vendredi 18 juin 2021
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La France perd encore des parts de marché à l’export

La France perd encore des parts de marché à l’export

PARIS (Reuters) – La France a encore perdu des parts de marché à l’exportation l’an passé malgré l’amélioration de la compétitivité-coût de ses entreprises, dont les effets sur les échanges extérieurs tardent à se manifester, selon une étude publiée lundi l’institut COE-Rexecode.

La part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a ainsi reculé à 13,4% l’an passé, soit 0,2 point de moins qu’un an plus tôt.

Par comparaison, elle se situait à 17,0% en 2000, un niveau qui, s’il s’était maintenu, signifierait que les exportations de la France seraient supérieures de 170 milliards d’euros à leur montant actuel.

Selon COE-Rexecode, cette baisse des parts de marché est fortement corrélée avec le recul du poids de la valeur ajoutée manufacturière française dans la valeur ajoutée manufacturière de la zone euro. Celui-ci a encore légèrement diminué en 2016, pour s’établir à 13,4%, un nouveau plus bas jugé « inquiétant » (contre 17,3% en 2000 et 15,1% fin 2012).

La compétitivité-coût de la France s’est pourtant améliorée ces dernières années grâce à la mise en place du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et des baisses de charge des entreprises.

Sur la seule année 2016, le coût salarial unitaire a augmenté en France de 0,9%, contre 1,3% en moyenne dans la zone euro et 1,9% en Allemagne. Les écarts sont encore plus marqués sur la période 2012-2016 : +0,8% en France contre +3,7 % en moyenne dans la zone euro et +9,1 % en Allemagne).

Cette amélioration a permis un début de redressement de la compétitivité-prix et contribué au rétablissement des marges des entreprises.

Sur le premier point, la hausse des prix des produits français, qui était supérieure de six points à la moyenne des produits européens entre 2000 et 2007, a fait place sur la période 2011-2016 à une baisse de 1,4%.

Si le prix moyen des exportations de la zone euro a baissé un peu plus (-2,5 %), celui des exportations allemandes a augmenté dans le même temps de 1,3%.

Le CICE et les baisses de charges expliquent pour moitié le rebond des marges des entreprises – à 35,1% en 2016 contre 32,9% début 2014 -, qui tient aussi à l’environnement exceptionnellement favorable créé par la faiblesse des cours du pétrole et des taux d’intérêt.

Pour COE-Rexecode, la remontée des prix du brut et des rendements obligataires jouent désormais dans le sens d’une baisse des marges, ce qui fait qu’il est « nécessaire que les hausses de salaires restent contenues durablement au-dessous des gains de productivité et que les politiques d’allègement des coûts soient poursuivies ».

Yann Le Guernigou
reuters

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