Inde -qui songe par ailleurs à mettre l’accent sur les pays les moins avancés- n’est pas le seul partenaire à suivre de très près l’évolution de ce dossier crucial. La Chine, les Etats-Unis, le Japon, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, …y prêtent tous une attention particulière.

afriquelatribune

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